Chronique : Code Geass R1 – Lelouch of the Rebellion (coffret blu-ray)

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A la croisée des chemins de Tom Clancy, V pour Vendetta et Death Note.

Code Geass « Lelouch R1» en blu-ray… Pour sûr que cette édition était très attendue par les fans de la franchise et d’animation de manière plus globale. Par où commencer pour attaquer le morceau quand il s’agit d’une des œuvres majeures que le Japon ait pu fournir depuis le succès mondial de Fullmetal Alchemist ?

Commençons par l’édition elle-même de prime abord. Question qualité d’image c’est bien du 1080p full HD. C’est fin et fluide comme jamais. Les bonus que proposent les commentaires audio de la part des doubleurs japonais (dont Jun Fukuyama, voix de Lelouch, récurrent), Ichiro Okouchi le scénariste, ou des chargés de production de chez Sunrise sont relativement intéressants et donnent d’autres perspectives aux scènes. Comment l’auteur voit les choses à travers l’œuvre, comment les comédiens ont ressenti les scènes dans le doublage etc…  Quelques courts drama pictures sont présents et permettent de comprendre davantage les liens entre les personnages de l’histoire.

La piste son japonaise est en 5.1 ce qui n’est pas le cas de la piste française. Vous pouvez, bien évidemment, changer de langue au cours de l’épisode.

Cette édition propose donc des pistes audio en deux langues, à vous de faire votre choix si vous voulez regarder la série en japonais ou en français.

La piste française est d’ailleurs de qualité et malgré un nombre de comédiens moins conséquent par rapport à la version japonaise, les deux se valent et sont très classes. La série reposant principalement sur le personnage de Lelouch, il était donc impératif que le grand fluet se voit doté d’une voix marquante et poignante ce qui est le cas à la fois avec Jun Fuyukama pour la version japonaise et Thierry Bourdon (Ramis dans Albator 78, Mistgun/Jellal dans Fairy Tail, C-17 dans Dragon Ball Z) en français. Les deux assurent un Lelouch magistral saisissant toute l’ambiguïté et l’abnégation du personnage. La seule différence étant dans leur façon de jouer le personnage de ZERO, l’identité secrète de Lelouch alias le super-héros masqué du peuple. Là où Fukuyama décide de surjouer une voix grave et caricaturale directement tirée des traditions du théâtre Kabuki (ce qui correspond relativement bien avec le fait que le personnage de ZERO aime se mettre en scène de façon très théâtrale), Bourdon le joue avec un timbre de voix oscillant entre un sentiment impérial et un paradoxe entre noblesse et anarchie aux accents théâtraux qui renvoient facilement au feeling que dégage l’acteur Hugo Weaving pour son rôle de V dans l’adaptation à l’écran de V pour Vendetta par James McTeigue.

En bref, les deux pistes sont vraiment très classes avec une mention spéciale à l’adaptation des dialogues en français (on sent le travail d’adaptation pour donner vie aux dialogues et pas seulement la simple transcription de la ligne de dialogue traduite bêtement), on ne peut que saluer le travail de la direction artistique menée par le comédien Bruno Meyere qui a relevé un sacré défi. Code Geass fait parti de ces séries d’animation japonaises bénéficiant d’une VF solide et convaincante.

Le reste de ce coffret consiste en un livret de 144 pages contenant croquis, anecdotes du réalisateur et de l’auteur, des concessions sur la conception des mécha (et même l’inspiration du fameux slash-harken), explications sur l’univers de Code Geass qui se veut relativement réaliste tout en étant fictif, quelques points sur des moments clef de l’intrigue, ainsi qu’un petit journal de bord de Jun Fukuyama qui relate son ressenti après chaque enregistrement d’épisode.

Quant à la série elle-même…

Code Geass – Lelouch of the Rebellion se veut être une série d’exception, d’une puissante densité scénaristique s’inscrivant dans un monde semblable au nôtre, mais dont l’histoire se veut réécrite et réinterprété pour donner naissance à un univers uchronique possédant une structure géopolitique complexe.

Dès le début de la série le ton est donné, lorsque l’on nous explique qu’en 2017 une grande partie du monde est gouverné par l’Empereur Charles di Britannia dont l’empire homonyme, recouvre à lui seul l’ensemble du continent Américain (Nord et Sud ), imposant sa dominance politique, financière et militaire sur le reste du monde (Asie, Afrique, Océanie…). L’Empire est actuellement en guerre avec l’Europe et la Fédération chinoise (Une partie de l’Asie du Sud est, l’Inde, et quelques pays du Moyen Orient) qu’il tente de conquérir et annexer.

La trame géopolitique posée, l’histoire recentre son récit dans la Zone 11, anciennement appelé Japon, où les habitants privés de leur identité nationale ne sont plus que des «elevens » (en raison de la zone dans laquelle ils vivent). Les elevens vivent dans des ghettos, (le reste du pays étant colonisé par les Britanniens pure souche) leur seul espoir d’en sortir étant de renoncer totalement à ce qu’ils sont et espérer devenirs des citoyens Britanniens d’honneurs, tout en sachant qu’il ne seront toutefois jamais pleinement intégrés.

