Chronique : Until Dawn (Supermassive Games/Sony Computer Entertainment)

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Amateur de slasher movies depuis mon adolescence, la découverte de Until Dawn (un nom que j’avais vu circuler sans jamais y prêter plus d’intérêt), quelques jours avant sa sortie, a immédiatement suscité en moi un vif intérêt et une curiosité certaine. C’est vrai que le genre n’a pas vraiment été représenté en jeux vidéo, on se souvient rapidement de Obscure par les Français d’Hydravision en 2004, c’est à peu près tout.

Après un The Evil Within hyper stressant, frustrant, au scénario des plus WTF, je m’étais juré qu’on ne m’y reprendrait plus, du moins pas avant un prochain Resident Evil, éventuellement. Pourtant, Until Dawn m’attirait irrésistiblement : son côté slasher, son casting de teenagers comme vous et moi, loin des héros ou flics habituels, les acteurs sympathiques qui ont prêté leurs traits au projet (Hayden Panettiere de Heroes, Rami Malek de Mr. Robot, Brett Dalton de Agents of SHIELD ou encore Peter Stormare de Prison Break – à mettre en VO pour profiter de leurs voix) et enfin l’exclusivité à la console de Sony, qui rendait le jeu un peu plus unique.

Tout débute dans un chalet perdu en montagne, une bande d’amis et une tragédie. Un an plus tard, notre groupe décide de retourner sur le lieu du drame, non pas dans le cadre d’une commémoration lugubre, mais simplement pour passer un bon moment, et soutenir le propriétaire des lieux, heureux de retrouver ses amis, et pourquoi pas, faire comme si rien ne s’était passé. Du moins en apparence. Et puis un psychopathe s’invite à la fête… Scénario classique, personnages clichés, on se laisse pourtant prendre au jeu, d’autant que quelques bonnes idées permettent à Until Dawn de ne pas juste imiter ce qui a été fait avant, notamment un twist en milieu d’aventure qui change totalement la donne. On peut également développer les affinités entre les personnages, qui seront amenés à évoluer : on commence en détestant la bimbo de service, puis on s’y attache lorsqu’elle se transforme en survivante.

until-dawn-01Réunion au sommet

Graphiquement réussi, le jeu propose des cadres fixes, légèrement mouvables avec le stick droit, à la manière des anciens Resident Evil. Si on m’avait dit qu’en 2015 ce système de caméra fonctionnerait encore, je n’y aurais pas cru, et pourtant, il permet, en ne proposant qu’un pan des décors, de les travailler à fond ; tout en accentuant le côté « observé ».

Le plus grand défaut qu’on puisse trouver au titre de Supermassive Games, et à juste titre, est son côté « film interactif ». Presque un sous-genre à part entière, qui est loin de faire l’unanimité. Ceux qui trouvaient que The Order: 1886 en était un, malgré ses nombreuses phases de TPS, peuvent d’ores et déjà oublier l’idée de posséder ce jeu. Le gameplay est ici plus que limité : on se contente la plupart du temps de déplacer son personnage dans un cadre prédéfini, tout en fouillant les décors pour trouver un éventuel objet ou interaction. De temps en temps, des QTE feront jouer vos réflexes et… c’est tout.

Until DawnLe chemin le plus sûr ou le plus rapide ?

A ce stade, même un point’n’clic est plus interactif, puisque dans ceux-ci vous devez vraiment fouiller et réfléchir pour avancer. Mais alors, où est l’intérêt du jeu ? Et bien il se situe ailleurs. Tout d’abord, il faut accepter que l’on sera en grande partie spectateur d’une histoire, au même titre que dans un film ou un livre. A la différence près qu’ici, c’est VOUS qui créez l’histoire. Tout comme dans les jeux Telltale (The Walking Dead, Game of Throne), l’histoire, ainsi que le décès ou non des personnages, dépend de vos choix. Chaque joueur vit une expérience unique, le but étant d’arriver à sauver un maximum de personnages, sinon tous (c’est possible). Cela permet d’offrir de nombreuses options de rejouabilité au titre, et de découvrir des pans inédits du scénario. A titre d’exemple : à un moment dans le jeu, j’entends une voix qui m’appelle et j’ai le choix entre voir ce qu’il en est, ou rejoindre mes amis. J’ai choisi de rejoindre mes amis. Pendant le générique de fin, alors qu’un autre personnage est interrogé par la police, on lui dit que le premier a entendu mes appels, ce à quoi le personnage répond quelque chose comme « je n’ai appelé personne. » Qui était donc ce mystérieux personnage qui appelait  ? Et là, je meurs d’envie d’y retourner, et jouer la curiosité plutôt que la prudence.

maxresdefaultUne scène que je n’ai pas débloquée durant ma partie, n’est pas Dom Juan qui veut 

Vous rencontrerez sur votre chemin différents totems. Ceux-ci sont là pour vous aider dans vos choix, en vous prévenant d’un danger (annonçant une mort éventuelle d’un personnage) ou en vous conseillant une action précise (donner un objet à un personnage plutôt qu’un autre).

Développé au départ comme un projet Playstation Move, le jeu en a gardé des séquelles, pour le meilleur ou l’inutile. On aime déplacer sa manette face à nous pour orienter la lampe torche, façon Wiimote. On aime devoir garder la manette immobile sous peine de se faire repérer (stress garanti, avec parfois mort d’un personnage à la clé). On aime un peu moins lorsqu’il faut pencher la manette à droite ou à gauche avec un timing limité pour faire un choix, et que la détection foire. Dans l’ensemble, un petit plus pas indispensable mais agréable (possible de le désactiver cela dit). Attention à être prêt pour les phases de tir qui ne laissent que quelques secondes pour viser.

recap-video-halo-evolve-life-is-strange-until-dawn-gta-listingNe pas bouger, surtout ne pas bouger

Comptez une dizaine d’heures pour en venir à bout, il m’a personnellement fallu un jour et demi en y jouant de façon intense. Une fois l’aventure commencée, on a vraiment envie de poursuivre pour en connaître le dénouement et les explications. Une fois le jeu terminé, vous avez la possibilité de recommencer les chapitres de votre choix pour en changer le déroulement, ou encore de reprendre l’aventure du début. Sa relative courte durée de vie s’éclipse finalement devant l’idée de pouvoir vivre une expérience différente au moins 2 ou 3 fois.

Until Dawn est une excellente expérience d’horreur et de survie… pour tout amateur de slasher pas trop attaché au gameplay. Si vous aimez les histoires, en lire ou qu’on vous les raconte, le jeu est fait pour vous. Si vous attendez d’une partie qu’elle dépende de votre technique plutôt que d’un cheminement prédéfini, ou encore si vous souhaitez un jeu ultra angoissant, passez votre chemin. Le stress est ici limité par le gameplay : en cas de rencontre désagréable, il suffira de faire le bon choix parmi les deux proposés, ou encore d’appuyer sur les bons boutons au bon moment, pour être sorti d’affaire… on est loin de la panique et du die & retry d’un Evil Within (d’ailleurs, ici toute mort est définitive, l’histoire avance sans le personnage décédé). Pour ma part, cela me convient parfaitement : stressant mais pas trop, comme un film d’horreur un vendredi soir, le pop corn à côté.

Sylvain L.

Note du rédacteur : etoile3edemie

Les + :
– l’ambiance d’un slasher dans un jeu
– vos actions influencent l’histoire = bonne rejouabilité
un casting de qualité

Les – :
– une aventure linéaire et un manque d’interactions
– la détection de mouvements parfois hésitante

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