Interview Exclusive : Psykup

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Le retour de Psykup c’était un peu la même chose que lorsque le projet Expandable a été lancé. Quelque chose d’incroyablement fat que l’on pas trop cru. En effet nous pensions à une énième farce du combo Toulousain. Mais force est de constaté qu’ils étaient bien là au festival Motocultor malgré un changement d’horaires et un problème d’humidité sur la scène, nous avons eu la chance de pouvoir les rencontrer après leur passage sur la Dave Mustage.

HoW : Bonjour Psykup, et bravo pour votre show. Est-ce que vous pouvez vous présenter ainsi que présenter le groupe pour ceux qui ne vous connaissent pas encore et ceux qui ont découvert le metal depuis peu ?

Matthieu (Chant) : Alors, Psykup a 20 ans ! Psykup est un groupe …
Julien (Guitare et Chant) : Psykup pourrait être notre enfant !
Matthieu : Psykup est un groupe créé au lycée. Au début pour draguer les minettes, faire les malins et se prouver qu’on a du poils… Euh… Aux couilles !
Julien : Et dieu sait qu’on en avait !
Matthieu : Moi pas tant que ça car je suis Blond-Roux quand même ! Je suis moins brun que toi. Et d’un groupe de lycéen nous avons poussé le sérieux du développement suffisamment pour faire de plus en plus de dates dans notre ville, par nous même car ce que l’on faisait était tellement bizarre que même les cafés-concerts pourris ne voulaient pas nous faire jouer. Alors on amenaient nous même notre sono et tout le merdier. Nous avons continués le groupe pendant toutes ces années puis il y a eu une rupture de l’espace-temps en 2009 au bout de 3 vrais gros albums, on ajoutera à cela 2 démos plus un live ainsi qu’un album acoustique et remix. Puis en 2009 j’ai moi-même décidé de me retirer de l’idée d’un quatrième vrai album tout simplement car je me sentais à cette époque là moins en phase avec l’écriture peut-être trop cérébrale de Psykup et que j’avais envie de développer et de découvrir autre chose, ce que j’ai fait pendant un temps. Le plus marrant c’est qu’à côté, Psykup n’a jamais splitté, Psykup n’a jamais arrêté, Psykup ne m’a jamais remplacé mais ça c’est évident grâce à mon talent. Le fait est que nous sommes tous restés potes ! Les aléas de la vie ont fait que nous avons refait un concert pour les 10 ans d’une asso et nous nous sommes dits « Allez on refait une date à Paris parce qu’on a presque 20 ans d’âge ! » et en fait ça a été à chaque fois une expérience humaine entre nous tellement chouette et avec le public on a un rapport vraiment très spéciale. C’est à dire que nous faisons partis de ces groupes de Metal, nous ne sommes pas les seuls, où les fans connaissent toutes les paroles, tous les breaks, toutes les harmoniques de guitare, les riffs… C’est fou ! Nous même on hallucine ! Des fois je vois des gens chanter, je me dis : « Ils connaissent mieux les paroles que moi ! »
Julien : C’est pas dur tu me diras …
Matthieu : Et donc du coup on a remis le couvert pour faire la tournée des 20 ans.

HOW : Donc tu parlais d’autres projets, d’une recherche d’autre chose. Et justement pendant cette rupture d’espace-temps, qu’est-ce que vous avez fait ? Et que vous faites toujours je suppose.

