chroniques musicales

Chronique : Serenity In Murder – THE ECLIPSE

, Le à 13:55

En parallèle à la scène death nordique qui, à mon sens, nous a offert tout son potentiel et peine aujourd’hui à se détacher de ses racines, la scène death japonaise émerge peu à peu au fil des années notamment du côté mélodique/symphonique. Après Shatter Silence qui restera très certainement et à jamais mon ultime coup de coeur tant ils me correspondent en tant que vocaliste, voilà le dernier né des Serenity In Murder, THE ECLIPSE. SIM, c’est quoi ? Une ‘jeune’ formation ayant fait fureur avec leur morceau « The First Frisson of the World » dont le postulat de départ ne pouvait que me déplaire : du chant hurlé féminin, des claviers, et des tonnes d’orchestrations en général toutes plus cache-misère les unes que les autres… bref, tout ce que je n’apprécie absolument pas avec le symphonique. Et pourtant.

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Chronique : AFI – AFI (The Blood Album)

, Le à 0:21

Un dixième album éponyme attendu au tournant pour AFI, avec, comme à chaque fois, cet espoir égoïste de les voir revenir au son de Sing The Sorrow, c’est à dire, pour faire vite, remettre un peu de hargne dans leur rock. Une attente enfin récompensée, puisque, AFI (Blood Album) se veut un croisement entre le rock puissant et la mélancolie de Sing The Sorrow, le rock épuré de Crash Love et le cold-wave de Burials ! Et bien plus encore.

On regrette premièrement l’absence d’une intro épique vraiment marquante, comme ce fut le cas sur tous les albums du groupe jusqu’à présent (même « Torch Song » sur Crash Love avait ce côté grandiloquent dès ses premières notes), au profit de « Dark Snow », qui installe d’entrée une ambiance electro héritière de l’album précédent.

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Chronique : LOWER THAN ATLANTIS – Safe in Sound

, Le à 14:01

En provenance du Hertfordshire, LOWER THAN ATLANTIS agrandit de mois en mois sa communauté et à juste titre, depuis 2007 le groupe anglais incarne tout ce qu’il y’a de plus rock en définitive et vient confirmer ça dans le sang et l’encre de tatouage avec Safe in Sound, leur cinquième album. Assurément puissant, ambitieusement explosif et délicieusement accrocheur, le groupe qui a commencé par marcher sur les plate-bandes du punk et du post-hardcore il y’a 10 ans a su se forger une identité marquée en évoluant vers un power rock venant titiller les grands noms actuels tels que Biffy Clyro, Bring Me The Horizon ou les Foo Fighters et sans avoir à en rougir. Safe in Sound est une mine à hits qui emmène LOWER THAN ATLANTIS au rang des incontournables de l’arena mais aussi dans notre sélection soundtrack pour un roadtrip. Que ce soit avec « Dumb », « Could be Worse », « I Would », « Work For It » ou encore le ticket gagnant pour un passage victorieux en radio qu’est « Boomerang », la bande anglaise rassure par le respect solennel qu’elle accorde à ses influences premières sans jamais en renier la principale caractéristique bruyante dont LOWER THAN ATLANTIS peut être fier, le timbre de voix clair de Mike Duce non loin de celui de Rou Reynolds (Enter Shikari) aidant clairement, tout en accordant un regard et un emprunt à des sons rock mainstream et alternatif. Sans non plus créer la surprise totale par rapport à Changing Tune (2012) et Lower Than Atlantis (2014), la démarche de Safe in Sound s’inscrit plutôt dans une continuité avec une volonté sévère d’en découdre avec les autres. Presque à contre-courant des productions lisses des vétérans de la scène, LOWER THAN ATLANTIS confirme, à l’instar de Deaf Havana et Bring Me, qu’il est possible de conjuguer l’âme du sale gosse véritable qui transpire l’alcool et le tabac avec une forme plus chic typiquement dans l’héritage du gentleman anglais et c’est ce qu’est cet album : tout ce qu’il y’a de plus anglais (« I don’t want to be here anymore »), un rock de gendre idéal, sûrement quelque chose que Robbie Williams ne renierait à aucun moment. Safe in Sound en plus d’être une démonstration brute et frontale du hit radio-rock ultime, garantit une entrée à LOWER THAN ATLANTIS aux intouchables de la scène anglaise actuelle. Espérant dorénavant que le groupe marquera la postérité avec sa volonté aussi rare qu’appréciable de renouer avec les racines du « bloody rock’n’roll » en les imprimant de suffisamment de pop moderne et acide pour tutoyer les tenors du milieu. L’incontournable du moment !

