Interview Exclusive : AqME

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Juste avant de monter sur scène au Silex à Auxerre, nous avons eu la chance de pouvoir poser quelques questions à Etienne, Julien et Vincent d’AqME, respectivement batteur, guitariste et chanteur du groupe. Ils se sont livrés à propos de l’enregistrement de leur album  » Dévisager Dieu «  sorti en 2014, le premier depuis le départ de Thomas, chanteur du groupe. Flashback sur plus de 15 ans de carrière et des centaines de concerts.

HOW : Bienvenue à AqME à Auxerre, C’est un plaisir de vous recevoir !
Etienne : Merci !
Vincent : Plaisir partagé !
E: Joie d’offrir, plaisir de recevoir !

HOW : Alors, est-ce que vous pouvez présenter le groupe pour ceux qui ne vous connaitraient pas encore ?
V : Alors on vient de sortir un E.P…
E : Notre premier 4 titres ! (rires)
V : Non, le groupe existe depuis, plus de 15 ans maintenant. 7 albums, beaucoup de concerts à travers la France, la Belgique. Au Canada, en Australie, aux Pays-Bas …
E : Et on a eu quelques changements de line-up qui nous ont menés au line-up d’aujourd’hui
V : A savoir un changement de guitariste et de chanteur !
E : Et on vient de sortir Dévisager Dieu à la fin de l’année dernière.

HOW : Effectivement il eu a eu de nombreux changements comme l’arrivée de Vincent à la place de Thomas. Qu’est-ce que ça fait d’enfin sortir un album, il y a eu les Sentiers de l’Aube mais c’était un E.P, mais en ayant travaillé avec Vincent dès le début ?
V : Ca boucle la boucle étrangement, j’ai envie de te dire que le processus normal dans un groupe c’est : tu enregistre l’album et tu vas le défendre sur la route et tu reviens en studio. Là pour le coup j’avais pris la tournée pour défendre l’album Épithète, Dominion, Épitaphe
E : Album que tu n’avais pas enregistré ! C’est ça qui était un peu particulier !
V : Et donc c’est après avoir commencé à tourner pour défendre notre album actuel que la boucle était bouclée au lieue d’être au début du studio. Ça nous a fait du bien, ça nous a permis de franchir une étape en tant que groupe, parce que c’est vrai que pendant 2 ans avant que l’on enregistre l’album j’étais mais dans nos esprits, même s’il y a un super feeling et tout, pour moi ça a été un super truc de faire cet album car ça m’a permis de me sentir super intégré à donf ! Et on a fait des super titres, on s’entend super bien… Et voilà !
E : Pour nous ça a été naturel mais il a falu quand même que l’on prenne un peu de temps pour savoir ce que l’on voulait avec Vincent au chant, ré-affirmer qui est AqME, quel groupe c’est et en plus avec un nouveau chanteur. Donc c’était important de garder notre identité mais en même temps de continuer à avancer, donc ça a pris un peu de temps tout ça mais ça s’est fait très naturellement et puis au bout d’un moment on a eu des déclics qui ont fait que l’on a su vers quoi on tendait pour ce disque là.

HOW : Et justement le fait qu’il y ait beaucoup de changement, AqME a beaucoup évolué depuis Sombres Efforts. Cette question est pour toi Etienne : Qu’est-ce qu’il reste du AqME de Sombres Efforts que tu as connu ?
E : Il reste l’essentiel en fait, les contrastes !
V : La musique en elle même !
E : Exactement, pour nous AqME c’est un mélange de calme et de violence et je pense que notre dernier album est réellement l’essence même de ce mélange là. On a des passages qui sont plus violents que jamais, des influences vraiment extrêmes, intelligemment distillées comme ça : des petites influences Black Metal, des petits trucs de Death… Sans pour autant tomber dans les gros clichés mais plutôt faire des clins d’oeils et apporter de la matière en plus et des ambiances. Et par ailleurs on a des ambiances hyper calme et apaisées, parfois sombres ou lumineuses et y’a un peu de tout ça et tant que notre musique sera nourrit de ces contrastes là AqME sera toujours AqME. Je pense que le dernier album est vraiment un album d’AqME. C’était un peu moins le cas sur l’album précédent qui était un beaucoup plus bourrin tout le temps et avec le recul on s’est rendus compte que ce n’était pas 100% ce qu’était AqME et qu’on avait probablement poussés le bouchon un peu loin, que c’était une bonne idée d’avoir fait ça au moment où on l’a fait car ça nous a vraiment poussé à aller vers l’avant mais qu’on avait vraiment besoin de renouer avec une certaine forme de mélodie que Vincent pouvait nous apporter.
Julien : C’était dut à des choses que l’on avait à se prouver à nous même en fait.
E : Oui, un challenge de musicien de faire un album difficile et Epithète était plus un album de musicien.

