Chronique : BOARS – There will be parties, there will be fun, there will be gallows for everyone

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Si vous suivez l’activité de Smash Hit Combo, vous devez à coup sûr connaître le projet initial et relativement tentaculaire de Maxime Keller (voix) : BOARS, qui nous gratifie enfin de son premier album après une longue maturation.

Sobrement baptisé There will be parties, there will be fun, there will be gallows for everyone ce disque permet d’apprécier dès les premiers instants une approche artistique electro/punk plus précise et un univers travaillé, digéré dont les influences s’étalent sur plusieurs générations et sous-genres musicaux, là où BOARS était d’un touche-à-tout extrême sur ses premiers essais (« Toyboy », « Immature »…) L’album recentre les choses et aborde douze titres béton construits de manière cohérente autour d’un fil rouge palpable alimenté de quelques interludes bien classes.

Max (et son timbre de voix reconnaissable logé entre Chester Bennington et Austin Carlile) et les autres membres de cet orchestre biomécanique jouent avec les genres, de l’indus au rap, du néo metal à l’électronique, le noyau-dur de l’album rassemble un lot certains d’influences reconnaissables soutenues par la production massive (signée CHS Prod), accentuant son effet Madeleine de Proust. On s’autorise le droit de penser autant à Nine Inch Nails que Linkin Park, RAMMSTEIN et Orgy durant le parcours de « 3% » à « Berzerk », pourtant ce qui démarque BOARS des autres, à la façon d’un Cane Hill réside autant dans l’amour apporté aux compositions que le fait que Max sache où appuyer exactement pour faire mal ou a contrario se rendre plus accessible afin de donner à la musique de BOARS un angle hybride qui mêle sens affûté de la violence et une affinité mainstream improbable.

Parfois inquiétant (« Gospel/Warsongs ») souvent aérien (« Guilty ») et incisif, There will be parties[…]everyone exécute brillamment l’exercice de rendre accrocheuse une fusion des genres difficile grâce à son habile dosage qui vise juste à chaque fois. Très inspiré, produit d’une main de maître et branlé avec talent, le premier album de BOARS est sûrement l’un des disques français les plus personnels et audacieux qu’on a pu écouter depuis un long moment, un disque aussi rassurant que déroutant sur lequel règne un sentiment familier qui appelle à y revenir une fois la lecture terminée. On se prend même à croire, avec un cynisme certain, que BOARS représente la relève franche de Sidilarsen. Avec son très solide et impressionnant premier album, BOARS promet d’être à la France son nouveau Chunk No, Captain Chunk! en devenir. 

There will be parties[…]everyone est autant une friandise de Noël qu’un disque qui n’a pas fini de faire parler de lui grâce à ses puissantes qualités et ses partis pris parfois encore obscurs et inédits dans le paysage de la scène française. En douze titres, le projet de Maxime Keller vient de redéfinir les codes de la musique chez qui il pioche çà et là, mi-machinal, mi-organique, éclatant les barrières et dessinant la silhouette du rock de demain. A vous procurer d’URGENCE !

Note du rédacteur : 

Julien-K.