Chronique : American Bluff

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Après avoir vu les excellents The Fighter et Silver Linings Playbook (Happiness Therapy en français), je sentais en moi le devoir d’aller visionner le tout nouveau David O. Russell, American Hustle. Il faut dire qu’avec son casting de rêve (Christian Bale, Bradley Cooper, Jeremy Renner, Amy Adams, Jennifer Lawrence, …), 28 nominations et 4 prix, le film avait tout pour plaire et surtout attirer le public. En voici le résumé :

« Un escroc particulièrement brillant, Irving Rosenfield (Christian Bale), et sa belle complice, Sydney Prosser (Amy Adams), se retrouvent obligés par un agent du FBI, Richie Dimaso (Bradley Cooper), de nager dans les eaux troubles de la mafia et du pouvoir pour piéger un homme politique corrompu, Carmine Polito (Jeremy Renner). Le piège est risqué, d’autant que l’imprévisible épouse d’Irving Rosenfield, Rosaly (Jennifer Lawrence), pourrait tous les conduire à leur perte… »

american-bluff-american-hustle-05-02-2014-1-gSi American Hustle ne baigne pas dans l’originalité du fait de son scénario, ce sont plutôt ses personnages atypiques (quoi que clichés) qui vont lui donner toute sa puissance. Christian Bale troque ses beaux muscles pour une grosse bedaine, un crâne dégarni et un look bien kitch qui, tout de même, ne laissera pas de marbre la très sexy, sensuelle et manipulatrice Amy Adams qui a son tour, ne déplaira pas à Bradley Cooper, de retour sur grand écran avec de petites bouclettes (idée venue de l’acteur lui-même) et un personnage haut en couleur et plein d’ambition qui veut se détacher de l’image de loser qui lui colle à la peau depuis qu’il a intégré le FBI.

christian-bale-et-ses-40-kilos-en-plus-dans-american-bluff-170798_w1000C’est dans une Amérique sous l’Administration Carter (brièvement cité et expédié mais qui permet de mettre en contexte le film) que le trio de choc va préparer son coup. Guidé par un Bradley Cooper arrogant et plein de fougue, le jeune couple d’arnaqueurs va se retrouver divisé et c’est entre séduction, disputes et situations cocasses qu’ils vont tenter de piéger Jeremy Renner (ce film nous aura réconciliés) qui incarne un politicien attachant ayant pour but de développer sa ville et de donner des emplois à tout le monde quitte à être corrompu.
Malheureusement, plus le coup est gros, plus les risques le sont aussi et l’équipe devra l’apprendre à ses dépens, malgré les conseils d’Irving Rosenfield. Si la tâche était déjà ardue, elle le deviendra encore plus avec le personnage imprévisible et hilarant de Jennifer Lawrence qui incarne la femme d’Irving Rosenfield. Aussi grande gueule que sexy, ce personnage tête en l’air vous fera rire à de nombreuses reprises et ses frasques risquent d’emmener le trio à sa perte.

Vous l’aurez compris, avec tous ses personnages, American Hustle risque de vous secouer dans tous les sens. Il s’agit vraiment de la force du film et celle-ci sera exploitée autant que possible par son réalisateur, nous relèverons notamment le passage pendant lequel Bradley Cooper se fait des bigoudis afin de séduire la gent féminine, la discussion hilarante entre Jennifer Lawrence et Christian Bale qui ressort tout juste d’une agression causée par cette dernière. S’il n’y a pas vraiment d’équilibre entre chaque personnage, il y a tout de même un certain plaisir à découvrir leurs différentes facettes et chacun d’entre eux s’enfonce dans des clichés que nous connaissons bien (ce n’est pas négatif pour autant) les rendant attachants au fil du temps.

Au chapitre des reproches, le film souffre d’une certaine longueur. Le problème ne vient pas d’une mauvaise gestion du temps mais plutôt du style dont le film s’imprègne. C’est assez long à se mettre en place et l’histoire semble tourner en rond au bout d’un moment à un point tel que les personnages principaux s’effacent (au profit des seconds rôles : Bradley Cooper et Jennifer Lawrence). Pendant ce laps de temps, l’intrigue n’est plus vraiment creusée et l’on suit seulement les méandres des personnages sans pour autant les voir s’affubler de plus de profondeur.

21058180_20131115121006172.jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxxNéanmoins, entre magouilles et arnaques, c’est avec légèreté et humour qu’American Hustle se présente comme un des meilleurs films de ce début d’année. David O. Russell nous prouve qu’il arrive bien à maîtriser ses personnages et leur psychologie, son œil particulièrement aiguisé procure un style particulier au film, on sent que nous ne sommes pas sur un gros blockbuster avec des plans dignes des meilleures publicités (petit coucou à Michael Bay).
Même si ma critique fut brève (quoi qu’il s’agisse sur le fond d’une sorte de gros résumé) et pas forcément alléchante, je ne peux que vous conseiller de vous diriger vers les salles obscures afin de voir le film. La performance des acteurs est excellente et la réalisation de David O. Russell se démarque du lot. Ce sont deux heures de spectacle inédites qui vous attendent ! A voir en VO !

Note du rédacteur : etoile4

Les + :

– Les personnages
– Les situations hilarantes

Les – :

– La longueur du film
– Le manque de profondeur