Note du rédacteur : 

Julien-K.

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Le bilan 2016 de la rédaction

, Le à 11:07

House Of Wolves entamera avec vous sa 5ème année en 2017, un webzine encore jeune mais qui, fort notamment des expériences passées de ses rédacteurs, augmente son audience petit à petit, lentement mais sûrement, gagnant, comme nous aimons à le penser, un public de fidèles lecteurs toujours plus large, qui y trouvera son compte d’une façon ou d’une autre, au travers de notre large couverture de l’actualité culturelle passionnée.

Nous avions manqué le rendez-vous en 2015, mais vous n’y échapperez pas cette année, voici le temps de faire un bilan de l’année 2016, qui, si elle fut bien tragique, notamment pour notre pays (parmi tant d’autres), et son lot de célèbres décès à n’en plus compter, nous a offert son lot d’œuvres à ne pas manquer. L’année du débat aussi, ou le public n’a pas hésité à reprendre le pouvoir aux médias, que ce soit pour défendre un film ou ironiser l’actualité politique, pour le plus grand bien de tous.

Bonne fin d’année à tous, et entamons joyeusement une nouvelle  à vos côtés.

Cliquez sur le nom d’un rédacteur ci-dessous pour afficher son dossier de fin d’année :

avatar sylvain 2014Sylvain Créateur, rédacteur en chef

Julien Ka Rockatansky's portrait.
Julien KCo-créateur, rédacteur, reporter

10719486_1574395606122091_885168567_nLucaRédacteur, live reporter

VoidRédacteur

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Chronique : BOARS – There will be parties, there will be fun, there will be gallows for everyone

, Le à 0:24

Si vous suivez l’activité de Smash Hit Combo, vous devez à coup sûr connaître le projet initial et relativement tentaculaire de Maxime Keller (voix) : BOARS, qui nous gratifie enfin de son premier album après une longue maturation. Sobrement baptisé There will be parties, there will be fun, there will be gallows for everyone ce disque permet d’apprécier dès les premiers instants une approche artistique electro/punk plus précise et un univers travaillé, digéré dont les influences s’étalent sur plusieurs générations et sous-genres musicaux, là où BOARS était d’un touche-à-tout extrême sur ses premiers essais (« Toyboy », « Immature »…) L’album recentre les choses et aborde douze titres béton construits de manière cohérente autour d’un fil rouge palpable alimenté de quelques interludes bien classes. Max (et son timbre de voix reconnaissable logé entre Chester Bennington et Austin Carlile) et les autres membres de cet orchestre biomécanique jouent avec les genres, de l’indus au rap, du néo metal à l’électronique, le noyau-dur de l’album rassemble un lot certains d’influences reconnaissables soutenues par la production massive (signée CHS Prod), accentuant son effet Madeleine de Proust. On s’autorise le droit de penser autant à Nine Inch Nails que Linkin Park, RAMMSTEIN et Orgy durant le parcours de « 3% » à « Berzerk », pourtant ce qui démarque BOARS des autres, à la façon d’un Cane Hill réside autant dans l’amour apporté aux compositions que le fait que Max sache où appuyer exactement pour faire mal ou a contrario se rendre plus accessible afin de donner à la musique de BOARS un angle hybride qui mêle sens affûté de la violence et une affinité mainstream improbable. Parfois inquiétant (« Gospel/Warsongs ») souvent aérien (« Guilty ») et incisif, There will be parties[…]everyone exécute brillamment l’exercice de rendre accrocheuse une fusion des genres difficile grâce à son habile dosage qui vise juste à chaque fois. Très inspiré, produit d’une main de maître et branlé avec talent, le premier album de BOARS est sûrement l’un des disques français les plus personnels et audacieux qu’on a pu écouter depuis un long moment, un disque aussi rassurant que déroutant sur lequel règne un sentiment familier qui appelle à y revenir une fois la lecture terminée. On se prend même à croire, avec un cynisme certain, que BOARS représente la relève franche de Sidilarsen. Avec son très solide et impressionnant premier album, BOARS promet d’être à la France son nouveau Chunk No, Captain Chunk! en devenir. There will be parties[…]everyone est autant une friandise de Noël qu’un disque qui n’a pas fini de faire parler de lui grâce à ses puissantes qualités et ses partis pris parfois encore obscurs et inédits dans le paysage de la scène française. En douze titres, le projet de Maxime Keller vient de redéfinir les codes de la musique chez qui il pioche çà et là, mi-machinal, mi-organique, éclatant les barrières et dessinant la silhouette du rock de demain. A vous procurer d’URGENCE !

