Chronique : The Nearly Deads – Invisible Tonight

, Le

Les zombies sont sur le devant de la scène depuis l’adaptation TV du comics The Walking Dead, tout comme le sont les The Nearly Deads depuis 2011 grâce à un plus qu’excellent premier EP éponyme et, surtout, le clip de « Never Look Back ». Trois ans et un second EP plus tard (ndlr : chronique dans nos pages) ont donné naissance à un premier album intitulé Invisible Tonight. Si le phénomène Nashvillois n’a cessé de croître ces dernières années, il convient de mentionner que le charme principal du groupe repose sur la chanteuse TJ dont la voix pop se mêle parfaitement bien à une instrumentale entre rock alternatif et influences grunge. Si le groupe a pu surprendre par le passé avec un son hybride, la question qui se pose est : est-ce qu’aujourd’hui TND parvient à tenir la longueur sur pas moins de 11 titres ?

Après une première écoute, très sincèrement, j’aurais eu envie de répondre non. Mais une chronique ne se compose pas après une seule écoute, surtout quand le premier EP reste pour le rédacteur une référence absolue en terme de rock alternatif ‘female voiced’. Difficile, donc, d’y maintenir sa relative objectivité. Car plus les titres défilaient, plus le spectre de ce premier EP se faisant insistant en me faisant de grands signes de la main histoire de me rappeler que lui était là avant. Mais il serait injuste de comparer les deux en défaveur du dernier né puisque comme tout groupe, TND a évolué avec le temps. Après avoir mis de côté mon coup de coeur 2011, voici ce que j’ai pu retirer d’Invisible Tonight.

Le disque est lancé par une première inédite, dont le clip délaisse l’univers Z pour s’inspirer du film ‘Le monde selon Wayne’ (ou ‘Wayne’s World’ en VO). Invisible Tonight débute ainsi en grande pompe par « I Said » qui remet au gout du jour les sonorités du groupe. Pop-rock aux riffs mélodieux, piano en background, voix pop toujours aussi séduisante, … il faut avouer que le titre promotionnel de l’album s’en sort admirablement bien. Tout comme My Chemical Romance en son temps, il semblerait que The Nearly Deads ait misé sur un son bien plus mélodique qu’auparavant, en mettant en retrait le rock alternatif à l’inspiration grunge de leurs débuts. Une recette qui fera ses preuves tout le long de l’album avec des titres comme les deux slow-ballad « In the Morning » et « Our Last Adventure » qui casseront un peu la linéarité de l’album à la moitié et à la fin de celui-ci. Quant au titre éponyme faisant suite au titre d’ouverture, celui-ci se rapprocherait bien de ce fameux premier EP. Si je souhaitais ne pas en parler, difficile d’éviter de le mentionner à l’écoute de titres réellement rock.

Parmi les 11 titres composant l’album, « Changeover » et « Brave », qui ont été découvertes avec Survival Guide, s’offrent une place de choix au milieu des inédites. Si l’on notera que ces deux compositions n’ont subi aucune modification (et c’est tant mieux), il semblerait après rapide réflexion que Survival Guide ait en réalité fait la transition entre premier EP/premier album en proposant une compilation des sonorités avant et après (ndlr : puisque celui-ci comprend 2 inédites,  pour 3 déjà parues). Autant dire que l’on pouvait, sans le savoir, déjà s’attendre à un son légèrement plus lissé qu’auparavant.

Et justement plus proche de leurs nouvelles sonorités qu’autre chose, « Paper Doll », Easy Way Out » et « Point of No Return » suivent un schéma purement TND avec une approche plutôt étonnante : celle de se rapprocher presque d’un pop-punk mélodique. Que dis-je… Ne prenez pas en compte le ‘presque’. Car dorénavant, il faudra compter sur une composante punk plus marquante qu’auparavant… non sans rappeler The Black Parade (MCR), dont les musiciens semblent s’inspirer de plus en plus. Il aura fallu attendre « You Got Me » et ses cassures de rythme pour pouvoir ENFIN confirmer qu’Invisible Tonight tente de nouvelles choses pour un groupe dont la technique passe au second plan. Car si l’on pourrait reprocher quelque chose à cet album, ce serait le manque de recherche d’innovation et finalement, peut-être, un album trop homogène malgré une envie d’alterner titres pop-rock et titres pop-punk. Mais qu’importe, le tout se révèle très efficace et plus qu’addictif.

On retrouve aussi dans ce tout la version acoustique de « Never Look Back » toujours sous-titrée ‘reanimated’ et qui ne me plait toujours pas. Malheureusement, celui-ci clôture aussi l’album… j’ai pour ma part décidé d’en faire abstraction dans ma playlist, mais autant dire que terminer un si bon album par une note aussi amère est très dommage.

Vous l’aurez compris au fil de votre lecture, The Nearly Deads et leur premier album ont su me faire oublier ma première impression en proposant non pas seulement une évolution de ce qu’ils faisaient déjà, mais aussi de merveilleux morceaux qui s’écoutent très facilement et nous font voyager avec un son à la croisée pop et punk, toujours doublé d’une volonté de rendre le tout réellement accrocheur. Bien que loin d’être original, bien que loin d’être novateur, bien que loin d’être technique, Invisible Tonight se veut être un album plaisant, réussi, et surtout addictif. On attend maintenant avec impatience l’annonce d’une tournée européenne, bien que cela ne semble pas prévu au programme… pour l’instant.

Note du rédacteur : etoile4

Les + :

  • 9 inédites sur 11 titres, ça fait plaisir !
  • Des titres parfois à l’allure pop-rock, parfois pop-punk
  • La voix de TJ, toujours aussi addictive
  • Des musiciens qui savent jouer ce qui jouent, et qui le font merveilleusement bien…

Les – :

  • Un très bon album clôturé sur un titre en deçà du reste
  • … bien que le résultat ne soit pas novateur du tout, mais qu’importe, ça sonne bien et on en redemande !

N’hésitez pas à jeter un oeil à notre interview ! FR ou EN.