Chronique Flash : Insaisissables

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Dernier méfait du réalisateur français, Louis Leterrier, après avoir signé son remake du Choc des Titans et sa suite, revient avec Insaisissables un film pop portant sur un grand art qui impressionne toujours les foules : L’illusion. Mené par un casting élégant, malgré une Mélanie Laurent transparente au possible aux côtés d’un Mark Ruffalo impeccable, et une mise en scène très pop et édulcorée, le nouveau long-métrage du français se veut être un véritable spectacle hallucinogène où les lumières et couleurs dansent tel un balai de pyrotechnie épileptique. Restant dans sa dimension de divertissement, le film ne parvient néanmoins pas à créer la grande illusion du cinéma. A aucun moment le spectateur ne se sent réellement concerné par les enjeux faiblards de l’intrigue, eux-mêmes noyés par une narration accumulant facilités scénaristiques, clichés et stéréotypes de personnages. A aucun autre moment le métrage nous invite à nous attacher à ces quatre héros intrépides et sympathiques mais dont les personnalités sont traitées de manière tellement superficielles que cela n’a aucune importance pour le déroulement de l’histoire. Insaisissables permet de mettre le doigt sur une problématique importante concernant les films traitant de l’art de l’illusion : La prestidigitation ne fonctionne qu’en live. Transposer cette pratique à l’écran de cinéma apparaît bien plus factice et artificielle grâce à la technologie actuelle d’effets spéciaux et si l’aspect visuel apparaît comme seulement correct et l’intrigue comme creuse, le plantage n’est pas loin. Le twist final, bien que surprenant, apporte davantage l’interrogation sur le « pourquoi » du film plutôt que sur le « comment » de l’illusion, comble pour un métrage où la magie est au centre de l’intrigue. Insaisissables reste tout de même un film voulant avoir le même but qu’un spectacle de magie : divertissant mais cette même magie ne prend justement pas, là où Christopher Nolan a appuyé le travail sur sa narration et ses personnages avec Le Prestige, Louis Leterrier s’embarque dans un spectacle de pop acidulée et terriblement superficiel. Sympathique, le nouveau métrage du réalisateur français se voit aussi vite qu’il s’oublie, et pas besoin d’une hypnose pour se faire.

Note du rédacteur :