Note du rédacteur : 

Julien-K.

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Chronique : Avenged Sevenfold – The Stage

, Le à 12:24

Trois ans après Hail to the King, un album qui aura autant cartonné dans les charts que ce qu’il aura reçu de critiques, Avenged Sevenfold nous revient avec The Stage, un album qui en est presque l’antithèse, proposant une ambiance onirique semblable à celle de Nightmare (2010), sauf que le thème de la mort est remplacé ici par celui de la création, des origines de la vie, des intelligences artificielles et enfin de l’exploration spatiale.

Un disque qui se veut plus dynamique que Nightmare, avec déjà des classiques comme le single de 8 minutes « The Stage » (ce refrain est une tuerie : « Who is the crowd that peers through the cage, As we perform here upon the stage?  Tell me a lie in a beautiful way, I believe in answers, just not today », « Creating God » qui s’interroge sur le pouvoir que nous donnons aux ordinateurs sur-intelligents (« We’re creating god, master of our designs, We’re creating god, unsure of what we’ll find« ), le morceau presque punk « Fermi Paradox » avec pourtant un chant léger et planant, avec surtout moins de ballades, hormis l’envoûtante power-ballade « Angels », vraiment magnifique, et le morceau très calme et orchestral « Roman Sky », héritier sobre mais tout aussi réussi de « A Little Piece of Heaven ». On sait le père du guitariste Synyster Gates bluesman, et c’est une influence que le fils a déjà mis en avant, notamment sur Nightmare, ici on voyage également en-dehors des frontières du metal avec les orchestrations hispaniques de « Sunny Disposition » ou le pont génialement bluesy de « God Damn », qui alterne metal et acoustique, comme le groupe sait le faire avec brio. Vraiment plus expérimental, avec pour seule ligne directrice le concept qui les a motivé, le groupe s’évertue à recréer le Big Bang avec « Exist », un morceau de 15 minutes, qui vous fera revivre l’émergence de l’univers, le calme avant la vie, et la voix de l’Homme qui s’élèvera enfin, avec en prime la participation de l’astrophysicien Neil deGrasse Tyson dans le but d' »éduquer » les fans. Un disque tout simplement inspiré, tant dans le fond que la forme, où chaque morceau a sa place, avec la batterie fracassante de Brooks Wackerman (ex-Bad Religion) et un chant continuellement intense, beau, où M. Shadows donne tout ce qu’il a en terme de puissance.

Moins tubesque que Hail to the King dans son approche, The Stage met du temps à se dévoiler, mais une fois que l’on s’y est ouvert, on s’en veut presque de ne pas avoir vu tout son potentiel lors des premières écoutes. J’aime à penser que c’est la marque des grands disques, ceux que l’on écoutera longtemps, sans se lasser (et de toute façon, avec plus d’une heure de musique, vous ne risquez pas de vous lasser rapidement). Certainement leur album le plus organique, avec très peu d’effets hormis quelques touches electro et orchestrations, leur plus rock’n’roll par essence. Leur meilleur ? On peut se laisser aller à le penser.

