Interview Exclusive : Kaimokujisho

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Afin de fêter le premier anniversaire de leur full-length Jidou, chroniqué dans nos pages, nous avons eu le plaisir de poser nos questions à une des étoiles montantes du rock japonais underground : Kaimokujisho et c’est la chanteuse Natsumi qui se prête au jeu de manière posée et intimiste.

English version available at the bottom of the page.

– Salut Kaimokujisho, C’est un vrai plaisir de vous avoir sur notre website. Dîtes-nous tout, pouvez-vous vous présenter à nos lecteurs ?

Bonjour la France, nous sommes Kaimokujisho, un trio rock japonais, permettez-nous de nous présenter individuellement. Natsumi Nishida, au chant a une très bonne maîtrise du Japonais et de l’Anglais ou du chant aussi clair que saturé. Yuuki Takahashi, guitariste, ses sons énormes forment une véritable  »forteresse », et Tetsuya Ueda, derrière la batterie qui a autant la précision que la technique d’un grognement.

– Pouvez-vous nous en dire plus au sujet du groupe ? Le concept, le message dans vos textes…

Avec notre musique, nous avons envie de rendre nos auditeurs autour du monde curieux par rapport au fait d’être happé par nos sons. Ce n’est pas vraiment un concept mais plutôt notre but dans le futur.

– Quelles sont vont principales influences ?

Notre musique est influencée par les groupes bruyants des années 90… DEFTONES, KORN mais chacun de nous possède ses propres racines dans la musique comme la country, le jazz, la world music, l’electro etc… On confronte alors nos différentes affinités et voilà comme naît la musique de Kaimokujisho.

– Votre musique sonne vraiment « crasseux » et j’aime beaucoup ça mais est-ce un choix d’avoir un parti pris si grunge ?

On pense que le grunge est un genre qui existe forcément dans les racines de notre musique mais je pense que ce n’est qu’une partie parmi tant d’autres. Nous serions vraiment heureux que vous, les auditeurs, appréciaient nos sons emprunts à différents styles et nos performances live, évidemment.

– Beaucoup de vos chansons ont une construction déstructurée et cela donne un sentiment assez dingue. Vous pouvez nous en dire plus sur le processus créatif ? 

On a souvent des retours de fans en live disant des choses comme « beauté transitoire », « des grooves chaotiques lancinants comme des animaux » ou « contraste de l’immobilité et du mouvement », alors depuis on devine que ce frisson qu’on leur procure est comme si tu touchais quelque chose d’intouchable, s’inscrivant comme notre désir inconscient d’expression.

– Actuellement vous êtes en indépendant, mais visez-vous la Major ?

On ne prête pas de réelle importance à l’endroit où devrait être ou à quelle scène appartenir mais nous porter en Major pourrait nous permettre de progresser comme tous les plus grands groupes de rock du monde, c’est certain.

– Que pensez-vous de la situation actuelle du rock au Japon ? Dans le monde ?

Nous sommes allés en tournée en Australie en avril (2014) pour la toute première fois en Australie et nous y avons vu une grande différence par rapport au public japonais dans la façon de voir les choses et de penser. Au Japon, le public prête attention aux groupes inconnus qui jouent, car la « coopération » est un trait de caractère national des Japonais. Pour contraster, en Occident, les gens semblaient vraiment s’amuser à écouter tout ce qui jouait sur scène et montrent leur respect aux artistes qu’ils voient, peu importe que ces artistes aient d’immenses éloges ou non. En Australie, des gens nous ont raconté ce que ça faisait de nous voir après le show, nous saluaient sincèrement et même achetaient nos CDs ou nos goodies. La même chose peut être dite pour n’importe quelle scène nationale. Le Japon est connu comme étant une société fermée depuis la période des « Royaumes Combattants » et c’est ce qui a évidemment fait naître d’intéressantes créations et des cultures uniques.  Mais, dans le mauvais sens, ça a aussi limité les possibilités de stratégies commerciales et les grandes appréciations que pouvait recevoir la scène musicale comme c’est le cas des rockeurs du visual kei ou des idols qui sont des genres populaires chez nous et qui sont destinés à s’étendre. Nous pensons que les artistes japonais ont besoin de plus d’opportunités d’aller à l’étranger, d’écouter les musiques d’autres pays et d’apprendre un éventail de moyens d’expressions et de se préoccuper de comment les autres perçoivent leur musique… spécifiquement pour les groupes de rock. Nous devrions vraiment nous voir de l’extérieur.

– Natsumi, écris-tu chacun des textes du groupe ? Peux-tu nous expliquer pourquoi utiliser cet intéressant mélange de Japonais et d’Anglais ?

J’écrivais tous mes textes en anglais avant Kaimokujisho parce que j’étais très intéressée par la musique et la culture occidentale, je voulais apprendre à écrire et parler Anglais. Je pensais juste que ce serait cool de pouvoir parler Anglais et me faire plein d’amis autour du monde. Mais avant que ne débute Kaimokujisho, j’ai changé de façon de faire en utilisant ma langue maternelle dans mes lyrics car j’ai peu à peu su l’attraction des jeux de mots en Anglais et voulais savoir comment connecter chaque mot Japonais et Anglais. Maintenant j’utilise les deux de façon équivalente afin de les assigner à leur juste place.

– As-tu un message spécifique dans tes textes ?

