Chronique Flash : L’équation

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équation

C’est avec un honteux retard que je termine enfin le dernier roman de Florent Kieffer. Au travers de son troisième écrit, faisant suite à Le Prince, la lune et les fornicateurs dont la chronique est parue dans nos pages il y a un peu plus de deux ans, l’auteur et enseignant s’est amusé à nous dépeindre ce sentiment complexe qu’est l’amour en essayant de résumer cette alchimie par une simple formule mathématique. L’équation nous conte l’initiation à l’interdit de Paul, lui aussi enseignant (fictif) et âgé de 25 ans, se questionnant sur ses sentiments envers la jeune Virginie, de 9 ans sa cadette et, vous l’aurez peut-être deviné, élève au lycée où il y partage sa passion pour les lettres. Cette situation particulièrement tabou dans le milieu enseignant permet à l’auteur de nous livrer une satire mordante d’un milieu qu’il connait mieux que quiconque en entremêlant performances amoureuses, sexuelles, et professionnelles. Il parait que, selon les lois de la biologie, l’amour est un processus chimique de courte durée de 3 ans. Trois ans, trois identités distinctes dans un couple (lui, elle, eux deux), troisième roman… Il serait facile de quantifier cette drôle de chose que l’on nomme ‘amour’ avec des choses simples et pourtant si évidentes. Pourtant, L’équation n’est en rien un roman facile et se paye même le luxe, bien au delà de son apparence modeste, de nous offrir un récit excitant et passionnant. Le style d’écriture faisant la force de notre professeur spinalien (ndlr : d’Épinal, en Lorraine) refait surface et nous rappelle à nous autres, jeunes adultes, nos discutions de collégiens. Il est ainsi aisé de comprendre chaque mot, chaque phrase, chaque dialogue, chaque paragraphe ponctuant ce bouquin. D’ailleurs, si l’histoire de ce roman parvient à si facilement nous toucher, c’est grâce à ce trouble entre l’adolescence et l’adulescence. Pas vraiment prêt à lâcher son âme juvénile, Paul tente de se rattacher à cette petite parcelle de joie qu’est Virginie, à la fois fougueuse, rebelle, et innocente. Après tout, ne sommes-nous pas nombreux à redouter le passage à l’âge adulte, tout en essayant peu à peu de se détacher de ce vilain gamin caché au fond de nous ? Faut-il s’essayer à des relations compliquées entre sa raison et son coeur avant de regretter définitivement d’avoir louper le coche ? C’est cet équilibre et ce positionnement difficile qui fait de Paul un personnage attachant, torturé par ce qu’il doit faire/ne pas faire et ce qu’il souhaite faire/ne pas faire, et totalement perdu tant dans sa vie personnelle que professionnelle. Et si le choix du titre L’équation s’expliquait par une égalité à trouver au travers de plusieurs variables, comme si Paul se devait de se placer au centre de choix difficiles à faire pour lui et son entourage ? Ou alors convient-il à Paul de voguer vers l’inconnu et d’y trouver au fur et à mesure de son périple les solutions à ses problèmes de conscience ? La réponse, elle se trouve au travers de la trentaine de chapitres à lire, soit un peu plus de 200 pages. A dévorer sur place, donc.

Note du rédacteur : etoile3edemie

Void.