Star Wars Episode I – La Menace Fantôme : la mort de Jar-Jar fuite sur la toile

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Il est de croyance populaire que Star Wars Episode I – La Menace Fantôme est un mauvais Star Wars ou même un mauvais film (certaines langues de putes du net vont même jusqu’à le qualifier de film estampillé « Asylum », des gens très bien et distingués sans doute à qui on rappellera cordialement qu’il est impératif d’avoir un argumentaire solide et un bagage cinématographique derrière qui ne discrédite pas le propos). A ceci je réponds que cet épisode aussi décrié soit-il reste une oeuvre clé de la SF au cinéma, un film bien imparfait et qui commet certaines erreurs, certes, mais une pierre angulaire à la SF au début du XXIè siècle et un épisode majeur à la saga de Georges Lucas. Si ce quatrième épisode cinématographique de la Guerre des Etoiles (en réalité le premier selon le plan chronologique) est un film aussi séduisant par son intrigue complexe et politique mais aussi impressionnant par la qualité technologique déployée à l’époque restant encore aujourd’hui peu contestée, il échoue malheureusement dans l’écriture de certains personnages introduits à l’occasion de cette genèse.

Si voir des personnages comme Obi-Wan Kenobi ou Anakin Skywalker dans leur jeunesse ou introduire le charismatique Qui-Gon Jinn ou la sensuelle Padmé Amidala a su enchanter les foules, il n’en n’est pas de même pour tous dont un particulièrement (et même uniquement) : Jar-Jar Binks, le Gungan.

Jar-Jar, un personnage qui a fait couler autant d’encre que de salive, a déchaîné autant de passion que de colère et a rappelé douloureusement aux adolescents de 1983 que monsieur Lucas a gardé sa recette pour parler à un public plus jeune. Si les Ewoks du Retour du Jedi avaient fait crisser des dents plus d’un fan de la saga de SF la plus célèbre du cinéma, le couvert est remis dans La Menace Fantôme avec les Gungans au dialecte aussi intriguant que douteux et dont le représentant, Jar-Jar a fait basculé du côté obscur de la Force les trois quarts des fans de la planète.

Le Gungan, en effet, apporte un air enfantin à une intrigue sombre et où les enjeux importants annoncent quelque chose de destructeur pour la République. Si on connaît l’entrain pour Lucas à donner dans le side-kick comique pour ses histoires, qu’ils soient l’éternel duo R2D2/C3PO, les Ewoks aux allures de peluche ou les Gungans dans l’épisode présent, il faut bien reconnaître que ce pauvre Jar-Jar, aussi mal écrit soit-il, n’a pas grand chose pour lui : Ni humour fracassant, ni utilité réelle au récit, pire plutôt que de détendre l’atmosphère avec un gag (mal) placé, il en devient irritant et s’impose comme l’intrus, le cheveu sur la soupe, celui qu’on prie pour qu’il ait le moins de présence à l’écran et le moins de lignes de dialogue.

Toujours est-il qu’aujourd’hui, 14 ans après la sortie du film au cinéma, resurgit une scène coupée des profondeurs des bonus de la saga, une scène qui aurait pu changer radicalement la perception du film pour bon nombre de fans dans le public, une scène qui aurait donné à La Menace Fantôme la place que ce long-métrage mérite : La mort de Jar-Jar.

Et en début de film, qui plus est.


Que La Force soit avec vous.