Interview Exclusive : Kamera Obscura

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Tandis que leur premier album Dark Reels est sur le point de sortir (voir notre article), la chanteuse des Kamera Obscura, Cécile, a accepté de répondre à nos quelques questions afin d’en apprendre un peu plus sur ce qu’est le concept du ‘cinematic industrial rock band’, mais aussi sur tout ce qui gravite autour de cet univers bien en marge des autres formations.

House of Wolves : Tout d’abord bonjour Cécile, et merci d’avoir accepté de répondre à nos questions. La première sera très formelle, mais puisque tu es la petite “nouvelle” du groupe (ndlr : Cécile remplace Virginie, qui officiait sur la première démo du groupe et a quitté la formation il y un peu plus d’un an), pourrais-tu s’il te plait nous parler un peu de toi, de tes expériences et influences ?

Cécile : Bonjour, merci à HoW et à toi ! Question formelle, mais plutôt large, je vais tâcher de ne pas (trop) me disperser ! (rires)

J’ai été au contact de la musique très tôt : ma mère jouait du piano à merveille et mon père de la batterie pour le fun. J’ai grandi entre Chopin, Black Sabbath, The Beatles, Bowie et… les Yéyés dans un petit village du Sud-Ouest ! (rires) Enfant, j’ai pris des cours de piano, mais je ne tenais pas sur mon siège. Au lycée, je me suis mise à la guitare pour m’accompagner, car j’avais besoin de canaliser mon énergie… ça m’a permis de commencer à écrire mes textes et mes propres lignes de chant.

Dans un environnement où presque tout tourne autour du rugby, des ferias et où la retransmission de la tournée des Enfoirés est vécue comme l’événement musical de l’année, c’est vraiment l’ouverture d’esprit de mes parents, la musique (rock/métal) et le cinéma qui m’ont permis de ne pas devenir complètement folle ! (rires) J’ai eu la chance de pouvoir partir un an aux États-Unis entre la première et la terminale (au lycée) et de cohabiter enfin avec des fans de Tool, A Perfect Circle, Nine Inch Nails, Orgy, Silverchair, Placebo, The Cure, Hole, Slipknot, Manson, System of a Down, Hole, Garbage, The Smashing Pumpkins…

À mon retour j’ai commencé à boeufer régulièrement avec un pote, le soir après les cours, tout en préparant mon bac, sésame magique pour l’université où j’ai pu enfin fonder mon groupe. On répétait sur Bordeaux à la Rock School Barbey deux à trois fois par mois… je crois qu’on avait cinq morceaux en tout ! (rires) On a pas fait un concert en deux ans mais c’était super cool. Après, j’ai arrêté pour me consacrer à mes études de communication visuelle et ce n’est que quand je suis monté à Paris que j’ai tenté à nouveau l’expérience.

Qu’est ce qui t’a poussé à rejoindre les rangs de Kamera Obscura ?

Cécile : Ça m’a pris un peu plus d’un an pour trouver Kamera Obscura… à l’époque j’étais quasi débutante si on s’en réfère au niveau de la capitale, mais je cherchais un groupe dans une démarche semi-pro. J’ai posté une annonce avec une reprise de NIN et deux/trois compos enregistrées sur garageband et j’ai attendu qu’on vienne me chercher. J’ai passé des auditions à droite à gauche, dès qu’on me contactait j’y allais par curiosité : ça m’a permis de me faire mon opinion de la scène parisienne… soit ça ne collait pas du tout humainement, soit ça ne me plaisait pas réellement ou pire encore : il aurait fallu que je change de sexe (!) En parallèle j’en ai profité pour apprendre à mieux connaitre mon instrument grâce à la très très magique Jennifer Diehl (chanteuse de Furykane et coach vocal & scénique) qui m’a permise de corriger certains automatismes et de plus m’affirmer sur le plan vocal.

C’est Jean-Philippe (le guitariste de Kamera Obscura) qui m’a contacté en mars 2011 car Virginie allait être amenée à quitter le groupe au cours de l’année pour des raisons personnelles.

J’ai découvert le myspace de Kamera Obscura où tous les astres étaient alignés. En tant que DA (Directeur Artistique), j’accorde une grande importance au concept, au visuel et à la cohérence générale… tout était parfait : l’univers, la démarche, les morceaux, tout était en accord avec mes goûts et envies. J’ai passé une audition à la cool avec des mecs sympa qui m’ont rappelé très rapidement après pour me féliciter, car c’était moi qu’ils avaient choisi pour reprendre le flambeau. J’étais en joie.