Si les Japonais n’ont plus l’espoir de retrouver un jour leur patrie telle qu’ils l’ont connu, il reste néanmoins quelques factions rebelles éparses dans le pays, qui tentent à l’aide d’actions éclairs d’enrayer l’assise Britannienne.

Lelouch Lamperouge, est un jeune étudiant brillant à l’académie Ashford (faite pour et par les Britanniens). Il est doté d’une intelligence supérieure, et gagne son argent de poche en battant de riches compatriotes Britanniens aux échecs et autres jeux stratégiques auxquels il excelle. Cela l’aide aussi pour s’occuper de sa jeune sœur aveugle et handicapée , Nunnally.

Suite à un malheureux concours de circonstances, il va assister à l’échec d’un plan mené par les rebelles qui tentaient de voler une arme secrète de l’Empire et se retrouver malgré lui en fuite à leurs côtés, fuyant le bain de sang causée par l’intervention des unités « méchas » Knightmares, véritable force militaire et répressive de l’Empire.

Dans cette fuite Lelouch retrouvera et s’opposera à son vieil ami d’enfance Suzaku Kururugi, lui qui est devenu citoyen d’honneur et soldat volontaire au sein de l’armée de Britannia. Il rencontrera aussi une jeune résistante idéaliste, Kallen Stadtfeld, et surtout une étrange jeune fille prénommée C.C qui afin de lui sauver la vie lui confiera, en échange d’une faveur dont il ignore la teneur, un sinistre pouvoir : Le Geass .

A partir de cet instant Lelouch possède le pouvoir d’imposer sa volonté à une personne simplement en croisant son regard. Son premier ordre, simple et mortellement laconique, il le donnera le plus froidement du monde aux soldats qui le tenaient en joue : « MOURREZ ». Les soldats se suicideront immédiatement avec leurs propres armes.

Conforté par son nouveau pouvoir Lelouch déclamera alors à haute voie sa vraie identité : Lelouch Vi Britannia, Onzième Prince et second prétendant au trône de l’Empire. Commencera alors pour lui un jeu de pouvoir, d’intrigue, d’idéaux, de mensonges et d’alliances, dans un seul but : se venger et renverser son père, l’Empereur actuel… Pour cela il cache sa véritable identité, et, se crée à l’aide d’un masque et d’une cape noire un personnage charismatique, sans identité, ni nationalité : Zero.

Il s’alliera alors avec les cellules de résistance en place au Japon, fondera rapidement une armée révolutionnaire sous le nom de l’Ordre des Chevaliers noirs et entamera des actions terroristes de grandes ampleurs.

Cette première saison est donc celle de la rébellion, celle où un peuple va se découvrir un héros, une raison de reprendre le combat contre l’oppression des innocents, une saison où vont apparaître nombre de personnages et tout autant de questions. Si Lelouch reste un jeune homme plutôt discret, son seul but est de protéger et prendre soin de sa jeune sœur, son alter-ego Zéro est un leader redoutable. Prêt à tout les sacrifices, à toutes les trahisons pour arriver à ses fins. Faire et défaire les alliances, se jouer des sentiments de chacun, en arriver aux mêmes extrémités que ses ennemis, et ainsi tuer quiconque s’oppose à son désir et user de son « GEASS », quitte à en perdre le contrôle un jour, aussi bien sur ses ennemis que ses amis, la fin justifiant les moyens. Si Lelouch hésite, Zero lui agit…

La trame se veut multiple, comment renverser l’Empire, savoir pourquoi Lelouch était caché sous une fausse identité dans la zone 11 ? Qui est C.C., la jeune fille qui lui a fait don du Geass ? D’où provient ce mystérieux pouvoir ?

Tout ici n’est prétexte qu’à suivre une partie d’échec où Zero est le roi noir et L’empereur le roi blanc, et où les alliés ne sont, en définitive, que des pions. Cela même si certaines pièces tenteront de s’affranchir de leur conditions, tel l’ami d’enfance du héros Suzaku Kururugi, qui gravira les échelons de l’armée Britannienne afin d’essayer de changer les choses de l’intérieur, mais qui sera aussi victime du Geass de Lelouch, , entrainant par la suite nombre de tragédie. A terme il sera le plus farouche opposant à Zéro.

Lelouch de la rébellion, oui… mais ensuite ?

Note du rédacteur: etoile4

Les + :

  • Une réalisation moderne et pêchue pour de l’animation
  • La même ambition qu’un blockbuster cinéma
  • Un scénario complexe et auteurisé, à la fois sombre et porteur d’un message d’espoir
  • Des personnages intéressants et bien creusés
  • Un univers contemporain entre science-fiction et techno-thriller

Les – :

  • Mêmes bonus que sur les éditions DVDs
  • Quelques épisodes fan-service et placement de produits (Pizza Hutt)