Sylvain L.

Note du rédacteur : etoile5

Les + :
– M. Shadows était inspiré et cela se ressent tant dans les textes que dans sa performance
– un album presque timide qui se révèle au fur et à mesure titanesque
– une ambiance mystique et spéciale, comme le proposait déjà Nightmare
– pas un morceau à jeter

Les – :
– l’illusion de penser au début que ça manque de tubes

01. The Stage (8:32)
02. Paradigm (4:19)
03. Sunny Disposition (6:41)
04. God Damn (3:42)
05. Creating God (5:35)
06. Angels (5:41)
07. Simulation (5:31)
08. Higher (6:29)
09. Roman Sky (5:00)
10. Fermi Paradox (6:31)
11. Exist (15:39)

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Chronique : Futsu – Semi Phantom

, Le à 0:01

Nous vous parlions il y a deux semaines de la sortie du nouvel EP des FUTSU, prévu pour être révélé au public lors d’une release party le 25 novembre prochain. Détaillons un peu la chose : voici déjà une longue année que House of Wolves couvre les événements importants liés à leur activité. Premier clip, premier album, … Aujourd’hui, le groupe nous invite à vous parler du contenu de cet EP et ainsi faire le lien avec son grand frère Body Island. Je vous invite alors à vous plonger dans la chronique linkée pour tous les détails à connaitre sur cette formation parisienne atypique ayant opté sur ce Semi Phantom pour un son dorénavant plus électronique et plus électrique. Reste à savoir si cet EP amorce un virage musical définitif ou si celui-ci enrichit un univers déjà coloré à souhait.

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Chronique : Merge – Ineffable

, Le à 21:26

Si le premier album de Merge ne manquait pas de qualités, il avait du mal à se démarquer complètement de la masse de groupes -core qui pullulent depuis quelques années. Si les premiers singles de Ineffable témoignaient d’un changement de direction pour un rock plus alternatif, toujours baigné dans le post-hardcore, et désormais cette-fois accompagné d’un chant des plus angéliques en la personne de Max Rodriguez-Medallo (ex-Crown Cardinals), rien ne nous laissait présager de la véritable bombe que le groupe s’apprêtait à larguer. Les deux parties mettant de côté leur penchant metalcore, ont décidé d’explorer pleinement le côté mélodique de leur musique, grand bien leur en a pris ! Plus de breakdowns so 2016 et de risecore, la bande (mixée par Nicolas Delestrade, NDSE Recordings) puise ses influences dans l’emo et le post-hardcore du début des années 2000, dans les groupes qu’ils citent comme influence depuis le début (Thursday, Thrice, Underoath, Envy), dans le son qu’on espérait finalement retrouver lorsqu’on les découvrait sur le papier.

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Chronique Flash : The Pretty Reckless – Who you selling for

, Le à 18:56

Depuis leur premier EP , la bande à Taylor Momsen (anciennement actrice dans la série Gossip Girl) représente un indéniable renouveau pour la scène rock alternatif en fricotant même souvent avec un bon vieux hard-rock des familles. Après un Going to Hell (2014) des plus puissants et des plus appréciés par les amateurs du genre, The Pretty Reckless a calmé le jeu avec ce nouvel album. Alors que la tragédie a influencé l’écriture de Going to Hell en façonnant directement un son incisif hurlant sa rage à son auditeur, Who you selling for fait ressortir la dépression de la chanteuse et leadeuse du groupe. Indirectement, l’ambiance de ses chansons en ressortent impactées et un cri de désespoir prend place dans un son fortement inspiré blues rock. Continuer la lecture

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Chronique Flash : Sum 41 – 13 Voices

