Chronique Flash : Batman v Superman – Ultimate Edition

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Déjà chroniqué dans nos pages au moment de sa sortie dans les salles obscures, le dernier film de Zack Snyder en matière d’adaptation DC Comics a fait couler beaucoup d’encre, à juste titre ou non, jusqu’à encore aujourd’hui et pour encore longtemps. La sortie vidéo de Batman v Superman fut spéciale puisqu’elle amène la tant attendue « director’s cut » revendiquée comme plus longue, violente et compréhensible par son réalisateur. Charmé ou non par l’édition cinéma, vous devriez vivement tenter de revivre l’aventure à travers cette Ultimate Edition qui s’impose comme la version de la seconde chance. L’exercice n’était pas aisé et on comprend pourquoi la première version présentée au public semblait si brusquement hachée maladroitement avec des transitions brutales et floues. Si la version longue du film de Zack Snyder n’ajoute pas de séquences entières, elle reconstruit avec cohérence et limpidité son métrage autant dans la résonance de ses dialogues que dans les contextualisations retravaillées de situations, événements, leurs conséquences et répercussions sur chacun des héros et du monde qui les entoure. Ce nouveau montage clairement complet et accompli ne réconciliera sûrement pas les froissés de certains partis pris, mais il mettra tout le monde d’accord quant à ses (très) grandes qualité d’écriture, de mises en images, de prise de risques et de narration à qui justice est enfin rendue. Vous remarquerez également avec plus d’attention, désormais, le travail de précision apporté à l’habillage sonore du film permettant, pour exemple, d’identifier certaines séquences fantasmées ; le son étouffé et distillé habilement de l’hypermachine (vue dans Man of Steel et responsable de la destruction de Metropolis) revient constamment lors des cauchemars de Bruce Wayne, évoquant un trauma important et nous sert de point d’encrage à nous, spectateurs, afin de mieux nous situer entre rêve et réalité, que ce soit lors de la scène du tombeau familial ou de la séquence post-apocalyptique aux allures d’Apokolips. Batman v Superman: Ultimate Edition est le film que Zack Snyder voulait nous présenter, sa déclaration d’amour aux titans de DC Comics, un véritable essai d’un nouveau genre dans le cinéma du blockbuster et du super-héros, un film crépusculaire à mi-chemin entre le grain de la pellicule et le graphisme propre au comic-book qui retrouve le souffle épique dont il a été privé au préalable. Le film prend son spectateur à revers mais également ses propres concepts à l’instar de l’éternelle initiation du Héros, cette fois amenée sur des sentiers peu communs pour Superman puisant son inspiration directe dans les récits bibliques de la vie de Moïse et Jésus, jusqu’à la référence graphique parfois frontale, tandis que le travail sur Batman va à contre-courant de tout ce que l’on connaissait de lui. On était habitués à voir le parcours d’un jeune Bruce revanchard devenir le Chevalier Noir, cette fois Zack Snyder nous présente son anti-héros déchu retrouver la voie de ce qui faisait de lui une figure inspirante et héroïque. Coup de cœur véritable depuis The Dark Knight de Christopher Nolan venant confirmé son statut au-dessus du lot par ses ambitions, Batman v Superman: Ultimate Edition est un essai vivant dans la plus pure tradition du genre grim & gritty initié par Frank Miller. Un long-métrage beau, violent et dramatique, à la fois haut en couleurs et profondément sombre qui nous plonge dans la psyché des traumatismes humains et sur le besoin de l’Homme à s’accrocher à une figure messianique comme guide spirituel dont le sublime est atteint par sa conclusion aussi tragique que pleine d’espoir. Merci Zack, pour cette déclaration d’amour à ces emblématiques icônes de la pop-culture. Culte et en avance sur son temps, peu importe ce qu’en dit autrui.

Note du rédacteur :

Julien-K