chroniques musicales

Chronique Flash : Taking Back Sunday – Tidal Wave

, Le à 19:20

Depuis son retour au line-up d’origine en 2010, Taking Back Sunday n’a paradoxalement jamais vraiment brillé autant qu’à l’époque, sûrement parce que les deux albums sortis depuis étaient loin de cristalliser les attentes des fans du 1er, ou même de proposer les codes qui faisaient la patte TBS (et en ce sens, même New Again était, malgré son nom, du TBS classique). Ce qu’il se passe de fabuleux avec Tidal Wave, c’est qu’on y retrouve à la fois un groupe au meilleur de sa forme, comme s’il lui avait fallu 2 albums pour trouver la formule contemporaine adéquate, mais aussi un groupe qui s’inspire de la scène « americana » (folk, country, etc), pour un mélange des plus réussis. Un disque marqué par la qualité de ses 3 premiers morceaux, également 3 premiers singles : « Death Wolf », peut-être leur titre le plus « à l’ancienne », avec le mélange des chants de Lazzara et Nolan – qui s’énervera sur la fin – que l’on retrouvera également sur le rock’n’roll « Tidal Wave », et la touchante « You Can’t Look Back », subtil équilibre de sensibilité pop et d’ambiances southern avant un refrain pop-punk typiquement TBS. Le reste du disque alternera presque simplement entre chanson calme (« Holy Water » et son magnifique final à 2 voix entre crooner et Butch Walker, la jolie acoustique « Homecoming ») et chanson rock plus rapide (« All Excess », avec la voix merveilleusement juvénile d’Adam, « Call Come Running » qui nous gratifiera d’un joli solo et « In The Middle Of It All »), venant rallonger la liste des nouveaux incontournables. D’autres se situent entre les deux comme « We Don’t Go In There », au phrasé parfait (« And the truth is I hate it. How am I the only one who sees? We’re scraping the surface, only ’cause there’s not much underneath »), qui nous fait hocher la tête autant qu’elle nous prend aux tripes. Seule « I Felt It Too » manquera un peu de dynamisme et se montrera assez linéaire ; mais on ne se sent pas obligé de la zapper pour autant. Aussi accrocheur que subtil, Tidal Wave s’apprécie d’abord d’emblée par son feeling pop (et ses refrains bien écrits) puis minutieusement au fil des écoutes, et se révèle simplement le meilleur album du groupe depuis… Where You Want To Be ou Louder Now, selon vos préférences. Clairement le disque qu’on attendait après le virage rock de Louder Now ou New Again, un très grand cru, presque inespéré.

Sylvain L.

Note du rédacteur : etoile4

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Chronique Flash : Yellowcard – Yellowcard

, Le à 17:13

Pour beaucoup, Yellowcard se résume grossièrement à Ocean Avenue, leur 4ème album, notamment grâce à l’idée ingénieuse d’incorporer un violon à des compositions pop-punk, leur confiant une ambiance singulière et unique par moment. Pour d’autres, Yellowcard rime avec éponyme, et surtout dernier album. 12 ans de carrière, 10 albums, et un ultime adieu avant une séparation définitive avec un dix titres très condensé où l’on retrouvera un Yellowcard classiquement pop-punk mais diablement efficace ( « Got yours » , « Savior robes » ), un Yellowcard plus déchirant sur la pente d’un émouvant adieu ( « Rest In Peace » , « The hurt is gone » , « Fields and fences » ) et enfin un Yellowcard étonnamment peu inspiré sur les musiques les plus dépouillées ( « Leave a light on » , « I’m a wrecking ball » ). Continuer la lecture

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Chronique : Alcest – Kodama

, Le à 0:59

Il y a des groupes qui passent souvent inaperçus, reconnus des mélomanes avertis qui tendent leurs oreilles vers les autres formations, ceux qui ne sont pas sur les couvertures et dans le top YouTube. Nous allons parler d’un de ces groupes aujourd’hui en la présence du dernier album des Français d’Alcest : Kodama.

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5 tubes rock oubliés des années 2000 : vol. 7

, Le à 12:20

Parce que notre scène nous a fourni un nombre incalculables de tubes et de classiques, parce que tous n’ont pas eu la chance de survivre aux années, bien souvent parce que les groupes en question n’existent plus, retrouvez le 1er volume de notre rubrique 5 tubes rock oubliés des années 2000, et replongez avec nous avec nostalgie dans votre adolescence !