Saurais-tu nous expliquer avec tes mots le concept de “cinematic industrial rock band” et, en quelques lignes, nous raconter d’où vous est venue l’idée des projections cinématographiques pendant que vous jouez sur scène ?

Cécile : Je n’ai jamais été très forte à ce petit jeu qui consiste à définir son propre style musical, mais là, j’avoue que vues l’hybridation et la nature du concept, il était nécessaire de trouver une formulation ! (rires)

‘Cinematic’ car on sample les dialogues des films qu’on projette.
‘Industrial’ car on utilise des synthés et des machines lorsqu’on compose.

Nous sommes un groupe, de rock, donc ‘Rock Band’… pour ‘Cinematic Industrial Rock Band’.

L’idée est partie de Jean-Philippe et Joël (le batteur), les ‘pères fondateurs’ de Kamera Obscura. Amoureux d’un certain cinéma et d’une certaine musique, ils ont voulu les associer dans un hommage très personnel. Les images projetées en fond de scène couplées à notre musique plongent le spectateur dans une atmosphère unique où la violence, la beauté, la cruauté, l’érotisme et la laideur se mélangent au sein d’une esthétique colorée, crue et codifiée.

Selon toi, Kamera Obscura serait plus un groupe à écouter sur CD ou penses-tu que ces projections apportent un réel plus à votre univers ?

Cécile : Entre Kamera Obscura sur scène et dans ton casque il y a une différence c’est sûr. Certains morceaux prennent une dimension différente sur l’album, comme « The abominable Doctor Phibes » où la présence d’harmonies vocales en abondance apporte quelque chose qui nous rapproche encore un peu plus de l’ambiance burlesque des films. « Suffering » risque de surprendre par son jeu de dissonances qui retranscrivent l’atmosphère ambiguë du chef-d’oeuvre dont il s’inspire (‘Le corps et le fouet’).

La présence de samples dans tous nos morceaux leur permet de rester en lien avec les films projetés lors des concerts. J’aime penser que ceux qui se déchaînent sur « Flesh Eaters » en live l’écouteront aussi en partant au boulot ou en faisant la vaisselle pour se donner la motiv’ (rires) Les projections sont un plus c’est sûr, mais nous sommes avant tout un groupe de musique… c’est d’ailleurs le public qui nous a poussé à enregistrer nos titres : c’est donc que ça doit bien s’écouter même quand on coupe le film !? (rires) Pour l’instant « Interceptor » a reçu un accueil plutôt honorable alors il me tarde d’avoir des retours sur Dark Reels !

Votre premier album, Dark Reels (Bobines Sombres en français), est donc sur le point de sortir, et ce premier titre diffusé, “Interceptor” , annonce déjà un son assez différent de votre demo sortie en 2009. Qu’as-tu personnellement apporté au groupe mis à part ta voix (influences, idées, sonorités, …) ?

Cécile : C’est difficile à dire… Je suis de nature très positive et impliquée. Je suis exigeante avec moi même mais aussi avec les autres… peut être un peu trop parfois ! (rires)
Je me suis vraiment investie à 200% lors de l’enregistrement, pendant le mixage j’ai écouté scrupuleusement chaque instrument en ne donnant pas simplement mon avis sur le chant : je voulais que le tout forme une unité cohérente mais que chaque morceaux soit différent.

Sur l’album, mon interprétation varie d’un morceau à l’autre, je change de peau : tantôt à la tête d’une horde de zombies, tantôt victime d’un psycho killer de giallo (genre cinématographique principalement italien mêlant cinéma policier, horreur et érotisme)… Je m’amuse beaucoup. (rires)

Scéniquement je n’ai pas peur d’y aller, je me fous des coups, je fini souvent avec du maquillage partout, les cheveux hirsutes, des bleus sur les genoux… J’ai définitivement apporté un peu plus de folie au groupe.

J’ai cru comprendre que vous aviez arrêté de jouer en combinaison blanche, ce n’était pas pratique pour jouer pas vrai ? (rires)

Cécile : Exactement ! Les gars y voyaient comme des taupes et transpiraient à mort ! Du coup ils s’éclataient bien moins que moi sur scène.

Le public était apparemment complètement terrorisé, ce qui est plutôt cool quand on connait notre concept, mais l’abandon des costumes nous a permis de nous en rapprocher au final.

https://dl-web.dropbox.com/get/House%20of%20Wolves/kamera_obscura_costumes.png?w=AAAv46oRIFnNbjhp0VOFBRDyLiXp5PsyHjMJV6R2dnO-jA

Le cinéma d’horreur a tendance à dépérir depuis quelques années, quels ont été tes coups de coeur récents ? Et inversement, quels sont tes classiques préférés ?