HOW : Est-ce que le fait d’avoir gardé cette essence AqME malgré les changements de line-up est une fierté ?
E : Oui bien sur ! Si on ne l’avait pas gardé on aurait été honnêtes avec nous même et l’on se serait dit : « Non il ne faut pas continuer, il faut changer de nom et caetera… »
V : C’est vrai qu’on s’est posés la question à un moment quand je suis arrivé. Les gens ont commencé à dire « Ouais, c’est plus AqME, il reste plus que deux membres ! » En même temps excuses moi, on est quatre ! Deux forcément on arrive vite à la moitié !
E : Puis les gens ont très vite été rassurés en concert !
V : Pour nous le nom AqME puise vraiment là dedans, s’il est là c’est parce que la musique c’est du AqME point barre. C’est pas les membres qui font le nom du groupe.
J : Tu prends pour moi le cas d’In Flames qui est un des meilleurs exemples qui existe c’est que aujourd’hui il n’y a plus aucun membre originel du groupe et pourtant tu écoutes le dernier album et tu fais « Bah ça reste toujours le même groupe ! » alors qu’il n’y a plus aucun mecs de l’époque !
E : Puis c’est quand même assez flatteur d’être reconnu pour ce que l’on fait et qu’on nous reconnaisse assez immédiatement quelque soit notre chanteur. Qu’on ait une patte ! Qu’on puisse l’expliquer ou pas apparemment on a un truc, une personalité et ça franchement on ne peut qu’en être fier quoi, car tous les groupes n’ont pas cette chance là, d’être reconnus pour quelque chose !
J : C’est vrai qu’individuellement pour certaines personnes du groupe on est en quête, quand on écoute de la musique, de groupes qui ont cette personnalité ! Peu importe le style de musique, pour moi c’est vital !
V : C’est pour ça, on parlait du Metalcore tout à l’heure, je te disais « j’espère que tu fais pas du Metalcore » c’est parce qu’il y a tellement de groupes qui se ressemblent.
J : Ca dépend ! Si tu fais mieux que les autres !
E : Exactement, peu importe le style de musique l’essentiel c’est d’être quand même soi même !
J : Si tu le fais avec la justesse qu’il faut, la sincérité et avoir un truc en plus, on s’en fiche de savoir que c’est du Metalcore ou du Zouk !

HOW : Comment s’est passé la composition de cet album ?
V : Alors on a appelé Jean-Jacques Goldman, on lui a glissé un petit billet de cent par chanson et il nous a fait un album !

HOW : Parfait !
E : Ca s’est fait comme les autres en fait ! Franchement il n’y a pas eu de changement !
V : Moi j’ai apporté mes compos de guitares que moi j’ai composé ! Non c’est pas vrai (rires)
E : On a écrit les morceaux et au fur et à mesure Vincent a posé sa voix dessus, ça nous a fait faire des choix, ça nous a fait changer des trucs et puis voilà ! Objectivement le fonctionnement du groupe n’a pas du tout changé avec l’arrivée d’abord de Julien il y a quelques années et maintenant de Vincent il y a aussi quelques années également ! Le fonctionnement du groupe reste le même !

