Chronique : PAYDAY 2

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Il y a un mois sortait PAYDAY 2, la suite du très prometteur PAYDAY The Heist sorti à l’époque uniquement sur PC et PS3. Pouvant aujourd’hui compter sur le support de la 360 et de ses joueurs, le studio de développement Overkill, en association avec l’éditeur 505 Games, rentabilisait déjà son bébé avant sa sortie officielle grâce aux pré-achats Steam. Nous vous en parlions via un bref aperçu de la beta, le jeu à mi-chemin entre simulation arcade de braquage et infiltration détenait déjà les clés de la réussite. Après de très nombreuses mises à jour (actuellement au nombre de 11) et un lancement pour le moins laborieux, PAYDAY 2 est-il à la hauteur de nos espérances ?

Initialement prévu pour le 13 août, des rumeurs de report au 27 août se promenaient déjà sur la toile. Finalement, c’est à l’heure que PAYDAY 2 fût disponible sur les trois supports, Overkill tenant à respecter ses fans avant tout, comme le studio a toujours fait. Et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il était trop tôt pour pour le sortir. Si l’on retrouve tous les éléments ayant fait le succès du premier opus, ainsi que de très nombreuses améliorations, il y a aussi de nombreux défauts, et pas des moindres.

Tout d’abord, le système de jeu a été nettement amélioré et surtout étoffé. S’il y avait deux simples méthodes de jeu dans PAYDAY The Heist (rush ou stealth), seule la perceuse servait à ouvrir les coffres. Maintenant et en plus de ça, nous avons à disposition le C4, l’ECM (Electronic Counter Measures) ou encore le simple crochetage, de quoi diversifier les approches et surtout varier un peu le gameplay avec les 4 classes disponibles (Cerveau, Executeur, Technicien, et enfin Fantôme). Il est aussi maintenant possible de porter les corps et de les dissimuler, afin de pénétrer un bâtiment en toute discrétion tout en descendant un ou deux gardes qui bloquent le passage, et tout ceci sans se faire repérer par un cadavre laissé à la vue des caméras. Ou encore de barricader les fenêtres avec des planches, système introduit dans le DLC du premier opus, mais encore trop peu voire mal exploité. Vous rêviez de couvrir les angles morts et ainsi éviter d’être allumé de dos par surprise ? Faites donc le tour des ruelles et bâtiments et trouvez ces planches, bien utiles ! Ceci dit, on aurait aimé, par exemple, pouvoir fermer et bloquer les portes… Peut-être via une MàJ ?

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Un petit air de déjà vu, vous ne trouvez pas ?

Chacune des classes trouve ici sa place et sans l’une d’elle, finir un casse proprement et en haute difficulté relève de l’impossible. Entre medikit, ammokit, C4/tourelle ou ECM, il y en a pour tous les goûts et toutes les manières de jouer. Il conviendra donc de se mettre d’accord en début de partie sur les atouts à adopter afin de ne pas se retrouver sans soin ou sans munition, indispensables. Bien entendu, il est toujours préférable de jouer avec des amis et avec micro pour coordonner vos actions.

Malgré la surcharge du HUD, il faut avouer que ses informations nous sont précieuses, comme les fameux ? et !, le premier servant à signaler qu’un civil ou un policier a un doute sur vous car oui, porter une fusil scié et un kevlar en pleine rue, ça attire légèrement l’attention. Quand le second s’affiche, votre couverture est grillée, et avez intérêt à vite foncer à votre objectif. Un système bien pratique qui permet d’allonger au sol et de menotter un civil s’apprêtant à alerter les forces de l’ordre, plus que robustes dans cet opus.

L’ajout de la customisation, si chère au joueur, se veut, elle, vite addictive. Les armes sont pour le moins nombreuses, et leurs accessoires encore plus. Du silencieux au viseur laser en passant par la poignée ou le chargeur amélioré, vous n’aurez de cesse de tester toutes les combinaisons possibles jusqu’à la bonne, surtout qu’en plus d’affecter l’aspect visuel de vos armes, ils modifient aussi leurs stats et votre façon de jouer. Seule ombre au tableau, l’incohérence de certaines combinaisons, comme silencieux/pompe… Quant aux masques, ils peuvent aussi être modifiés à volonté, et sont pour le moins légion. Matière, motif, couleur, jamais vous n’aurez été aussi clinquant pour braquer un établissement !