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Chronique : MIYAVI – Fire Bird

, Le à 17:41

Que pouvions-nous attendre de notre célèbre samuraï guitarist aka, plus communément, MIYAVI, après un The Others plus que rassurant sur l’orientation musicale de celui-ci ? Impossible d’imaginer sur quelle scène MYV viendrait révolutionner son désormais lointain rock destroy tant chaque album s’éloigne des standards pour un résultat pour le moins étonnant à chaque écoute. Aujourd’hui, parlons de son dernier né, Fire Bird. Autant être sincère : les quelques courts extraits mis en ligne pré-release m’ont horripilé. Pour cause, un electro intrusif allant jusqu’à masquer une instrumentale pourtant percutante et effets vocaux omniprésents m’ont fait redouter un artiste qui n’a eu de cesse de me surprendre depuis une large dizaine d’années. Mais il s’agit de MIYAVI et nul doute que le fond de ce nouvel album allait être plus riche qu’un flagrant cache misère.

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Chronique Flash : Cane Hill – Smile

, Le à 1:44

Cane Hill est un de ces groupes qui possèdent un cachet tout particulier, à la fois grâce à leur approche singulière de leur musique qui les différencient nettement de la tendance mais également par un sentiment particulièrement viscéral qui ne vous quitte pas après écoute. C’était ce qu’avait accompli le groupe en octobre 2015 avec la sortie de leur premier EP, exemplaire de A à Z et OVNI absolu signé chez Rise Records qui s’amusait à démystifier, à briser et reconstruire les codes du metal établis depuis 20 ans. Résolument fans d’Alice in Chains, Nine Inch Nails et Korn, le groupe de Nouvelle-Orléans revient avec Smile, premier album, ayant la lourde tâche de sublimer l’essai. Cane Hill semble étrangement plus marqué par ses influences que sur son premier EP, plus metal industriel aux accents néo/fusion que metalcore groovy. L’exercice de deviner les références et inspirations est plutôt simple mais la sincérité qui bouillonne à chaque titre se déverse maladivement et violemment. Rares sont les disques actuels avec une tendance mainstream à pouvoir se vanter de posséder la même colère, un mal-être identique et une tendance similaire au vomi enragé que les premiers disques de Korn (« True Love ») et Slipknot (« MGGDA »). Cane Hill est contagieux, dérangé et parfois même dérangeant (« Cream Pie ») avec son spleen urbain en pleine décompensation. Smile est une boule de haine, un concentré salvateur de rage, un album de la trempe de ceux dont vous ressortez éprouvé, lessivé après avoir été roué de coups et traversé son abysse d’humeurs tourmentées. Sexe, religion, marginalisation, alienation, médias, Cane Hill nous fait renouer enfin avec des textes à plus haute portée dans la lignée de ceux de l’âge d’or (Antichrist Superstar) du Révérend Manson. S’il y’a bien un sourire qu’arbore Smile, c’est au mieux celui accroché au cutter au bord des lèvres. Smile a pour lui la chance de sortir en 2016 et de bénéficier d’une production solide et percutante renforçant l’aspect agressif et sauvage de la musique de Cane Hill, cela procure un véritable plus au disque qui aurait pu sortir il y’a 20 ans et potentiellement passé inaperçu. Reste que c’est aujourd’hui que Smile voit le jour et représente une fontaine de jouvence, une anomalie temporelle tout droit venue de 1999 et s’apparente à une cassure bienvenue avec les codes et clichés, où les groupes tournent de plus en plus vers l’auto-parodie, en prônant leur abrogation à grands renforts d’hymnes aux refrains marquants tels un poing écrasé sur un visage. Cane Hill est psychiatrique, par moment angoissé, hanté et halluciné, suffoquant et anxiogène. Le groupe développe sa musique dans une atmosphère lourde, et pourtant sait rester accrocheur avec un potentiel mainstream indéniable. Smile a tout du disque bipolaire de culture white trash par excellence, qui rumine ses idéations et tourne en boucle dans la tête de son auditeur/confident qu’il agresse autant qu’il caresse. Déjà culte (pour moi), on réécoutera Cane Hill comme un classique du metal industriel/alternatif de la fin du siècle dernier dans quelques années. 

