Interview : Paulo Gregoletto (TRIVIUM)

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La première édition française du Download Festival a permis à TRIVIUM, formation phare de la scène heavy metal américaine (au sens large) de se produire sur la Main Stage de l’Hippodrome de Beauchamp, sous un ciel pluvieux mais dans une ambiance électrique. Grâce à Live Nation et Warner/Roadrunner, nous avons pu rencontrer Paulo Gregoletto, bassiste depuis les débuts du groupe pour lui soumettre notre lot de questions.

Salut Paulo ! Comment vas-tu, malgré la météo pourrie ? Avant de commencer, je voulais te dire qu’en tant que fan de Trivium depuis plus de 10 ans, ça fait sacrément plaisir de pouvoir t’embêter un peu avec mes questions.

Ça va, je te remercie ! Ça déchire d’avoir pu jouer aujourd’hui devant le public français. A moi aussi ça me fait plaisir de pouvoir répondre aux questions de quelqu’un qui aime vraiment le groupe.

J’en profite qu’on soit sur le festival pour te demander ça : est-ce qu’il y’a des groupes programmés que tu aimes dans le lot ?

Ouais, j’aime énormément Megadeth, en tant que fan de heavy metal, ça représente beaucoup de mes influences notamment avec Metallica.

Quand je vous ai vu sur scène, j’ai senti, peut-être plus qu’à l’accoutumée, une volonté d’unité, un message de force à faire passer, surtout avec Matt qui insistait beaucoup avant « In Waves » sur le fait qu’on forme un bloc, une puissante vague instoppable. J’ai le droit de penser qu’il y’a un lien avec les événements du Bataclan en novembre dernier ?

C’est parfaitement ça. Plus que jamais on a besoin d’être proches les uns des autres, d’être soudés. Quand on voit les horreurs qu’il y’a eu en France au Bataclan ou encore hier à Orlando (tuerie de la boîte de nuit LGBT le Pulse), c’est important pour nous de rappeler et de véhiculer un message positif, pour que les gens se sentent forts et ne cèdent pas à la peur. On se sert de notre musique et d’être sur scène pour ça.

Puisque tu en parles, justement, sur scène, TRIVIUM a beaucoup évolué au cours des années et encore plus avec les récents problèmes vocaux de Matt. Ce n’est pas trop dur de tout revoir et reprendre à zéro ?

C’est une vraie épreuve mais on joue le jeu. Pendant des années on a pris une habitude, un mode de fonctionnement en tant que groupe et donc on avait notre manière de jouer notre musique. Avec la santé de Matt, on a vraiment été contraints de faire des choix. Maintenant qu’il est devenu très difficile pour notre chanteur d’utiliser sa voix saturée comme sur nos premiers albums, avec Corey (guitare) on se partage les rôles dessus. C’est bizarre au début mais super excitant aussi. Ça donne un nouveau visage au groupe et un nouveau souffle à nos chansons.

Matt Heafy au Download Festival France

Tu t’imaginais il y’a 15 ans jouer sur des scènes aussi énormes, dans plein de pays étrangers ?

Franchement non, et ce qui nous arrive est carrément dingue. Je crois qu’on ne remerciera jamais assez le public pour tout ça. Tu sais, aux USA, quand tu débutes avec ton groupe, ta seule chance de percer est d’avoir ton passage en radio. Une fois que tu as ton putain de passage, tu sais que tu as franchi un cap et que des portes s’ouvrent pour toi. Le problème c’est que tout le monde ne peut pas percer, il existe tellement et tellement de jeunes groupes qui se forment de semaine en semaine que c’est mission impossible de tous leur donner les clés pour aller plus loin. C’est pour ça que maintenant qu’avec TRIVIUM on a atteint un certain stade, j’essaie d’aider le plus possible les petits groupes. Je guette les réseaux sociaux, les playlists des plateformes de streaming. Ça rythme mes propres playlists, j’écoute pas mal de punk du coup en ce moment.

D’ailleurs, tu connais quelques groupes français ?

J’ADORE GOJIRA ! Ces mecs sont monstrueux !

Je peux te faire une confession ? Je n’ai pas encore pris le temps d’écouter Vengeance Falls et Silence in the Snow, les deux derniers TRIVIUM. C’est mal, je sais, mais justement… Pour quelqu’un comme moi ou le premier venu qui ne connaît pas ton groupe, comment peux-tu me parler de ces deux disques, les différences entre eux et par rapport à vos anciens albums ? L’évolution et la sonorité ?

Alors ça, c’est vraiment pas bien ! (rires) Pour te répondre, après In Waves, que beaucoup considèrent comme notre album de la maturité, on a voulu essayer autre chose et c’est pour ça qu’on a appelé David Draiman de Disturbed en tant que producteur. On savait que David nous apporterait beaucoup plus de groove afin d’étoffer le caractère plus dense de nos chansons. Vengeance Falls a été abordé comme ça, une étape supplémentaire et d’autres sonorités dans notre monde très heavy. On n’a pas un seul album qui sonne comme les autres et c’est normal, on évolue en tant que musiciens et en tant qu’humains, nos influences aussi et nos envies avec. On a vraiment voulu créer un album à la fois très metal, dur et technique mais dans le même temps de très groovy et simple à écouter. Pour Silence in the Snow, cette fois on a dû prendre en compte notre nouvelle configuration et les contraintes imposées par la santé de Matt et sa voix. On a penché pour une quête de son axé sur la mélodie avec une ligne directrice qui allait dans ce sens. Bien sûr ça reste un album de heavy metal, n’en doute pas, avec son lot de violence et d’agressivité, mais on a souhaité contraster ça avec une mélodie plus appuyée et le résultat est très intéressant, j’ai hâte qu’on puisse en jouer beaucoup plus sur scène, ça vaut vraiment le coup !

Promis, je vais me rattraper avant votre prochaine venue à Paris. Je suis à court de questions Paulo, je te remercie de m’avoir accordé de ton temps et j’espère revoir TRIVIUM à Paris très rapidement.

On va faire le maximum ! Continuez de suivre TRIVIUM, la suite sera dingue et surtout restez forts, ensemble.

Merci à Paulo Gregoletto, Myriam Astruc (Live Nation), Delphine Lauthereau (Warner Music) pour nous avoir permis cette rencontre.