Chronique Flash : Les Fant4stiques

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Les Fant4stiques de Josh Trank, enfin à moitié, et de Simon Kinberg…à moitié mais qui a le dernier mot sur le cut final. On ne va rien se cacher, le film est clairement coupé en deux parties artistiques clairement marquées. Si la première moitié du film touche l’excellence, se voulant être dirigée de bout en bout par la volonté de son cinéaste grâce à une véritable identité qui approche le genre d’un tour de force complètement inédit. Dans les traces de son premier film, le très réussi Chronicle, Trank offre à l’écran un traitement des méta-humains avec des codes horrifiques influencés par le génial David Cronenberg. Les Fantastiques sont ainsi mis en images comme des monstres et non comme des héros extraordinaires et niais comme dans les premières adaptations ou à titre plus récent : les Avengers de Marvel Studios. De mémoire, seulement Spawn a été travaillé ainsi sur l’écran, avec la crainte de ses pouvoirs sous les codes du film d’horreur et pourtant le résultat était très loin d’être à la hauteur, même à l’époque. Le film démarre donc avec un cachet d’authenticité très fort, véhicule des valeurs sur la famille plutôt pertinentes et… rupture. Arrive comme un cheveu sur la soupe la deuxième partie majoritairement dirigée sans son cinéaste qui cumule les effets spéciaux non-terminés, une direction d’acteurs ridicule, des scènes de remplissage low-coast saupoudrés de dialogues creux et forcé et pour couronner le tout : des scènes d’action extrêmement mal narrées, filmées et montées… Ce film ne reflète que très bien la volonté des producteurs de ne pas donner aux réalisateurs américains leur libre créativité sur des projets aussi ambitieux. Voilà ce qui se passe quand un studio de production décidé d’interférer de façon intempestive avec la liberté de création du réalisateur et de l’équipe artistique. Un cas très similaire à Alien 3 ou d’un Los Angeles 2013. Le problème de ces Fant4stiques, c’est Hollywood lui-même. Quel gâchis. Un début tellement prometteur, avec relecture complète du mythe de ces 4 Fantastiques sous une vue originale non loin du point de vue assumé du film d’auteur, que la 20th Century Fox a saboté…. Ne reste qu’un film handicapé. On ne peut s’empêcher de regretter ce que le film aurait pu/dû être.

Note du rédacteur :