Chronique : Chunk! No, Captain Chunk! – Pardon My French

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Sympa sans plus, le premier album des Chunk! No, Captain Chunk! se démarquait surtout de par leur nationalité (comprenait par là que je n’aurai probablement pas écouté si le groupe ne venait pas de France). Cela ne lui enlevait pas quelques morceaux très réussis (« In Friends We Trust » ou l’acoustique « For All We Know »), étrangement les morceaux les plus « calmes » de la galette.

Néanmoins, avec le buzz aidant et le véritable rêve américain vécu par le groupe, on ne pouvait passer à côté de leur second album, Pardon My French, au titre plus qu’évocateur, dans un monde  où les Français sont mi-cute mi-frogs (il suffit de lire les propos racistes tenus par des lecteurs d’AbsolutePunk).

On reproche parfois au groupe d’oublier son pays, pour vivre son rêve américain à fond (qui ne le ferait pas ?), mais cette impression me semble largement erronée, outre le titre du nouvel album, il suffit de voir l’artwork choisi pour s’en convaincre : Napoléon ! Quel meilleur moyen  de « représenter » la France, sinon en utilisant une figure emblématique. Sans parler des nombreux featurings qu’accorde Bert, le chanteur, pour donner un coup de pouce aux groupes nationaux.

Le choix de « Restart » pour présenter le nouvel album était le meilleur que le groupe pouvait faire. Déjà parce que le titre innove dans ce qui – à mes yeux – manquait cruellement au premier album : du catchy et des refrains qu’on aura envie de chanter, mais aussi parce que les paroles collent parfaitement au contexte : « Can we just be proud tonight, ‘Cause again we cross the starting line« . Cet apport mélodique rapproche davantage la formation de groupes comme blink-182 (pop-punk) que A Day To Remember (happy-hardcore), leur influence principale jusque là.

On note une belle progression musicale avec des passages se faisant vraiment remarquer, notamment sur « Bipolar Minds », entre avalanche de breakdowns maîtrisés et guitares crissantes. Surtout l’impression générale que rien ne trahit leur nationalité (pas de sous-rock made in France).

Si le chant mélodique est ce qui rend ce disque meilleur que son prédécesseur, les parties criées/hardcore ne sont pas non plus en reste, en tout cas moins que ce que le laissait penser les premiers titres dévoilés sur la toile. Passés les 3  premiers morceaux les plus poppy, on retrouve des titres vraiment plus bourrins comme « Pardon My French » ou « I Am Nothing Like You ».
Le chant n’aura d’ailleurs pas fini de diviser tant il contraste avec la voix de « kid » du chant clair (pourtant assuré par la même personne), ce qui surprend un peu aux premières écoutes, mais on s’y fait sur le long terme (tout en se disant que ça serait encore meilleur s’il n’y était pas… ou autrement !).

On note quelques envies d’expérimenter en fin de disque, comme « So Close And Yet So Far », plus proche de l’indie-emo de Transit, avec ses arpèges et son chant émotionnel, que du son habituel du groupe, ou encore le titre final, « The Best Is Yet To Come », avec son final faisant intervenir des choeurs.

Enfin il est important de parler des textes, très typés « scene » : « Don’t you having anything to stand for, so how can you just wait? It’s time to change your fate » (« Taking Chances ») et plein d’espoir : « Get up, open your eyes, you’re just like everyone, you waste all your time faking your smiles, wake up, look at your life, you don’t need to stalk mine » (« Haters Gonna Hate »), reflétant parfaitement le parcours du groupe jusque là.

Avec ce deuxième album, produit par Joey Sturgis, un habitué du metalcore, Chunk! No, Captain Chunk!, ont simplement placé la barre plus haut. En rajoutant plus de pop-punk dans leur formule, ils ont rendu leur musique bien plus agréable à écouter, sans pour autant trahir les fans du premier album qui retrouveront leur dose de hardcore. Les deux étant constamment mélangés, l’avantage est de ne pas laisser un morceau de côté, il y a simplement des passages que l’on aime moins que d’autres au sein d’un même morceau.
Prouvant qu’ils étaient plus qu’un groupe ayant eu de la chance, les C!NCC! ont maintenant affirmé leur place dans la scène pop-punk/hardcore mondiale. Reste désormais à sortir LE vrai grand disque, celui qui transcendera les genres et qui, on l’espère, sera le prochain. En attendant, on prendra quand même du bon temps avec ce Pardon My French.

Sylvain.

Note du rédacteur : starstarstarstartransparent

Les + :
-chant clair catchy
-meilleur à tous les niveaux
-respecte les fans du 1er album

Les – :
-les cris
-manque de variété
-une jolie ballade aurait été bienvenue

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