Note du rédacteur : 

Julien-K

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Chronique Flash : Of Mice & Men – Cold World

, Le à 11:28

La scène du metal moderne a toujours eu ses figures de proue, et compter sur Of Mice & Men fait désormais partie des acquis depuis 2010. Après trois albums imparables et un changement de cap en cours de route , le groupe mené par Austin Carlile, qui s’est racheté une conduite depuis Attack Attack!, revient pour tenter de confirmer son statut et promettre l’album de la rentrée 2016. Cold World, quatrième production studio d’Of Mice & Men, est clairement l’album accouché dans la douleur, faisant suite à une année épouvantable pour son chanteur principal d’un point de vue santé physique, dont il n’est toujours pas remis complètement à en constater les dernières nouvelles. On était donc en droit, quelque part, d’attendre un album reflétant ce certain état d’esprit, une envie de revanche sur l’adversité, porté sur l’essentiel « de se relever et d’avancer » comme dirait Rocky Balboa… Pourtant Cold World dès les premières écoutes laisse de marbre, donne la fâcheuse impression d’être davantage composé de chutes studio du précédent album qu’un véritable disque neuf et cohérent. Vous l’aurez compris, la quatrième mouture du groupe est la suite plus que directe de Restoring Force: Full Circle et doit être pensé ainsi afin de créer une cohésion plus ferme sur scène. En soi, le précédent était déjà bon dans son genre, mais l’effet redite ne fonctionne pas tant Of Mice & Men surprend dans le mauvais sens en se reposant trop sur ses propres acquis, ou sans jamais s’éloigner de ses influences principales avec lesquelles il a grandi (Breaking Benjamin, Linkin Park en tête) jusque dans sa façon de faire sonner certains mots et gimmicks propres à la bande de Chester Bennington (‘Contagious’, ‘Relentless’, ‘Push Away’). Pourtant, le groupe avait su nous mettre l’eau à la bouche avec son premier single, ‘Pain’, véritable anomalie temporelle sortie du répertoire de Slipknot et si le duo au chant Pauley et Austin fonctionne toujours et se complète comme jamais auparavant, la sensation de déjà-entendu chez eux ou ailleurs reste persistante. Cultivant une nostalgie du néo metal post-2001 dans ses mélodies aussi simples qu’accrocheuses, ne décollant jamais de son propre répertoire pour les pistes plus personnelles, Of Mice & Men déçoit par son manque de risque évident plombé par une production molle donnant à Cold World un aspect las peinant à exploser par pertinence. Pourtant Cold World est loin d’être un ratage et n’est même pas un mauvais album, il collectionne ses tubes (majoritaires dont ‘Game of War’ une des meilleures chansons de la bande en guise d’ouverture, intimiste et posée) et ses titres plus anecdotiques à fonction de remplissage (minoritaires) mais ce qu’il fait de mieux paraît inachevé ou pouvait être davantage poussé. C’est avec amertume qu’est dressé ce constat, Of Mice & Men étant un groupe que j’affectionne particulièrement, reste que la déception est là. Cold World est un album en demi-teinte, prisonnier de ses influences et accusant d’une certaine fainéantise. Alors qu’on l’attendait comme l’un des immanquables de l’année, le nouvel album d’Of Mice & Men en reste malheureusement un des plus oubliables et sûrement le moins bon de la carrière du groupe. Coche loupé, dommage.

Note du rédacteur : 

Julien-K

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Chronique : Good Charlotte – Youth Authority

, Le à 18:54

Même s’il possède quelques chansons plutôt cool, Cardioloy, en 2010, reste le moins bon des albums de Good Charlotte, derrière un Good Morning Revival légèrement réévalué avec le temps. Malgré le très décevant album pop des frères Madden de 2014, on attendait énormément de Youth Authority, le 6ème album de GC, pris par la même nostalgie que le groupe, qui semblait vouloir renouer avec son passé et ses belles années, en témoigne la pochette composée d’un patchwork d’anciennes photos et d’affiches de concert.

L’image qu’on avait de GC en 2010 : un groupe déconnecté de la scène rock, prisonnier de la vie de célébrité qu’ils dénonçaient autrefois dans « Lifestyles of the Rich and the Famous ». Non pas que les textes de Joel semblaient hypocrites, mais ils parvenaient bien moins à nous toucher, de même que ce côté pop qui semblaient avoir pris le dessus. Bon, en toute objectivé, dès son 1er album, GC a toujours été très très pop, avant de foutre plus de punk dans son second album, et d’exploiter ses plus belles influences (new-wave, Outkast) sur The Chronicles of Life and Death.

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Chronique : Blink-182 – California

, Le à 12:37

Septième album de la formation pop-punk la plus célèbre au monde, California marque inévitablement une nouvelle ère pour le trio, qui se voit amputé de la personnalité (écrasante ?) de son guitariste/chanteur Tom DeLonge, trop occupé à enquêter sur les OVNI et vendre des trucs sur sa page Facebook (à ce stade, soit le mec est fou, soit un génie). Le bassiste/chanteur Mark Hoppus et le batteur Travis Barker se sont alors tournés vers Matt Skiba, leader du groupe punk-rock aux accents goth Alkaline Trio, ami de longue date et grand fan de Blink-182. On ajoute même que la ressemblance physique entre Matt et Tom était troublante dans leurs jeunes années (preuve). Autant dire que le gars avait la gueule de l’emploi, et bien plus.