Un nouveau système fait aussi son apparition avec les cartes payday. Celles-ci se choisissent aléatoirement à la toute fin d’un casse parmi 3 cartes. Cash, accessoires, masques, les gains ne manquent pas, mais ce système de drop a néanmoins une faille béante. En effet, c’est le seul moyen de récupérer les accessoires des armes et surtout les masques. Or, on ne tombe que trop rarement sur l’accessoire, la couleur, ou le masque voulu. On obtient alors un item inutile en deux, trois, voire quatre exemplaires. Pas cool.

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Des dizaines de masques sont à débloquer, et des centaines de combinaison sont possibles

Des défauts, il y en a aussi, et il faut avouer que PAYDAY 2 en a beaucoup et déçoit tout de même, faute à un contenu loin d’être aussi riche que prévu. Les environnements des casses se répètent trop souvent malgré l’aléatoire de certaines situations, et on aurait aimé retrouver les casses introduits dans les fichiers du jeu comme Casino, ou encore Présidentielle, déjà sûrement prévus en DLC. Ainsi, les casses ne sont pour la majorité pas vraiment mémorables, contrairement au fameux Diamond Heist du premier PAYDAY. Si on apprécie les références à Breaking Bad dans le casse Rats par exemple, on ne retrouve malheureusement pas le même charme dans les autres. Là où le premier épisode prêchait par un manque de contenu flagrant, mais où chaque casse était unique et surtout marquant (First Wold Bank, Diamond Heist, Panic Room, entre autres), ici le contenu se veut un peu plus riche, mais bien moins séduisant. On attend bien entendu les DLC dont le premier, Armored Transport, gratuit pour ceux ayant pré-acheté le jeu.

Malgré tout, le studio reste à l’écoute des joueurs et propose non seulement de nombreuses mise à jour, mais aussi du contenu gratuit comme le casse Diamond Store tout juste mis à disposition des joueurs, ou encore de nouveaux masques. Mais, car il y a un mais, le jeu est encore en stade de beta pour beaucoup, et c’est le cas, car à l’heure actuelle et avec la MàJ n°11, toute la difficulté Overkill s’est vu remaniée, sans compter de nombreuses améliorations sujet à controverse comme le faible gain de cash, ou encore les dégâts disproportionnés infligés par les ennemis. C’est malheureusement devenu une habitude pour beaucoup de studios que de proposer un jeu non-fini et ensuite de le mettre à jour, mais ce n’est pas pour le moins excusable. Les développeurs auraient gagné à le repousser d’un mois ou deux, mais gageons qu’ils sauront faire oublier ce premier mois chaotique.

PAYDAY 2 n’est peut-être pas le hit que l’on attendait, mais reste globalement un titre très agréable et surtout original. Si son statut de work in progress lui colle à la peau depuis sa sortie, on ne peut que saluer le suivi exemplaire dont fait preuve le studio de développement. On attend avec impatience de voir si le studio respecte ses engagements quant au contenu retiré de la release, c’est à dire de le proposer gratuitement. Pour le moment, cela semble être le cas, mais ça ne fait qu’un mois que le jeu est disponible et près d’un an de DLC est déjà prévu dont un perso féminin. L’ajout des cloakers est aussi prévu dès que possible. Bref, encore de belles mises à jour de prévues. Ce qui est certains, c’est que PAYDAY 2 n’a pas fini de faire parler de lui, tant en bien qu’en mal…

Note du rédacteur : etoile4

Les + :

  • L’aléatoire des situations
  • Le comportement des armes
  • Le suivi du jeu
  • Un gameplay riche…
  • Enfin un FPS original

Les – :

  • … mais toujours perfectible
  • De nombreux bugs
  • Les environnements très (trop) recyclés
  • L’IA toujours aussi cheatée
  • Le système de cartes payday, irritant