Chronique : Avenged Sevenfold – The Stage

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Trois ans après Hail to the King, un album qui aura autant cartonné dans les charts que ce qu’il aura reçu de critiques, Avenged Sevenfold nous revient avec The Stage, un album qui en est presque l’antithèse, proposant une ambiance onirique semblable à celle de Nightmare (2010), sauf que le thème de la mort est remplacé ici par celui de la création, des origines de la vie, des intelligences artificielles et enfin de l’exploration spatiale.

Un disque qui se veut plus dynamique que Nightmare, avec déjà des classiques comme le single de 8 minutes « The Stage » (ce refrain est une tuerie : « Who is the crowd that peers through the cage, As we perform here upon the stage?  Tell me a lie in a beautiful way, I believe in answers, just not today », « Creating God » qui s’interroge sur le pouvoir que nous donnons aux ordinateurs sur-intelligents (« We’re creating god, master of our designs, We’re creating god, unsure of what we’ll find« ), le morceau presque punk « Fermi Paradox » avec pourtant un chant léger et planant, avec surtout moins de ballades, hormis l’envoûtante power-ballade « Angels », vraiment magnifique, et le morceau très calme et orchestral « Roman Sky », héritier sobre mais tout aussi réussi de « A Little Piece of Heaven ». On sait le père du guitariste Synyster Gates bluesman, et c’est une influence que le fils a déjà mis en avant, notamment sur Nightmare, ici on voyage également en-dehors des frontières du metal avec les orchestrations hispaniques de « Sunny Disposition » ou le pont génialement bluesy de « God Damn », qui alterne metal et acoustique, comme le groupe sait le faire avec brio. Vraiment plus expérimental, avec pour seule ligne directrice le concept qui les a motivé, le groupe s’évertue à recréer le Big Bang avec « Exist », un morceau de 15 minutes, qui vous fera revivre l’émergence de l’univers, le calme avant la vie, et la voix de l’Homme qui s’élèvera enfin, avec en prime la participation de l’astrophysicien Neil deGrasse Tyson dans le but d' »éduquer » les fans. Un disque tout simplement inspiré, tant dans le fond que la forme, où chaque morceau a sa place, avec la batterie fracassante de Brooks Wackerman (ex-Bad Religion) et un chant continuellement intense, beau, où M. Shadows donne tout ce qu’il a en terme de puissance.

Moins tubesque que Hail to the King dans son approche, The Stage met du temps à se dévoiler, mais une fois que l’on s’y est ouvert, on s’en veut presque de ne pas avoir vu tout son potentiel lors des premières écoutes. J’aime à penser que c’est la marque des grands disques, ceux que l’on écoutera longtemps, sans se lasser (et de toute façon, avec plus d’une heure de musique, vous ne risquez pas de vous lasser rapidement). Certainement leur album le plus organique, avec très peu d’effets hormis quelques touches electro et orchestrations, leur plus rock’n’roll par essence. Leur meilleur ? On peut se laisser aller à le penser.

Sylvain L.

Note du rédacteur : etoile5

Les + :
– M. Shadows était inspiré et cela se ressent tant dans les textes que dans sa performance
– un album presque timide qui se révèle au fur et à mesure titanesque
– une ambiance mystique et spéciale, comme le proposait déjà Nightmare
– pas un morceau à jeter

Les – :
– l’illusion de penser au début que ça manque de tubes

01. The Stage (8:32)
02. Paradigm (4:19)
03. Sunny Disposition (6:41)
04. God Damn (3:42)
05. Creating God (5:35)
06. Angels (5:41)
07. Simulation (5:31)
08. Higher (6:29)
09. Roman Sky (5:00)
10. Fermi Paradox (6:31)
11. Exist (15:39)

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