, Le à 21:57

Qu’était-on en droit d’attendre de Sum 41 avec le retour du guitariste David « Brownsound » Baksh ? Un son bien metal bien sûr ! Espoir entretenu par un artwork hyper cliché, mais pas dégueulasse pour autant pour qui aime un peu l’imagerie habituellement associée. Hormis Underclass Hero (qui a pourtant ses bons titres), le parcours du groupe reste un sans-faute, avec un avant-dernier album en date, Screaming Bloody Murder, qui se laisse apprécier sur la longueur, tout en revenant au son plus metal de leur chef-d’œuvre, Chuck. On reste bien entendu dans ce style avec 13 Voices, un 6ème album, qui offre en prime son lot de solos de guitare (« Goddam I’m Dead Again »), d’orchestrations (les violons de « A Murder Of Crows », « There Will Be Blood » pas loin du metal symphonique), mais dans lequel Deryck, presque revenu d’entre les morts, se fait moins « chanteur » (quand il s’y tente sur « Black Eyes » il a souvent cette voix plus cassée comme abîmée par la vie), ayant plus de hargne (« Fake My Own Death », « God Save Us All (Death to POP ») et beaucoup de choses à revendiquer. Peut-être moins immédiat que ses successeurs, en partie à cause de la longueur des morceaux et d’un ensemble ultra-speed, Sum n’en demeure pas moins accrocheur comme toujours, avec des refrains qui se scotchent dans votre cerveau : « Breaking The Chain », « Twisted by Design , etc. On apprécie le retour au phrasé rappé – ça remonte, « What We’re All About » – sur « The Fall & The Rise », et la ballade revancharde « War », qui si, pour le coup, manquera un peu d’originalité, nous rappellera l’excellente « Pieces ». Quant au nouveau batteur, Frank Zummo, il fait admirablement bien le job. Quelque part entre Chuck et SBM, il manque peut-être un je ne sais quoi sur quelques morceaux pour en faire un encore plus grand disque (peut-être espérions-nous qu’avec le retour de Dave, le groupe allait sortir un album encore meilleur que Chuck ?), mais en l’état, c’est déjà une très bonne cuvée. 13 Voices ne devrait pas vous décevoir.

Sylvain L.

Note du rédacteur : Entre etoile3edemie et etoile4 (indécis)

PS : essayez de vous procurer l’édition deluxe avec 2 à 4 jolies pistes acoustiques selon les pays.

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Chronique Flash : KoЯn – The Serenity of Suffering

