Interview Exclusive : Catherine Bérubé (Élise de la Serre dans Assassin’s Creed Unity)

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C’est avec un immense honneur et une immense joie que nous vous proposons, chers lecteurs, une interview entièrement exclusive pour House of Wolves et le public français réalisée auprès de la comédienne québécoise Catherine Bérubé, connue dans nos contrées pour être l’actrice derrière la motion-capture et la voix anglaise du personnage principal féminin du dernier jeu d’Ubisoft, Assassin’s Creed Unity : Élise de la Serre.

Peux-tu te présenter pour le public français qui ne te connaît pas encore ? Peux-tu nous parler de toi ?

Catherine : Bonjour tous ! Je suis une jeune femme québécoise/francophone qui a vécue la majeure partie de sa vie sur la rive-sud de Montréal dans une ville nommée Chambly et qui a décidé d’aller faire ses études en théâtre en anglais à Montréal. J’aime les émotions fortes, les défis, j’adore mon métier et suis toujours à la recherche de nouvelles aventures.

Comment es-tu devenue comédienne ? Et qu’est-ce qui t’a poussé à choisir cette voie ?

J’avais d’abord choisi le graphisme, mais ayant fait du théâtre au secondaire, l’idée de m’enrôler dans une école de théâtre me hantait. J’ai donc décidé de faire le bond, mais en anglais ! C’était bizarrement le seul choix logique et j’ai eu la chance d’avoir des parents qui trouvaient que c’était une bonne idée.

Possèdes-tu des modèles dans ton domaine ? Des influences ?

Nous avons plusieurs grands acteurs avec des personnalités exceptionnelles ici au Québec et j’ai la chance de travailler avec quelques uns d’entre eux présentement : Réal Bossé (Dans une galaxie près de chez vous, Gaz Bar Blues…), Julie Perreault (19-2, Bluff…) et Claude Legault (Minuit le soir, Le Club des 100 watts…). J’ai rarement rencontré des comédiens/artistes aussi généreux, talentueux et agréables. Ils sont pour moi une grande source d’inspiration.

Quels sont tes rôles préférés jusqu’à présent ?

J’aime beaucoup jouer des personnages physiques, typés, comme Bridget dans « Sophie » une série à CBC et Maripier Renaud dans « Les jeunes loups » à TVA. J’ai adoré jouer Esther Cox dans une pièce de théâtre indépendante intitulée « Haunted », écrite par un auteur hyper talentueux Paul Van Dyck. J’y jouais une jeune femme possédée par un démon. La pièce est basée sur un fait vécu en Nouvelle-Écosse et je devais adopter un accent à tendance irlandaise en anglais. Ce fut mon rôle préféré au théâtre. Pour ce qui est des jeux vidéo, je n’en ai pas fait beaucoup mais Élise figure définitivement au top de la liste. Elle est si bien écrite et est un merveilleux mélange de sensibilité, force, perspicacité et espièglerie.

Tu as été approchée, dernièrement, par Ubisoft pour prêter ton visage, ton corps et ta voix au personnage d’Elise dans le prochain jeu Assassin’s CreedPeux-tu nous en dire plus sur ton expérience ?

C’était ma première expérience en jeux vidéo et s’en fut une grandiose. Honnêtement, les gens avec qui j’ai travaillé chez Ubisoft ont été d’une gentillesse et d’un support incontournable. Ils sont passionnés et toujours enclin à vouloir hausser les standards de qualité. J’ai adoré le concept de n’avoir à porter ni maquillage ni costume et de jouer dans un immense gymnase qui se transforme en terrain de jeu aussitôt que la caméra roule. J’ai participé à des scènes d’actions que je n’aurais jamais pu vivre ailleurs que sur un film à gros budget.

Connaissais-tu cette saga de jeux avant de travailler dedans ?

Je connaissais le jeu pour en avoir entendu parler par des amis qui y avaient participé en tant que comédien, mais je n’avais AUCUNE idée de l’ampleur de la saga, non haha !

Que penses-tu de manière générale d’Assassin’s Creed ?

Je ne peux que parler d’Assassin’s Creed Unity, car je ne connais pas les autres, mais je suis vraiment impressionnée de la qualité d’image produite. L’histoire du cinquième Assassin’s Creed est complexe, intéressante, ingénieuse et nous garde en haleine du début à la fin. J’aime beaucoup le concept de ramener un nouvel assassin à chaque année (ou presque).

Est-ce que ton expérience d’actrice t’a été bénéfique pour ce rôle d’un genre nouveau ?

Bien sûr !! Le jeu vidéo se rapproche maintenant immensément du film. La caméra est si près du visage et le transfert des expressions facial de l’acteur au personnage si minutieux qu’on ne peut que se permettre d’être vrai.

Peux-tu nous parler des différences entre jouer au cinéma, au théâtre et faire de la motion-capture et du doublage de voix ?

