Chronique : Futsu – Semi Phantom

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Nous vous parlions il y a deux semaines de la sortie du nouvel EP des FUTSU, prévu pour être révélé au public lors d’une release party le 25 novembre prochain. Détaillons un peu la chose : voici déjà une longue année que House of Wolves couvre les événements importants liés à leur activité. Premier clip, premier album, … Aujourd’hui, le groupe nous invite à vous parler du contenu de cet EP et ainsi faire le lien avec son grand frère Body Island. Je vous invite alors à vous plonger dans la chronique linkée pour tous les détails à connaitre sur cette formation parisienne atypique ayant opté sur ce Semi Phantom pour un son dorénavant plus électronique et plus électrique. Reste à savoir si cet EP amorce un virage musical définitif ou si celui-ci enrichit un univers déjà coloré à souhait.

A la première écoute, on se rend vite compte que d’un point de vue purement musical, le schéma a bien évolué. L’aspect freak pop confiant une véritable identité à Body Island s’est peu à peu effacé pour laisser place à des nappes digitales aux synthés plus loufoques de « Semi Phantom ». Concrètement, celui-ci se veut comme une démonstration du nouveau potentiel de FUTSU sur ce nouvel EP, sans pour autant nous marquer l’esprit comme ce premier album parfait en tout point a pu le faire. C’est cependant avec le second morceau « Scratch Dynamics », illustré avec un MV des plus funky (voir en bas de la page) que ce Semi Phantom révèle toute sa puissance avec un morceau plus FUTSU-ien comme on aime en entendre de leur part. Rythmique des plus percutantes appuyée par des touches de synthé mieux inscrites dans la composition de celui-ci, refrain obsédant à s’en éteindre la voix, solo de guitare des plus réussis, et choeurs de fin lancinants… par de doute, la signature du groupe est bien là. Ayant accroché à Body Island pour sa singularité, je dois avouer que dès qu’un morceau ne s’inscrit pas dans cette approche novatrice et parfois même expérimentale, celui-ci tombe pour moi à plat rapidement. Et en dehors du premier morceau, donc, le reste est à tomber.

A commencer par « Krakatoa ». Honnêtement, je pourrais développer toute cette chronique sur ce morceau, mais autant être clair et concis : il s’agit ici d’un des meilleurs titres du groupe et surtout l’un des plus touchants. Dès les premières notes, une atmosphère rétro s’offre à nous pour un voyage des plus séduisants. Je ne saurais vous dire ce qui rend ce titre si particulier à mes yeux, peut-être le fait d’avoir un chant alterné, peut-être cette ambiance si chaleureuse, si parfumée, ou encore ce refrain… quel refrain. Le chant y est flatteur et s’autorise de belles notes, les clap clap y rajoutent une belle part d’humanité et, vous savez, il s’agit du genre de morceau qui vous fait ressortir de nombreux souvenirs ainsi que de délicieuses émotions qui vont avec. Jetez-y une oreille, vous y reviendrez ! « Lucid Dreaming » se rapprocherait à ce propos plus de Body Island avec cette pointe de modernité qu’offre Semi Phantom, où l’on retiendra encore une fois le chant de Mike faisant office de véritable support à l’ensemble des instruments, sans lequel ceux-ci tomberaient à l’eau. Et lorsque l’on parle d’eau…

S’ensuit l’insondable « Underwater Crush », sa guitare obsédante et son pont d’un chant pour le moins… mermaid. Vous êtes vous déjà senti happé par une sirène aux charmes indéniables  ? Pas celles chez les Grecs, plus proches des Harpies, mais celles des mythes nordiques, belles à en tomber, à la voix hypnotique et manipulatrice… pas de doute, l’effet est ici le même. Difficile de résister et impossible de ne pas y succomber. Mais FUTSU est plus qu’une voix, FUTSU est et reste un ensemble cohérent où chaque musicien rajoute un véritable plus, même si je regrette la mise en retrait progressive du violon de Mélissa. Violon qui, à mon sens, faisait toute la beauté de Body Island. D’ailleurs, « Skull Noir » aurait du profiter de cette douceur et de cette légèreté qui, même apportées par de belles harmonies acoustiques, ne comblent pas ce vide en moi. Mais là, il s’agit de mes goûts personnels et il se trouve que la plupart des titres composant cet EP se veulent déjà bien embellis et joliment développés.

Difficile de ne pas comparer Body Island et Semi Phantom tant le premier excelle dans son domaine et tant le second s’en éloigne tout en optimisant un son qui a déjà fait ses preuves en live. Pris à part, ce nouvel EP réussit là où nombre ont échoué : proposer une musique moderne, originale et on ne peut plus personnelle sans pour autant se perdre dans l’utilisation de samples électroniques usés jusqu’à la moelle. Chaque titre possède son propre univers, sa propre signification, et cette envie d’aller plus loin que ce que l’album proposait. On regrettera l’absence de violon, cette envie de s’éloigner des influences ‘tropicales’, ainsi que de nombreuses choses qui caractérisent Body Island, mais pour moi, la transition est réussie. On aurait cependant peut-être aimé en entendre un peu  plus, notamment lorsque les morceaux ne dépassent pas les 4 minutes… à quand la balade de 6-7 minutes ? Ce n’est qu’une idée parmi d’autres… 😉

Void.

Note du rédacteur : etoile3edemie

Les + :

  • Une belle utilisation des sons électroniques
  • Les synthés !
  • Toujours aussi original, personnel, et bien interprété
  • Des refrains toujours plus marquants

Les – :

  • Un premier titre qualitativement en deçà des autres
  • Une basse un peu plus en retrait par rapport à Body Island, et peu de violon
  • Des morceaux n’excédant par les 4 minutes

01. Semi Phantom
02. Scratch Dynamics
03. Lucid Dreaming
04. Krakatoa
05. Underwater Crush
06. Skull Noir