Chronique : AFI – AFI (The Blood Album)

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Un dixième album éponyme attendu au tournant pour AFI, avec, comme à chaque fois, cet espoir égoïste de les voir revenir au son de Sing The Sorrow, c’est à dire, pour faire vite, remettre un peu de hargne dans leur rock. Une attente enfin récompensée, puisque, AFI (Blood Album) se veut un croisement entre le rock puissant et la mélancolie de Sing The Sorrow, le rock épuré de Crash Love et le cold-wave de Burials ! Et bien plus encore.

On regrette premièrement l’absence d’une intro épique vraiment marquante, comme ce fut le cas sur tous les albums du groupe jusqu’à présent (même « Torch Song » sur Crash Love avait ce côté grandiloquent dès ses premières notes), au profit de « Dark Snow », qui installe d’entrée une ambiance electro héritière de l’album précédent.

Le groupe ne s’est pas trompé en proposant les titres « Snow Cats » et « White Offerings » comme premiers singles, il s’agit clairement des tubes du disque, très STS comme on aime, avec des guitares lourdes, des mélodies puissantes et mélancoliques et beaucoup de passages criés sur « White Offerings ». Ça fait du bien à entendre !  Mais la plupart du temps, on flirte entre STS et le rock de Crash Love sur beaucoup de morceaux comme « Hidden Knives ». Les titres punk-rock comme « Get Hurt » sont sympas, mais ils demeurent néanmoins un peu simples et répétitifs en comparaison du reste (ils ne rivalisent pas avec ceux de l’album The Art of Drowning par exemple), malgré une composition à la guitare belle et inspirée. Quand même, on note généralement dans tous ces morceaux un pont qui vaut vraiment le détour. On apprécie par contre beaucoup le retour de guitares acoustiques qui se mêlent à l’électrique, notamment sur l’excellent « Still a Stranger », avec un petit côté « Fainting Spells » (Face B de DecemberUnderground) et un chant énervé de Davey, qui était bien trop rare sur Burials.

La bande ne s’embête pas pour passer d’un son à l’autre, en témoigne l’arrivée soudaine de « So Beaneath You », avec un son punk très brut/crade, semblant surgir d’une autre décennie, pour notre plus grand plaisir ! Davey y réaffirme son athéisme et replace l’humain au centre : « There is no one higher than this blood, and I won’t serve anyone, no there is nothing above. » On y trouve d’autres titres tout aussi punk comme « Pink Eyes » avec un son de guitare et une basse old school as fuck, et « Dumb Kids » qui sonne très ancien ancien AFI. La présence de ces morceaux peut surprendre en 2017, mais on ne va clairement pas s’en plaindre !

On se laisse également séduire par le charme d’« Aurelia », une power-ballade post-punk tout ce qu’il y a de plus envoutant.

Le final se veut un peu plus exploratif avec la légère « Feed from the Floor », où un piano se mêle aux guitares, et où les lignes de chant sont parfaites, des fragiles couplets (« Flesh on flesh on the dry earth, our reflections are the same, wearing dust, match the desert, past is captured as it’s made ») au refrain tubesque (« You’re watching as I fade, fading as I’m watching every word I say, loving how I fade, wilting like a flower, knowing that the rain… »).

Carrément rock’n’roll/bluesy sur « The Wind That Carries Away », AFI nous offre pourtant un refrain émotionnellement intense typique (« And the wind that brought me down, cannot stay. And the wind that carried me out, carries me away, carries me away » accompagné de choeurs en oh oh comme on les aime tellement.

Sur le papier, The Blood Album a tout pour plaire, tous les ingrédients sont là. Il revient sur toutes les périodes du groupe, notamment nos préférées, celles que l’on fantasmait (STS) et celles que l’on aurait plus cru possible (TAOD et avant). Malgré un patchworks de sons différents, l’album peine pourtant paradoxalement à faire émerger des titres vraiment marquants (il faut aussi dire que les textes et les structures sont bien moins complexes/poétiques aujourd’hui qu’à l’époque de STS), et l’ensemble s’écoule avec une impression de redondance, dont nous sortons de temps en temps au détour d’une note, d’un pont magnifiquement orchestré, d’un refrain qui prend aux tripes ou d’un passage énervé (et en ce sens, les 4 derniers morceaux font un sans-faute). Loin de nous pourtant l’envie de minimiser les qualités du disque, car c’est le AFI qu’on rêvait de réentendre (et je suis ultra fan des singles sortis jusqu’à présent, je pourrais même dire que « White Offerings » est ma chanson préférée depuis 2003), qui se veut de plus généreux avec ses 14 pistes, simplement, on ne peut s’empêcher de ressentir une certaine frustration, malgré tout. 

Note du rédacteur : etoile3edemie

Sylvain.

1. Dark Snow
2. Still a Stranger
3. Aurelia
4. Hidden Knives
5. Get Hurt
6. Above the Bridge
7. So Beneath You
8. Snow Cats
9. Dumb Kids
10. Pink Eyes
11. Feed from the Floor
12. White Offerings
13. She Speaks the Language
14. The Wind That Carries Me Away

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