C’est la responsabilité qui diffère. Au théâtre tu es responsable de ta projection de voix, de ta projection corporelle, de trouver ta lumière, de faire face au publique. À la télévision et au cinéma, tu es responsable d’être vu par la caméra, de ne pas faire d’ombre à ton partenaire, tu dois respecter la valeur de plan. Tandis qu’en jeu vidéo, la caméra la plus près est accrochée à ta tête, tu ne t’en sortiras pas, même si tu ne le veux pas, elle te verra et il y a trois autres caméra qui te film dans l’espace. Il n’y a pas d’éclairage spécifique alors tu n’as pas en t’en soucier. Tu dois par contre user énormément de ton imagination, car il n’y a presqu’aucun décors. Contrairement au cinéma et au théâtre où tu utilises des objets et espaces qui ressemble la réalité, en Motion Capture, tu dois faire avec des pistolets et autres armes en bois avec des boules réfléchissantes collées dessus ainsi que des portes sans murs et autre confections non visibles à la caméra.

Est-ce toi qui joue la voix française d’Élise ?

Et non ! Le doublage demande une expertise que je ne maitrise pas encore à 100%. Mais ça viendra !!

Peux-tu nous parler du personnage d’Élise ? Qui est-elle et que cherche-telle ?

Élise est une jeune femme très forte, pleine de courage et de détermination et elle est très intrépide. Son père s’est fait assassiné et depuis cet événement, elle ne vit que pour le venger. Elle veut la justice et elle veut honorer le travail de son père, mais elle est déchirée par l’amour qu’elle a pour Arno.

Quelle est la nature de sa relation avec Arno, le héros de l’histoire ?

Ce sont des amis d’enfance, ils ont été élevés côte à côte : Mr. De LaSerre a pris Arno sous son aile après la mort de son père. Ils ont découvert la vie ensemble, ils se complètent. C’est une histoire déchirante parce qu’ils ne font ultimement pas partie du même clan, mais ils s’aiment profondément et s’aimeront pour toujours.

Est-ce que ton expérience en tant que comédienne t’a permis d’avoir une certaine flexibilité avec ce rôle ? Ou tu as dû suivre à la lettre les instructions de la direction artistique ?

Je ne crois pas que j’aurais été prise si je n’avais pas d’expérience en tant que comédienne. Maintenant, ce sont tous des comédiens qui sont choisis pour incarner les rôles de capture de mouvement dans les jeux vidéo. La technologie est tellement poussée que le jeu des comédiens se doit d’être extrêmement réaliste. Je croyais au départ que ce serait un jeu plus gros avec moins de nuances, mais je me suis trouvée à jouer comme je le fais à la télévision et au cinéma, avec autant de subtilité et d’investissement. Pour ce qui est de la création du personnage, honnêtement, c’était si bien écrit que je n’ai eu qu’à jouer les mots inscrits sur la page. J’ai donné ma proposition du personnage en audition et c’est cette même proposition qui figure dans la version finale du jeu.

Entre le personnage d’Élise et toi, y’a-t-il des points communs ?

C’est une bonne question ! Je crois que nous avons une détermination et une énergie semblable, oui. C’est une fille très énergique et un peu casse-cou, qui n’a peur de rien. Ma mère dirait que ça me ressemble beaucoup.

Soyons un peu fous, as-tu des ancêtres ayant participé à la Révolution Française ?

Oh my God. Sais-tu, j’en ai aucune idée. Sûrement. Mais honnêtement, je n’ai jamais fait mon arbre généalogique. Je sais juste que le premier Bérubé qui est arrivé au Québec s’appelait Damien.

As-tu une affinité particulière avec la France ou avec son Histoire ?

Tristement non. Mais je reviens de mon premier voyage à Paris et je peux te dire que j’en sens une qui commence à se former !

Quels sont tes goûts en matière de cinéma ? Par exemple, quels sont tes films et cinéastes préférés ?

J’admire beaucoup Tarantino. Je ne me tanne jamais d’écouter ses films. Il a un don pour amener ses acteurs à un tout autre niveau, pour les faire sortir de leur carcan.

En matière de musique ? Qu’écoutes-tu le plus en ce moment ?

Je me prépare présentement pour un long métrage dans lequel je jouerai une pianiste autiste. Alors ces jours-ci j’écoute beaucoup de Chopin et Debussy!

Quels sont tes projets pour la suite en tant que comédienne ? D’autres projets en dehors de la scène ?

Je disais que j’écoutais du Chopin pour un long métrage, eh bien je vais participer à une co-production France-Québec en mars 2015 ! C’est un long métrage « Secret d’hiver » qui se tourne en partie à Paris et majoritairement au Québec dans notre froid hivernal. Je reviens justement de Paris pour y rencontrer le réalisateur et le reste de la distribution. Ça promet ! Il y aura aussi
dès février le tournage de la deuxième saison d’une série intitulée « Les jeunes loups » à TVA et je termine présentement le tournage de la troisième saison de la série « 19-2« , une série policière très appréciée au Québec qui sera diffusée dès janvier à Radio-Canada.

Veux-tu dire un petit mot pour nos lecteurs et ton futur public français ? 

Je suis vraiment enchantée de faire votre connaissance ! Merci beaucoup de votre support et intérêt, ça fait chaud au cœur. Au plaisir !

Je tenais à remercier Catherine pour sa très grande gentillesse, sa disponibilité et surtout sa grande accessibilité et humilité. Pour suivre l’actualité de l’artiste, voici quelques liens utiles : Son site internet, sa page artiste sur Facebook.

Photo d’entête prise par Jeremy Bobrow.