Chronique : Day Wave – The Days We Had

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Sous le nom Day Wave se cache un unique artiste qui, derrière une étiquette aussi vague que foutrement mainstream (la dreampop), s’emprunte de naïveté et de mélancolie pour nous servir une musique bien plus vieille que lui. Une pop juvénile qu’il fait du bien de retrouver à certains moments clés de notre vie. Dans laquelle il fait bon de s’abandonner, et contre laquelle se blottir vous apportera chaleur et réconfort. The Days We Had n’est pas uniquement un reflet de nostalgie où l’on y retrouvera nos regrets, nos erreurs, nos amours, nos déceptions, … c’est aussi un très bon album que je vous invite à découvrir avec moi et dans ces lignes si vous manquez de lumière dans votre quotidien. Prenez ma main, suivez-moi.

L’écriture de Day Wave est plutôt simpliste, mais ce n’est pas une mauvaise chose. Elle nous permet de s’identifier facilement au sujet et d’y saisir rapidement chaque facette de ses morceaux. I’m laying around / My head on the ground / I feel like I’m sinking in. Qui ne s’est jamais senti submergé par un trop plein de souvenirs que l’on aurait aimé sortir de notre tête ? Se rapprochant d’un titre presque shoegaze dans l’esprit, cette légèreté vocale apportée par le premier titre « Something here » contraste totalement avec des lyrics plus adulte et ce n’est d’ailleurs pas le seul à user de ce schéma là. « Wasting Time » est l’exemple même de la simplicité dont fait preuve notre Californien désormais favoris avec une structure couplet/pont/refrain répétée basée sur son sujet. Come down / I won’t come back down / I’m too burnt out, again / I know / I’ve done this before / I’ll just fall out, again. Un petit dernier peut-être ? « Promises » s’éloigne de ce chagrin environnant pour une chanson d’amour particulièrement réussie.

‘When I see you my arms feel weak
When I see you I cannot speak
Promise me you won’t run away with my heart

Promise me you’re not trying to kill it
Promise you won’t leave me in the dark’

Une déclaration poignante dans laquelle nous nous retrouv(er)ons tous, sur fond de MV rétro à souhait à l’esthétique particulièrement réussie. On aime, tout simplement. Et le plus beau, c’est que chaque titre trouve sa place au sein d’une tracklist certes on ne peut plus homogène, mais loin pour autant d’être indigeste. Que ce soit « Home » et son texte tenant sur 3 lignes (réellement), « Bloom » et son absence de paroles démontrant que Day Wave propose aussi et surtout de belles mélodies, « On your side » et son orchestration plus osée qui vous feront tirer quelques larmes, ou bien « Disguise » et son rythme apathique s’expliquant par un souhait de traduire le fameux ‘dead inside’ (All I can do is keep away from you / I could be messed up inside but perfect in your eyes / Take this from me cuz I’m dying quietly / We could be messed up inside but perfect in our eyes), certains titres entrecoupent The Days We Had d’une ambiance différente, d’un petit quelque chose qui chamboulera les émotions créées par une écoute particulièrement vivante. Parce qu’il n’est tout simplement pas possible de ne pas être interpellé par cet album.

Et si celui-ci ne brillera ni par sa technique ni par son originalité, chacun de ses morceaux abordera un à un un sujet de notre quotidien. Le fait de n’être qu’un parmi d’autres avec « Ordinary », cette envie de s’isoler pour ne pas blesser son entourage (But I wanted to be here under the ground, and you don’t want to be here) avec « Untitled », liée de près à « Bring you down » (I wanna be around, but I, I bring you down) ou encore l’évasion adolescente dont l’on rêve tous avec « I’m still here » (Sometimes I still think I’m a teenager / Looking down / I close my eyes and try to disappear). Chacun se fera sa propre interprétation selon son vécu, son histoires, ses envies aussi, et là est toute la force de ce The Days We Had.

Quant à moi, je ne brillerai peut-être pas par mon objectivité, car il est difficile de vous cacher que mon état d’esprit du moment joue très certainement un rôle majeur dans le fait que j’apprécie énormément cet album aujourd’hui. Mais peu importe, puisqu’un album n’a pas à être appréciable chaque jour de notre vie pour être partagé. Derrière une certaine simplicité musicale, derrière des textes directs et faciles à comprendre, derrière un album basique en soi se cache un artiste qui nous y livre son vécu, ses émotions, son mal être et ses espoirs, où l’on y trouvera tous un sujet plus profond qu’il n’y parait, qui nous concerne et qui parlera à tous. Nul besoin de riffs techniques ou de textes métaphoriques, ou d’un parfait éclectisme musical, pour y livrer son inner self. Et c’est selon ma vision des choses le plus important lorsque l’on fait de la musique, pas vrai ?

Void.

Note du rédacteur : etoile4edemie

Les + :
– Des textes abordables aux sujets qui parleront à tous
– Des mélodies irréprochables, entre dreampop et shoegaze
– Aucune interlude, aucun blabla, 11 vrais titres !
– Un album mélancolique et nostalgique qui fait du bien au coeur.

Les – :
– L’apprécierez-vous tout autant que moi ?

01 “Something Here”
02 “Home”
03 “Ordinary”
04 “Untitled”
05 “Bloom”
06 “On Your Side”
07 “Bring You Down”
08 “Wasting Time”
09 “Promises”
10 “Disguise”
11 “I’m Still Here”