Cécile : Je n’ai pas eu de réel coup de coeur ces derniers temps je dois t’avouer… le dernier film d’horreur que j’ai vu est ‘The Conjuring’… pas mal, j’ai eu peur donc… pas mal. Après, un rien me terrorise. Des fois, quand je me retourne en concert et que je vois certaines images sur l’écran, je flippe ! hahaha !

Pour les classiques, je trouve ‘Halloween’ hyper drôle, ‘The abominable Doctor Phibes’ complètement magique et ‘La maison aux fenêtres qui rient’ bien malsain ! En ce moment, je me fais une cure : ‘The thing’, ‘Evil Dead’, ‘Rosemary’s baby’, ‘Shining’, ‘The Omen’… c’est parfait !

Pour parler séries j’adore ’American Horror Story’ ! je trouve le concept génial. Bon la saison 3 je ne sais pas trop quoi en penser pour le moment j’avoue… mais j’aime qu’on m’emmène loin, j’adore les scénarios bien ficelés, les chutes improbables… donc je croise les doigts pour cette saison.

Quels sujets abordes donc tu dans tes paroles ?

Cécile : Mes paroles mettent en parallèle les thématiques des films et certaines expériences de la vie réelle… il y a très souvent une double lecture. Je me sers de la métaphore du film à des fins personnelles en fait ! (rires)

kamera_obscura_live

La réalisation d’un MV (Music Video, ou clip en français) est-elle prévue ?

Cécile : On a déjà évoqué l’idée mais chaque chose en son temps. On vient de faire des photos avec Karasu Photographie et ça c’était la priorité.
On créé une vidéo par morceau, donc on a pas vraiment de manque de ce côté là. C’est un peu comme si nous avions une dizaine de clips en fait… la différence c’est que ce n’est pas nous qu’on voit s’agiter à l’intérieur ! (rires)

Il me semble que tu es, dans la vie professionnelle, graphiste. Est-ce que ta formation te sert au sein de Kamera Obscura ?

Cécile : Énormément. Jean-Philippe est Directeur Artistique audio-visuel du coup on se complète assez bien. Il a une idée assez précise quant aux codes du groupe à laquelle j’adhère totalement. Lui s’occupe de la vidéo principalement, moi de la communication et on se partage les tâches niveau graphisme selon qui a le temps ou non. J’aime impliquer le public dans ce que nous faisons, j’ai donc mis l’accent sur notre community management (newsletter, animation des réseaux sociaux etc.). Un autre aspect très important à mes yeux est de développer une vraie connexion avec les autres groupes locaux et certains artistes : Furykane, Pink Tatami, Tricksterland, Last Imperium, Toxic Lily, Macadam Panda, Karasu Photographie, Mad MakeUp, Will Argunas, les géniaux Toxic Twin et le Tad Girls Squad pour ne citer qu’eux… C’est primordial pour moi de collaborer : que ce soit pour sur un featuring, des costumes, l’organisation d’une date, de l’artwork, ça nous permet à tous d’être encore plus créatifs et de lutter contre un certain état d’esprit.

Du à notre parcours ou à nos pré-dispositions, on apporte tous quelque chose à la machine : Didier (le bassiste) veille au bon déroulement des dates en assurant la liaison avec les salles quand Joël, en tant qu’ancien chroniqueur radio, s’occupe des RP (Relation Presse). Pour moi c’est ça l’esprit de groupe : des individus qui créent ensemble une dynamique qui fonctionne.

Un dernier petit mot à l’attention de ceux qui hésitent encore à venir à la soirée de lancement de l’album le 30 janvier ?

Cécile : Ceux qui hésitent encore n’ont jamais du voir Pink Tatami, Tricksterland ou Last Imperium en live ! Si vous cherchez la soirée des frontmen charismatiques et des groupes qui envoient sévère, elle aura lieu au Klub ce soir là !

En plus de tout ce qui a été annoncé dans le descriptif de l’événement, Il y a aura des surprises  ! mais… shhhhh… Si vous voulez en savoir plus il va falloir vous bouger !!!

Pour terminer sur un petit cadeau de leur part, voici en avance le teaser de Dark Reels !

Retrouvez toutes les informations, les autres participants mais aussi les dernières actualités sur la page FB de l’évènement ainsi que sur la page FB de Kamera Obscura, et surtout, n’oubliez pas de réservez vos places ici >>> http://www.weezevent.com/chambre-noire

Nous tenons à remercier Kamera Obscura et plus particulièrement Cécile pour le temps qu’ils nous ont accordé, ainsi que pour leur extrême gentillesse !