, Le à 19:26

Pilier d’un genre qu’il a lui-même créé par son innocente jeunesse en 1994, KoRn reste à ce jour un des groupes dont la longévité aura permis autant de prouesses que de quêtes artistiques, reculant de plus en plus les limites des codes : un crédo fidèle à son essence depuis sa naissance où la bande de Jonathan Davis pensait jouer une funk dissonante et sous-accordée, psychiatrique et sous acide dans une cave, qui a révolutionné à jamais le metal de l’ère post-Cobain. Après des mésaventures de personnel, d’extravagances expérimentales de la quête de soi à travers une étrange fusion funk/metal/grunge, parfois industrielle et hip-hop avant de finir sur les terrains mécaniques et froids de la brostep et de la dubstep avec plus ou moins de réussite, KoRn signait déjà une volonté de retour à ses racines en 2013 sur le très spontané et plutôt mature The Paradigm Shift qui voyait également la réintégration de Brian « Head » Welch, auto-proclamé et approuvé comme étant le « Père du néo metal ». The Serenity of Suffering poursuit cette logique et boucle enfin onze années de touche-à-tout pour la bande de Bakersfield en délivrant un album qui vient des tripes, du cœur-même de KoRn et simplement, en plus d’être le meilleur disque depuis, la suite tant attendue d’Untouchables (2002) comme si le temps s’était arrêté et que la course avait repris. En ayant un pied dans ses racines et un pied dans la modernité, The Serenity of Suffering fait sonner KoRn d’une manière aussi jeune qu’adulte. Moins tribal qu’auparavant, plus sec et technique, le groove du groupe retrouve sa surpuissance qui lui est propre s’autorisant quelques pioches dans l’âge d’or de sa carrière, tel le break funk de « Black is the Soul » sorti directement de 94 et 96, les boucles de claviers de « Take Me » à mi-chemin entre la new-wave rétro de John Carpenter et l’ambiance gothique, l’ouverture de « Baby » qui aurait trouvé sa place sur Follow the Leader (1998). Jonathan Davis retrouve son chant possédé, hanté de son timbre batcave qu’il agrémente de son fédérateur scat (« Rotting in Vain »), de plaintes gutturales ou de son phrasé anxiogène et entêtant ‘there’s nothing in my head, there’s nothing in my head, there’s nothing in my head…’ (« Everything Falls Apart ») qui sonne d’une sincérité angoissante. La part moderne du KoRn #2016 est principalement contenue dans les apports instrumentaux où le son de Head, Munky et Fieldy fusionne un groove percutant à des éléments math-rock/djent (Love & Death n’est pas loin) et quelques bass droppings massifs sévèrement placés à en faire pâlir n’importe quelle jeune formation de ces dernières années, ce qui donne aux nouvelles chansons de KoRn un aspect plus imprévisible que ne le laissent penser de prime abord ses singles évidents à teneur plus classique dont l’intervention ponctuelle de Corey Taylor se révèle, par ailleurs et malheureusement, anecdotique. The Serenity of Suffering s’impose comme le véritable album de KoRn qui viendrait compléter le virage entamé à l’époque par Issues et enfin sublimé par Untouchables. Plus direct et cru, plus organique, viscéral et théâtral, c’est un KoRn profondément honnête envers lui-même que nous offre ce nouvel album gavé de tubes, le plus beau témoignage d’amour du groupe à son public. Sans détour, The Serenity of Suffering s’accomplit en véritable acte de foi, s’inscrit comme leur meilleur disque depuis 12 ans, sûrement l’un de leurs plus violents et travaillés de leur carrière. Merci KoRn.

Note du rédacteur :                                                                                                        J.

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Chronique Flash : Green Day – Revolution Radio

, Le à 20:21

Que faire après s’être offert une seconde carrière et un nouveau public avec un album qui aura marqué son temps (American Idiot pour ceux qui ne suivent pas) ? Lui offrir une suite officieuse, c’est fait, elle s’appelle 21st Century Breakdown. Composer en masse des titres un peu trop garage et faciles ? Fait aussi avec la décevante trilogie, Uno Dos Tré. Simplement être soi-même et se faire plaisir ? Bingo ! C’est ce qui ressort de Revolution Radio, un côté simple et authentique, qui renvoie autant au passé punk du groupe avec des titres parmi ses plus rapides comme l’old school «Bang Bang », « Bouncing Off The Wall » ou « Revolution Radio », qu’à des albums moins médiatisés/reconnus comme le pourtant très bon Warning, sur lequel la bande se laissait aller à intégrer plus de pop et de folk. Ton donné dès l’intro magnifique de « Somewhere Now », le début de « Still Breathing », avec la ballade acoustique finale « Ordinary World » (composée pour le film du même nom dans lequel Billie Joe Armstrong a le 1er rôle) et le grandiloquent « Outlaws », qui conserve le côté opéra-rock cher au groupe. Green Day calme parfois un peu le jeu, pour mieux le faire repartir. Au milieu de tout ça, un bon paquet de titres punk-rock excellents (« Too Dumb To Die »), avec un travail de guitare/batterie remarquable et des refrains qui font mouche, dont on adore la façon qu’ils ont de mixer les tempos et l’électrique/acoustique (« Forever Now »), et desquels se démarque notamment la mélancolique « Troubled Time » ! Véritable best-of de ce que le groupe a fait de mieux, de ses débuts punk modestes, en passant par l’expérimentation pop/folk de Warning et ses plus grands succès politisés, Revolution Radio, entièrement autoproduit, fait preuve d’une extrême maîtrise et une efficacité sans faille, dans le fond comme la forme. De quoi nous réconcilier, vraiment.

Sylvain L.

