Chronique : Star Trek Into Darkness

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La suite du reboot de la franchise de science fiction la plus célèbre au monde

Bien que le nom de Star Wars soit sur toutes les bouches depuis l’annonce d’une nouvelle trilogie, LE blockbuster de science-fiction de cette année reste Star Trek Into Darkness, suite logique du reboot de J.J. Abrams très simplement nommé Star Trek. Toujours aux commandes de son bébé, rappelons qu’il place le scénario de ses deux films dans l’univers original de la franchise, et opte donc pour une approche fidèle de l’univers créé par Gene Roddenberry. Mieux, Abrams a eu l’idée très osée de placer son oeuvre dans un univers parallèle où le Spock originel, interprété par Leonard Nimoy, y rencontre le nouveau Spock, interprété par Zachary Quinto. Et vous savez quoi ?

Et bien ça fonctionne à la perfection.

Star Trek Into Darkness suit toujours les aventures de l’équipage de l’Enterprise, constitué en majeure partie des mêmes membres que le premier volet, dont Sulu, McCoy, Uhura, le capitaine Kirk et bien évidemment Spock, devant tous faire face à une nouvelle et terrible menace au sein même de leur organisation. Si le talent du réalisateur de Super 8 et de Mission Impossible 3 n’est plus à prouver, il n’en reste que le film est supporté par de merveilleux acteurs entièrement dans la peau de leur personnage comme Zachary Quinto, l’interprète du vulcain le plus connu de l’univers. Crevant l’écran à chacune de ses apparitions, c’est un personnage froid et souvent injuste, fidèle à lui-même, qui se révèle être la pièce maitresse de cette suite. Si l’arrivée du vilain, John Harrison, interprété par le talentueux Benedict Cumberbatch, lui vole parfois la vedette, on assiste à un trio d’acteurs simplement parfait dans leurs rôles. Trio ? Oui, car Jim Kirk, joué par Chris Pine, n’en est pas moins oublié et sublime lui aussi un personnage toujours plus rebelle mais ô combien attachant.

A la hauteur de nos attentes et de nos espérances, son statut de blockbuster ne rime pas avec abus d’explosion et scénario format timbre poste. Malgré sa très séduisante plastique, le film ne manque pas de nous rappeler que l’on est aussi face à une histoire développée et à des scènes de combat certes nombreuses, mais jamais superflues. Et en parlant de plastique…

La réalisation doit beaucoup à des décors absolument magnifiques, bien que peu variés, et une mise en scène du tonnerre. On n’assiste pas bêtement à un film d’action, mais réellement à un film rythmé entre scènes de combat anthologiques et scénario pour le moins surprenant, ponctué d’enjeux à la tournure dramatique et à la noirceur éblouissante, ainsi que de moments forts en émotion, comme la scène de fin, mémorable à tous points de vue. Il convient aussi de parler de la 3D qui, bien qu’ajoutée en post-prod, dispose d’une bonne impression de profondeur et rend les scènes spaciales absolument dantesque. Le nombre de clin d’œil au film Star Trek 2 : La Colère de Khan est effrayant, et on retrouve ainsi aussi bien un certain recyclage des éléments phares de la série que des marques de fabriques du réalisateur.

Abrams réussit tout au long du film à donner vie à un univers aussi bien complexe à reproduire que difficile à respecter. Et pourtant, c’est en s’entourant d’une ribambelle d’acteurs tous plus doués les uns que les autres que l’équipe new-gen de l’Enterprise se voit être aussi fidèle que possible à l’équipe old-gen, mémorable à souhait.

L’enrobage du film ne fait pas tout, et c’est Michael Giacchino qui signe une bande-son à couper le souffle. Jamais intrusive ou inutile, elle sait appuyer les scènes poignantes du film. Giacchino semble très lié à Abrams puisqu’il se cache derrière la bande-son de la plupart de ses films dont Super 8, Mission Impossible 3 et, bien sûr, le premier Star Trek. Un gage de réussite, donc. Et en parlant de réussite, le doublage français de Star Trek Into Darkness, comme du premier Star Trek, se voit être d’une excellente facture. Certes, il ne vaut pas la version originale, mais on sent qu’un réel effort a été fait pour proposer un doublage de qualité.

Il y aurait énormément à dire sur ce film, dont les rares défauts ne gâchent pas un excellent spectacle, et si les fans les plus acharnés relèveront la moindre incohérence, il faut avouer que le film respecte le plus possible l’œuvre tant adorée par des millions de personnes.

Ici, Abrams signe donc l’un des meilleurs films de sa carrière et nous offre tout simplement le meilleur film jamais produit sur l’univers de Star Trek. Époustouflant, c’est le mot qui collerait le mieux à ce Star Trek Into Darkness. On ne peut donc qu’être confiant quant aux prochains Star Wars, dont il s’est vu offert le poste de réalisateur. De quoi alimenter encore plus la rivalité Star Wars / Star Trek, faisant déjà rage depuis quelques années, en les rapprochant très certainement d’un point de conceptuel.

Petite précision, c’est un film à voir absolument en blu-ray avec un son 5.1 pour ne rien louper du magnifique déluge d’effet visuel et sonore !

Note du rédacteur: etoile4

Les + :

  • Le casting de qualité
  • La réalisation simplement époustouflante
  • Un scénario développé, à la fois sombre et porteur d’un message d’espoir
  • Énormément de clin d’œil à la série originelle
  • L’une des meilleures franchises de science-fiction remise au goût du jour

Les – :

  • Quelques légères incohérences
  • Un peu de recyclage, tirant plus vers le fanservice qu’autre chose