Le plus gros changement sur ce nouvel album vient donc du jeu de guitare de Matt, qui ne se force pas du tout à faire du Tom DeLonge, mais qui affirme sa propre personnalité, et qui s’intègre parfaitement à ce nouveau Blink-182, à la fois très moderne et très classique ! California se veut un vent de fraicheur, un petit retour en arrière vers des années plus insouciantes après deux albums plus sombres (les « na na na » sur « Sober), tout en restant très progressiste (“Los Angeles” est son refrain explosif signé Skiba fait penser à la power-pop de Sugarcult, on est presque plus dans du rock alternatif pêchu que du pop-punk).

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Chronique Flash : Andy Black – The Shadow Side

, Le à 20:55

N’étant pas du tout fan des Black Veil Brides, je n’aurais jamais pensé pouvoir un jour m’intéresser aux travaux solo de leur chanteur Andy Black. Et pourtant, après être par pur hasard tombé sur le titre « We don’t have to dance », force est d’avouer que ce morceau est non seulement entrainant, mais aussi bien interprété et musicalement intriguant. Adieu le hard rock/glam metal des BVB, bonjour pop-rock très largement orienté électronique avec un rythme plus dansant et de belles orchestrations synthétiques.  Continuer la lecture

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Chronique : Fantastic Negrito – The Last Days Of Oakland

, Le à 17:33

Révélés au grand public par la série Hands of God où l’on y retrouve un Ron Perlman (Hellboy, Sons of Anarchy) en pleine forme, les Fantastic Negrito distillent un blues rock à l’accent punk sulfureux et à l’esprit soul indéniable. Emmenée par Xavier Dphrepaulezz, la formation revendique haut et fort ses racines afro-américaines et propose aujourd’hui son premier album intitulé The Last Days Of Oakland. Après un premier EP où l’on y retrouvait « An Honest Man » , thème de Hands of God, et d’autres tubes en puissance comme « Night has turned to Day » qui ont levé le voile sur un groupe plein de talent et d’avenir, il est temps de se tourner vers ce LP et de parcourir ce qui pourrait bien être l’album blues rock de l’année aux côtés de The Pale Emperor (Marilyn Manson).

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Chronique : Saosin – Along The Shadow

, Le à 10:05

Attendu est plus qu’un euphémisme pour décrire à quel point on voulait ce nouvel album de Saosin, 7 ans après l’injustement décrié In Search of Solid Ground. Sonnant le glas de l’ère Cove Reber au chant, qu’on a blâmé pour un dernier album en deçà du précédent (et viré notamment parce qu’il n’assurait plus suffisamment en live aux yeux du groupe), le retour d’Anthony Green, le chanteur originel, avait quelque chose de salvateur.

On imaginait clairement de nouvelles chansons dans la lignée de « Seven Years » ou « 3rd Measurement In C », et dès l’écoute du 1er single : « The Silver String », c’était plus ou moins ça. Le titre a tout pour plaire avec une mélodie catchy et le retour des cris disparus ou presque depuis le 1er EP, mais une chose interpelle pourtant : les instruments sonnent encore comme sur le deuxième album, c’est à dire relativement « légers » et punk, assez éloignés des guitares acérées de l’EP ou massives du premier album éponyme, faisant assez penser à des titres comme « Is This Real ? » ou « Changing ». Assez étonnant alors qu’on imaginait la bande vouloir justement s’éloigner de ce disque, mais ça n’en fait pas moins une excellente chanson.

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Chronique Flash : ISSUES – Headspace