HOW : Donc il y a neuf titres sur Dévisager Dieu ! Vous en aviez composés combien ?
J : Il me semble treize si je ne me plante pas !
V : Quatorze !
E : Non non non ! On en a viré six, voir même peut-être 7 !
J : T’es sur de toi ?
E : Ouais ouais !
V : On en avait plus que neuf en tout cas ! (rires)
E : On en a viré beaucoup et …
J : Beaucoup j’irai pas jusque là ! On en a pas 99 comme Enhancer mais on en avait plus que ceux qui ont fini sur la galette !
E : On avait au moins 15 titres ! Mais on en a viré tous ceux qui au bout d’un moment on a senti qu’il y avait certains morceaux qui ne rentraient pas dans la direction que prenait l’album. Et quand on a posé pour la première fois « Avant le Jour » on a tout de suite sur quelle était la direction du disque ! Ça a fait le choix tout de suite entre certains titres ! On a tout de suite compris qu’il y avait des morceaux qui étaient pas mauvais mais… On se cherchaient encore avec Vincent, nous même on savait pas exactement…
J : C’était des morceaux de transition, de recherche personnelle ! On fait connaissance avec le mec qui vient d’arriver dans le groupe et ça lui permet de pouvoir prendre ses marques !

HOW : Et donc c’était un choix d’utiliser « Avant le Jour » pour votre premier clip, car c’était le morceau qui vous avait guidé sur l’album ?
E : Ouais clairement !
V : Clairement dans AqME on ne calcule jamais ce que l’on fait. On a juste dit « on fait quel titre », on hésitait avec « Avant le Jour » et notre maison de disques voulait « Au delà de l’ombre ». Mais on tenait vraiment à ce que ce soit Avant le Jour car c’est un titre qui nous parle, c’est un titre qui a tout de AqME !
J : Et surtout qui est vrai par rapport au groupe sans pour autant renier le passé du groupe ! Alors que Au Delà De L’ombre marchait sur les plates bandes du passé du groupe ! Et ne renouvelait pas l’image qu’on pouvait avoir.

HOW : C’est vrai que c’est cette sensation que l’on a ressenti quand est sorti le clip, on s’est dit « C’est du AqME, mais c’est aussi un putain de renouveau »
E : C’était l’idée ouais ! On a vraiment su quand on a posé ce morceau là dès la première repet que c’était le morceau de l’album ! Le nouveau Superstar de l’album c’est celui là ! C’est des morceaux qui sont plus des hymnes que d’autres. Celui là on savait que c’était un classique et qu’on pouvait et surtout qu’on voulait présenter le nouveau AqME avec ce titre là, faire un clip et c’est pour ça, on a toujours eu des certitudes ! Le label avait aussi envie d’autres choses mais ils n’ont pas lutés longtemps ! Il étaient vite d’accord avec nous.
V : Et là où je trouve qu’on a fait le bon choix c’est que quand je prend la route avec les autres de mes groupes (ndlr : Noswad et The Butchers Rodeo), tu vois Samedi, on a joué dans un café concert et le mec a mis Avant le Jour à donf, il m’a regardé et il était à fond quoi ! Et il y avait au moins sept ou huit personnes à donf ! A ce moment tu te dis putain fierté c’est cool ! Le morceau il parle ! Il est fédérateur ! On passe pas à la radio, à la télé, on martèle pas les gens donc s’il y a cette reconnaissance là ça veux dire qu’on ne s’est pas trompés ! Donc tant mieux !