Note du rédacteur : etoile4

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Chronique Flash : Taking Back Sunday – Tidal Wave

, Le à 19:20

Depuis son retour au line-up d’origine en 2010, Taking Back Sunday n’a paradoxalement jamais vraiment brillé autant qu’à l’époque, sûrement parce que les deux albums sortis depuis étaient loin de cristalliser les attentes des fans du 1er, ou même de proposer les codes qui faisaient la patte TBS (et en ce sens, même New Again était, malgré son nom, du TBS classique). Ce qu’il se passe de fabuleux avec Tidal Wave, c’est qu’on y retrouve à la fois un groupe au meilleur de sa forme, comme s’il lui avait fallu 2 albums pour trouver la formule contemporaine adéquate, mais aussi un groupe qui s’inspire de la scène « americana » (folk, country, etc), pour un mélange des plus réussis. Un disque marqué par la qualité de ses 3 premiers morceaux, également 3 premiers singles : « Death Wolf », peut-être leur titre le plus « à l’ancienne », avec le mélange des chants de Lazzara et Nolan – qui s’énervera sur la fin – que l’on retrouvera également sur le rock’n’roll « Tidal Wave », et la touchante « You Can’t Look Back », subtil équilibre de sensibilité pop et d’ambiances southern avant un refrain pop-punk typiquement TBS. Le reste du disque alternera presque simplement entre chanson calme (« Holy Water » et son magnifique final à 2 voix entre crooner et Butch Walker, la jolie acoustique « Homecoming ») et chanson rock plus rapide (« All Excess », avec la voix merveilleusement juvénile d’Adam, « Call Come Running » qui nous gratifiera d’un joli solo et « In The Middle Of It All »), venant rallonger la liste des nouveaux incontournables. D’autres se situent entre les deux comme « We Don’t Go In There », au phrasé parfait (« And the truth is I hate it. How am I the only one who sees? We’re scraping the surface, only ’cause there’s not much underneath »), qui nous fait hocher la tête autant qu’elle nous prend aux tripes. Seule « I Felt It Too » manquera un peu de dynamisme et se montrera assez linéaire ; mais on ne se sent pas obligé de la zapper pour autant. Aussi accrocheur que subtil, Tidal Wave s’apprécie d’abord d’emblée par son feeling pop (et ses refrains bien écrits) puis minutieusement au fil des écoutes, et se révèle simplement le meilleur album du groupe depuis… Where You Want To Be ou Louder Now, selon vos préférences. Clairement le disque qu’on attendait après le virage rock de Louder Now ou New Again, un très grand cru, presque inespéré.

Sylvain L.

Note du rédacteur : etoile4

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Chronique Flash : Yellowcard – Yellowcard

, Le à 17:13

Pour beaucoup, Yellowcard se résume grossièrement à Ocean Avenue, leur 4ème album, notamment grâce à l’idée ingénieuse d’incorporer un violon à des compositions pop-punk, leur confiant une ambiance singulière et unique par moment. Pour d’autres, Yellowcard rime avec éponyme, et surtout dernier album. 12 ans de carrière, 10 albums, et un ultime adieu avant une séparation définitive avec un dix titres très condensé où l’on retrouvera un Yellowcard classiquement pop-punk mais diablement efficace ( « Got yours » , « Savior robes » ), un Yellowcard plus déchirant sur la pente d’un émouvant adieu ( « Rest In Peace » , « The hurt is gone » , « Fields and fences » ) et enfin un Yellowcard étonnamment peu inspiré sur les musiques les plus dépouillées ( « Leave a light on » , « I’m a wrecking ball » ). Continuer la lecture

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Chronique : Alcest – Kodama

, Le à 0:59

Il y a des groupes qui passent souvent inaperçus, reconnus des mélomanes avertis qui tendent leurs oreilles vers les autres formations, ceux qui ne sont pas sur les couvertures et dans le top YouTube. Nous allons parler d’un de ces groupes aujourd’hui en la présence du dernier album des Français d’Alcest : Kodama.

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