Chronique : Batman, le chevalier noir T.1 – Terreurs nocturnes

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Batman : le Chevalier Noir est un peu la série mal aimée du reboot New 52 du personnage, pourtant c’est certainement celle qui possède l’écriture la plus cinématographique et le graphisme le plus sombre… Il est temps de comprendre ce qu’il en retourne vraiment.

Après nous avoir permis de découvrir la courte histoire de Batman, La Nouvelle Aube, il y’a quelques mois où le célèbre détective masqué était confronté à l’obscurantisme et au démon Etrigan, Urban Comics relance David FINCH avec une nouvelle série dérivée du Chevalier Noir prenant place grâce aux NEW 52 et sobrement intitulée Batman : le Chevalier Noir, et ne cherchez pas un quelconque lien avec The Dark Knight Trilogy de Christopher Nolan. Qu’est-on en droit d’attendre de ce premier tome en sachant que le travail de FINCH sur La Nouvelle Aube s’était révélé être moyen, peu passionnant avec des idées mal exploitées ? Contrairement à La Nouvelle AubeDavid FINCH, cède sa place d’auteur à Paul JENKINS (à qui l’on doit quelques chapitres d’HELLBLAZER et de Spawn mais également les jeux vidéos The Darkness) pour se consacrer uniquement à l’illustration de cette nouvelle histoire du gardien vigilant de Gotham. La thématique de ce premier tome est portée sur « LA PEUR ». Ici, Batman doit essuyer dès le début de l’histoire une nouvelle évasion explosive des détenus de l’Asile d’Arkham. Après une courte introduction rappelant que Bruce Wayne finance officiellement la Batman Incorporated, les évènements s’enchaînent. Explorant un thème aussi lugubre, le dessin de FINCH se devait de retranscrire une ambiance particulière et fidèlement à son travail sur La Nouvelle Aube, le dessinateur prouve qu’il maîtrise les couleurs lugubres et les auras poisseuses. En effet, l’illustration générale au cours de ce tome n’est pas si éloignée d’un Spawn avec ses rues sales et sa violence décomplexée au service d’un récit à la narration noire.

Cette mise en bouche est l’occasion de croiser des visages familiers mais c’est aussi là que se situe l’un des défauts majeurs de ce début de série : La sensation de déjà-vu. Et oui, quand Harvey Dent pointe le bout de son nez avec ce « petit quelque chose » de plus qui constitue l’intrigue de ce premier tome, on sent une certaine redite par rapport au jeu vidéo de Rocksteady : Batman: Arkham Asylum. Le dessin de FINCH, très détaillé et s’impliquant dans un style horrifique, n’aide malheureusement pas à penser autrement tant le concept du vilain infecté par le virus TITAN est (trop) proche. La bonne surprise étant que JENKINS a la bonne idée de proposer au lecteur des super-vilains délaissés de côté depuis (trop) longtemps plutôt que de se lancer dans une énième course contre les méchants les plus populaires de la mythologie de l’homme chauve-souris. Il n’est donc pas rare de croiser au détour d’une page un Deathstroke revanchard, un Gueule d’Argile toujours aussi bon acteur ou encore un Chapelier Fou en manque de thé dont la présence ajoute un aspect métaphorique à l’histoire, se payant le luxe de graviter autour de certaines symboliques du célèbre conte de Lewis CAROLL : Alice au pays des Merveilles. Ce n’est, d’ailleurs, pas le nouveau vilain de l’histoire qui enlèvera cette idée. Le Lapin Blanc, idée originale, et montre à quel point le trait de FINCH s’allie parfaitement à la sensualité d’une silhouette féminine voluptueuse. L’auteur propose des idées très intéressantes et des questionnements qui méritent que l’on s’y attarde. Batman fait-il toujours les bons choix ? Est-ce qu’un bon choix pour lui est-il également un bon choix pour son entourage ? Bruce Wayne n’est-il pas, au final, un simple enfant gâté pensant qu’il peut disposer des gens de son entourage à sa guise ? Que représente réellement la peur pour Bruce Wayne ? Pour Batman ?

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En parallèle à ces bonnes idées, d’autres clairement moins bonnes font de l’ombre au tableau de ce départ de série. Certaines données sont recyclées comme la femme fatale faisant du gringue à ce cher Bruce Wayne, femme fatale dont le lecteur devinera facilement qu’elle est liée de près ou de loin aux récents évènements qui retournent la ville de Gotham. Le développement de ce personnage n’est pas sans rappeler celui de Selina Kyle et je m’arrêterai là pour ne pas vous en dévoiler davantage. Certains clins d’œil qui mettent le monstrueux Bane en scène sont clairement anecdotiques malgré les nombreux clins d’oeil à la grande saga KNIGHTFALL. Il ne reste que les quelques interventions de la Justice League se révèlent être particulièrement ennuyeuses et inutiles, reléguant le personnage de Flash au simple rang de « boulet de service » tandis qu’un « certain » combat opposant deux amis est bien trop vite expédié.

Côté édition, Urban Comics continuent leur politique de qualité avec une adaptation françaises des textes très bonne et très fluide, des illustrations ainsi que les covers de chaque numéro en fin de tome. Rien à ajouter tant l’éditeur sait ce qu’il fait et le fait très bien.

Batman : Le Chevalier Noir tome 1. Terreurs Nocturnes n’est ni mauvais, ni excellent mais oscille entre le moyen et le bon. Avec une approche psychologique intéressante mais laissée pour l’instant au second plan, avec un graphisme lugubre et « Spawnien » et un nouveau vilain manquant cruellement de charisme, cette nouvelle série ne s’impose pas comme étant incontournable tant elle fait preuve d’un certain recyclage d’idées déjà vu ailleurs et mieux exploitées également.

Lelouch

Note du rédacteur : 

Les +

  • Le graphisme, l’ambiance horrifique et lugubre maîtrisée.
  • Des questionnements intéressants pouvant donner à une bonne introspection de Batman à l’avenir.
  • La noirceur du récit.
  • Le clin d’œil à Knightfall
  • Batman VS Superman

Les –

  • Sentiment de déjà-vu et Justice League obsolète
  • Un nouveau super-vilain qui n’arrive pas à convaincre
  • The Flash, ce boulet…