HOW : Vous parliez de label, il y a pas mal de groupes qui naviguent et pourtant AqME est toujours affilié au label At(h)ome. C’est une fidélité qui fonctionne bien ?
E : C’est une relation de confiance !
V : On est très famille dans AqME, je m’en suis rendu compte au bout de quelques mois. On est très vite amis, on est proches, on prend souvent des nouvelles, on s’voit on mange et At(h)ome c’est un peu pareil ! Pour être honnête quand je suis rentré dans le groupe le contrat de six albums était terminé ! Je suis arrivé en mode « Ah on a peut-être pas de label ? »
J : On a même pas re-signé en fait !
E : Pour eux c’était une évidence en fait !
V : Voilà, quand on est arrivés chez At(h)ome, qu’on a téléphoné à Olivier et Stephane : « Bon a quelques titres sous la botte, on va enregistrer un album vous en pensez quoi ? ». Et limite ils nous ont insultés : « Mais t’es con, bien sur qu’on le fait cet album ! »
J : C’est vrai qu’on est la première signature du label !
V ; Là où aujourd’hui pas mal de groupes, je ne leur jette pas la pierre ils sont libres de faire ce qu’ils veulent, vont chercher les labels qui vont peut-être avoir plus d’opportunités à l’étranger on préfère rester fidèle. Quand At(h)ome nous a dit oui on a pas fait le capitaliste tu vois ?
E : Puis on garde vraiment notre liberté artistique de manière totale, ils le savent depuis le début que de toute manière je vais m’énerver si on me dit de faire tel titre ou tel titre. Ça m’est souvent arrivé par le passé donc ils nous respectent et tout va bien. Ils savent qu’on est des jeunes gens responsables et qu’on ne leur fait pas dépenser du pognon inutilement et qu’on s’adapte à ce qu’ils nous disent.
J : C’est notre label qui nous a conseillé notre nouveau tourneur, on savait qu’ils marchaient main dans la main ! Alors que quand un label et un tourneur ne veulent pas communiquer ensembles il n’y a rien de pire, là pour nous c’était une véritable évidence.

HOW : Et comment s’est passé l’enregistrement Etienne, toi qui était tout de même derrière les manettes !
E : Ah ! Bah ça a été intense car c’est vrai que je n’avais jamais fait ça, c’est une responsabilité qui est un peu écrasante. Je me sentais de le faire car maintenant j’ai quand même assez de bouteille pour quand même me le permettre. Je ne l’ai pas fait avant que je ne me considérait comme pas au niveau. Mais je voulais vraiment que l’on ait un album qui nous ressemblait à 100% dans le son et franchement c’est exactement ce que l’on a.
J : C’est marrant car ça me fait rebondir sur le son de guitare, c’est qu’on avait commencé à enregistrer tous les deux car Vincent et Charlotte ne pouvaient pas venir, j’ai supporté Etienne pendant qu’il enregistrait les batteries… n’y voyez rien de mal quand je dis ça … (rires)
E : SOUTENIR ! SOUTENIR ! (rires) Il m’a encouragé ! Supporté ?! (rires)
J : Oh, c’est vrai que ça marche aussi ! Supporter ! Bref c’est vrai que quand on est passés au son de guitare on avait plein de projets ensembles, de travailler avec différents amplis …
E : Et on a fait de la merde !!!
J : Et oui, pendant deux jours on a fait n’importe quoi !

HOW : T’en as un qui a lâché non ?
J : Ouais, c’était l’ampli que je gardait depuis une dizaine d’années, c’est celui qui a été enregistré sur tous mes albums et Vincent est donc arrivé avec la femme d’Etienne et le soit quand ils ont écoutés ils ont fait : « Euh, c’est bien mais je ne reconnait pas le groupe là ! ». Brainstorming pendant la nuit et au réveil on se dit « Mais c’est bête, utilises le matériel que tu as sur scène quoi ! ». Ça conforte dans le sens qu’il faut faire confiance en ce que l’on ressent plutôt que de se lâcher dans tous les sens !
E : C’est la première fois que j’ai l’impression où ce disque n’est pas la vision d’un réalisateur externe au groupe qui nous a fait le son. J’ai l’impression d’avoir une photographie de notre son, bien faite ! Bien améliorée ! Le mix de Magnus par dessus a vraiment respecté les prises et rajouté un peu de magie, de poudre de perlimpinpin comme il en a le talent et ça fait un résultat qui fait qu’on peut vraiment assumer à 2000%, c’est la première fois. On a toujours eu des super prod mais c’était pas toujours 100% nous ! C’était une vision d’un réalisateur. Ça n’enlève rien à la qualité des disques mais pour nous c’était juste un petit peu frustrant, c’est le trip des musiciens !

Luca DEPAUL-MICHAU

Nous souhaitons remercier le groupe pour sa gentillesse (big up Julien pour le dépannage express !) et sa franchise, Maxime, Adrien de At(h)ome ainsi que toute l’équipe du Silex à Auxerre.

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