, Le à 23:25

Après deux EP et un album autant acclamés que moqués, ISSUES a tout du groupe qui ne laisse personne indifférent et pour cause, leurs partis pris artistiques ont de quoi faire jaser n’importe quel adepte ou puriste de chaque courant musical dans lequel emprunte sans gêne le groupe originaire d’Atlanta. Pouvant être perçu comme une énième excroissance désinvolte et extravertie de la scène metal/hardcore, comme si les londonniens d’Hacktivist troquaient leur grime pour un R’n’B assumé, ISSUES est plutôt l’antithèse claire du groupe anglais et sûrement le meilleur remède à une morosité ambiante. Headspace, leur second album, devait à la fois porter le groupe à un niveau tout autre qu’auquel nous avait préparé leur disque éponyme sorti en 2014 mais également enfoncer le clou dans une direction artistique marquée ; en somme « passer le cap du second album. » A l’écoute des singles évidents que sont « The Realest » et « COMA », forcé de constater qu’ISSUES joue la carte du compromis, parfait terrain d’entente entre un second degré d’attitude et premier degré créatif. Allant plus loin que sur le premier album dans sa fusion des genres, le groupe d’Atlanta ne pioche pas uniquement dans les genres de façon brute pour les faire coexister comme sur leur premier effort. Ici, tout est passé au niveau supérieur, la musique « djente » toujours autant et se retrouve gavée d’intentions claires et funky dans lesquelles la section rythmique groove avec justesse (« Lost’n’Found », « Hero », « Flojo ») et où les samples et scratches flottent dans des bulles d’atmosphère idyllique. Le mélange complémentaire des deux chants est plus appuyé et enrichi par l’ouverture vocale de Michael Bohn, jusqu’à lors cantonné à un rôle de voix saturée, où sur Headscape il se révèle comme chanteur à part entière via toute une nouveauté de cleans, d’uncleans et de rap en complétude totale du chant limpide et éloquent de Tyler Carter, l’identité pop du groupe. Sorti pile au bon moment pour les beaux jours, Headscape d’ISSUES est un album rafraîchissant et véritablement riche d’un groupe qui ne craint pas l’étiquetage et ne s’enferme pas dans une doctrine définie si chère aux milieux hermétiques de la scène metal. Taillé pour la scène, le second album d’ISSUES collectionne les singles potentiels qui s’enchaînent piste après piste où chaque refrain et chaque break se tatoue en mémoire à l’encre colorée. Headscape se révèle être un album qui, au-delà des premières apparences loufoques, reste le produit d’un groupe qui a des choses à dire (« Blue Wall » sur les violences policières, qui trouve autant écho chez nous que chez eux) autant par son contenu que sa forme extrêmement libérée de tout code (la fermeture sur « Slow Me Down » et son approche à la Michael Jackson…) Proche quelque part de Linkin Park et Incubus au début de la décennie précédente, ISSUES est sûrement l’un des groupes actuels, n’en déplaise aux éternels détracteurs qui continueront de détracter encore plus avec ce Headscape, qui s’inscrit le plus dans la mentalité du mouvement « néo » des années 2000 avec son rock djenty dopé au R’n’B calibré, à la pop acidulée, au rapcore bruyant et à la funk percutante. Plus riche que son prédécesseur, affranchi de toute barrière, sûrement plus radiophonique également et décomplexé, Headscape d’ISSUES a tout de l’album estival parfait. Renouvelant à la fois la fusion de genres et confirmant ses idées fraîches, on tient la relève assurée des groupes de rock juvénile dits « à campus » que l’on ressort avec les beaux jours. Une vraie cure de jouvence et de vitamine D compactée en un disque.

Note du rédacteur : 

Julien-K

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Chronique : Eths – Ankaa

, Le à 18:13

Au sein de la rédaction, Ankaa divise les foules. Nouveau départ pour certains, patchwork aux moments d’égarement pour d’autres, le moins que l’on puisse dire est que ce nouvel album de Eths fait beaucoup parler de lui, que ce soit en bien ou en mal. Après réflexion et hésitation, il nous est paru évident qu’il y avait beaucoup à dire sur ce 12 titres qui marque, après un timide EP il y a deux ans (Ex Umbra In Solem), un vrai virage tant musical que vocal. Rappelons que Rachel (chant) a pris la place de Candice et que, depuis, beaucoup de choses ont changé. Staif (guitare) nous l’explique d’ailleurs dans une interview exclusive !

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Chronique : The Heavy – Hurt And The Merciless

, Le à 18:14

Il y a 4 ans paraissait The Glorious Dead, second album des britanniques The Heavy et, de vous à moi, un des meilleurs albums de cette année là. Si la forme s’apparentait à un rock indépendant, le fond s’enrichissait de couleurs blues, jazz, pop & hip-hop, garage et gospel, aux cuivres soul et funk ; et ce nouvel album intitulé Hurt And The Merciless reprend les mêmes ingrédients en s’inscrivant directement dans la lignée de leurs précédents travaux. La recette est-elle toujours autant efficace ? Cette richesse musicale a-t-elle atteinte ses limites ? Qu’est-ce qui fait de ce troisième disque une sortie incontournable ? Beaucoup de questions dont nous vous apporterons les réponses en quelques paragraphes.

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