Parfois je décide du concept d’une chanson dès le début, alors que d’autres fois je pose mes mots sur ce qui m’inspire par rapport à ce que je vois dans mes rêves, en peinture, ce que j’aime, la tête dans les nuages, dans mes fantaisies… Il y’a tellement de façons de terminer une chanson. Et j’ai conscience que je n’écris pas mes chansons de façon droite et explicite parce que les auditeurs peuvent vouloir comprendre des choses de leur propre histoire à travers notre musique. Je pense que c’est pour cette raison que j’utilise autant la métaphore.

– Ça vous dit de venir jouer un jour en France, en Europe ?

Bien sûr qu’on le souhaite !

– Un petit mot pour le public français ?

Il y’a des tonnes de musiques fascinantes que vous pouvez trouver dans l’underground de Tokyo et nous avons vraiment hâte que vous visitiez ça dans un futur proche ! Merci.

Je tiens à remercier le groupe Kaimokujisho et spécialement Natsumi qui nous a accordé une superbe interview toute en délicatesse et profondeur d’âme, merci pour sa disponibilité et sa gentillesse remarquable.

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ENGLISH VERSION

– Hello Kaimokujisho, It’s an honor to have you on our website. Can you introduce yourselves ? (every member)

Hi France,we’re Kaimokujisho,3 pieces Japanese rock band so let us introduce ourselves each. Natsumi Nishida,on vocal has a good command of Japanese and English or singing and shouting voice. Yuuki Takahashi,on guitar operates his huge effects unit perfectly that’s called a  »fortress ». And Tetsuya Ueda,on drums has both precise technique and expression like  »roaring ».

– Can you tell us more about your band ? The concept, your message in your texts…

In our music, we’re on the same page that we want make our listeners around the world feel some curiosity for being swallowed from our sounds, not as a plain concept but as our goals in the future.

– What’s your major influences ?

Our sounds influenced mostly from 90’s loud rock band’s music…like DEFTONES, KORN in early years or something, but each of us has wide variety of our own roots of music…country, jazz, world music, electro etc. So we clush our totally-different sense of arts each other,and then, that will be Kaimokujisho’s music.

– Your music sounds really « dirty » and I like it but, is it a choice from you to have this sound so « grunge » ?

We think that grunge of a music genre surely exists as one of our roots of music,but also think this is just a part of them,literary.We would be so glad if you listeners only enjoy our sounds  »taking » from different fields and live performances anyway.

– Some of your musics have a destructured construction and it gives a feeling really weird. Can you explain why ?

We often get lots of our live reviews from fans like  »transient beauty », »chaotic grooves throbbing like animals »,or  »contrust of stillness and motion »― And from them, we guess that―such  »thrill » we make ,which like you touched something untouchable, seems to be our unconscious-desire for expression.

– Actually you’re an independent band, but do you want to be in a Major Company ?

Actually we don’t place much importance on where we should belong,but we may bring Major scene into perspective if we’ll be able to make progress as one of a great rock bands all over the world.

– What do you think about the actual situation of rock music in Japan ? in the World ?

We went on tour of Australia in April for the first time and we found that there was great difference between Japanese audience’s watching styles or ways of thinking and other countries. In Japan, most audience usually stand ready to watch what others doing carefully when they across unknown artists play, because  »cooperativeness » is the national character of the Japanese. In contrast to this, people in Western countries seem really enjoy every-sound can be heard from the stage and show their respect for artists they see, whether such artists garner immense praise or not. In Aus some peeps told us what they felt to see us playing after shows,shaking our hands tightly―even they could not buy our CDs or some goods. And we mean,the same may be said of each nation’s music scene. Japan has been known as a closed society since its Warring States period and that of course made it all the more interesting creations and unique cultures. But,in a bad meaning,they also limits the ways of commercial strategy for music scene to recieve a high evaluation…like visual style rock musicians or idols as popular genre nowadays in our country, and some formality decided to some extent. That means  »closing » a lot. So,we think that Japanese artists needs more opportunity to go abroad,listen to other countries music,and learn variety of expressions,sense of concern with about other peeps through their music…especially for rock bands. We really should see ourselves from the outside.

– Natsumi, do you write every text ? And can you tell us why you use an interesting mix between japanese and english ?

I’d been written all of my lyrics in English before Kaimokujisho because I was so interested in Western music and culture and wanted to study how to write and talk in English. I’d thought just it would be cool if I could be able to speak English well and made lots of friends all over the world. But since kaimokujisho started,I changed my mind to use my mother tongue in lyrics because I gradually became to know the feeling attractiveness of word game in English well and wanted to know more about how to connect each words in Japanese and English. Now that I put these 2 languages equally to assign for right place each.

– Do you have a specific message in your texts ?

Sometimes I decide the song’s concept from the beginning, but other time I make my words playing inspired from what I saw in my dream, paintings I like,fancy or daydreaming…there’re so many ways to complete a song. And I’m consistent that I do not write my words for songs so straight and bold because listeners may want to guess  »their » stories or some hints in their life from our music. I guess I use a metaphor many times for that reason.

– Do you wanna play your music in France, Europe ?

Of course we want.

– A little word for your french fans ?

There’re tons of fascinating music you can find underground Tokyo city of Japan and we really looking forward to seeing you all visiting this site in near future! Thank you.

I want to thank the band Kaimokujisho and especially Natsumi for her great kindess and her great words in this interview. France loves you!