Julien : Milles choses !
Matthieu : Alors je vais parler des projets de Julien et Julien parlera des miens ! Donc pendant cette période là, Ju avait déjà commencé à développer Manimal, qui était un projet Metal qui exclu tout le côté humoristique de Psykup et beaucoup plus basé sur des choses lourdes et des influences type Cannibal Corpse, Morbid Angel. Des groupes vraiment historiques où Julien développe un chant vraiment sans le second degré qu’il peut y avoir dans Psykup. Manimal a duré toute une période avec trois albums qui ont été salués par la critique. Ensuite Ju a intégré, co-monté un groupe qui s’appelle Rufus Bellfleur un groupe O.V.N.I que moi je kiffe à mort ! Une sorte de Beastie Boys dans un film de Beetlejuice qui joue du banjo donc ça veux tout et rien dire à la fois et ça laisse totalement place à l’imaginerie et la dinguerie de Ju et donc ça, ça continue. A côté de ça, Ju a développé avec Vidda (Guitariste) tout un travail beaucoup plus funk, soul et festif avec tout le côté noble du mot festif. C’est à dire juste faire du bien aux gens ! Avec un rapport différent aux gens que des grosses scènes comme on peux faire avec Psykup en rapport direct avec le public. Avec une formule à grosse densité une sorte de Jazz band, de All-star Band, de fanfare band où il sont parfois jusqu’à 20 sur scène !
Julien : Ils y a la version fanfare à 6 et la version big band à 20 ! Donc c’est rigolo !
Matthieu : Donc Ju chante aussi la soul, le funk !
Julien : Et c’est rigolo ! Bien bien résumé, donc Matthieu à la base c’est lui qui a faire le premier projet parallèle puisqu’il a créé  Agora Fidelio à l’époque, groupe que j’adore d’ailleurs ! Donc c’est dommage s’il n’y a pas de suite. Un groupe vraiment à fleur de peau, très très calme vraiment à l’opposé de Psykup je pense ! Chant en français, textes en français, vraiment à l’os quoi, très belles mélodies et très textuel. Après il a fait My Own Private Alaska ils sont quand même allés enregistrer chez Ross Robinson à Los Angeles avec une tournée mondiale !  Là c’était piano, scream et batterie, un trio assez barge. Qui a beaucoup fait parler de lui. Toujours très émotionnel et à fleur de peau mais avec ce côté plus direct quand même. Et maintenant il fait des trucs encore près des gens, dans les jardins, chez les gens, dans des endroits rien à voir, comme dans des appartements. Ça s’appelle Terre Neuve Collectif, c’est un collectif de gens qui tournent car c’est pas toujours les mêmes personnes. C’est du folk-rock, encore une fois très intimiste, je pense que l’envie est de s’éloigner de tout ce qui est bruitiste pour toucher à quelque chose de plus personnel et là il a un projet actuellement qui est très joli mais dont on ne peut pas parler trop visiblement… C’est un projet qui reprend un peu ce que M.O.P.A faisait en encore plus épuré, avec encore du Piano et de la voix. Personnellement je trouve que c’est M.O.P.A version deluxe dans le sens où j’aimais M.O.P.A mais là ils touchent un truc encore plus émotionnel, encore plus premier degrés dans le côté sincère et à mon avis ça va faire parler je pense. (à Matthieu) Là vous avez fait l’album, j’ai écouté des trucs mais y’a rien qui est sorti c’est ça ?
Matthieu : Disons que l’album est fait, et le but c’est d’arriver avec tout ! Le site, tout ! Presque tout est fait ceci dit, l’artwork, les photos …
Julien : Je pense que le but de Matthieu est d’épurer au fur et à mesure, de plus en plus toucher à l’os. D’aller à fond vers l’émotionnel et là il est en train d’y arriver. La dernière étape c’est qu’il soit tout seul et qu’il pleure dans une rue… Cul nu. (Cette phrase a été suivie d’un véritable fou rire qu’il est tout simplement impossible à retranscrire à l’écrit, où Julien tentera d’expliquer sérieusement l’évolution de Matthieu vers l’émotion ultime et de son retour avec une centaine de bombardiers à la Rammstein… Fois Mille;,                        .)

HOW : Eh bah ouais, 20 ans Psykup !

Julien : Et tu vois où on en est ?
Matthieu : Un vieux couple !

HOW : Comment vous vivez vos chansons que vous aviez écrit quand vous étiez mômes au lycée ?
Julien : Très mal ! (rires) Oui on avait 15 ans ! Et le batteur avait 11 ans !
Matthieu : Moi ce que j’ai appris récemment, notamment en développant lors de mon travail dans ma boite qui est Jerkhov, qui est de faire du coaching professionnel, c’est à dire de faire de la formation scène pour d’autres artistes. En faisant ces formations j’ai appris beaucoup sur moi même et en bossant avec Robinson j’ai appris un peu la même chose. Le but pour moi n’est jamais de retranscrire l’émotion de l’auteur, c’est à dire que si tu te remets comme quand tu avais 19 ans à re-écrire ça veux dire tu n’es que dans le mensonge vu que tu n’as plus 19 ans, que tes émotions tu les as oubliées, que tu les as soignées ou que tu n’as pas envie d’y repenser tellement c’est dur. L’histoire c’est plutôt en fait « Qu’est-ce que tu as envie de transmettre? » comme énergie, comme émotion aux gens. Tu vois parfois je vais chanter une phrase mais je ne sais même pas les mots qu’il y a dans cette phrase là. Par contre, si ce morceau là en fait c’est de la colère, la voix interprète de la colère, si c’est une énergie positive comme « Vive la vie !Allez les gars vous faites pas marcher sur les couilles » la voix va retranscrire ça. Et ça marche pour tout type d’émotion. Donc l’objectif c’est de réfléchir à chaque fois à l’émotion première pour libérer le morceau
Julien : Oui car Mr est diplômé « coaching scène » du Studio des Variétés !

HOW : Et avez vous des projets avec Psykup ? Un album ?

Julien : Ce que je dis toujours c’est que l’on est au jour le jour, donc la reprise a été au jour le jour. On a un nouveau morceau qui est quasi fini. On a fini la musique, les textes sont en cours d’écriture. Et on va faire un clip avec, donc ça c’est sur au moins et on va voir ce que l’on va faire après. Après pour le reste, on est vachement dans l’intention du moment, après voilà vu qu’on se marre bien et qu’on est contents de jouer ensembles je pense que ce groupe a des choses à dire encore et donc c’est possible qu’il y ait des choses derrières mais rien n’est écrit aujourd’hui.

HOW : Ca sera sur l’énergie en fait !

Julien : Oui voilà, on est vachement comme ça dans le groupe. L’avantage c’est qu’on s’en fou ! On n’a pas un énorme label au cul qui nous emmerde à nous dire comment il faut faire, il n’y a pas de « Work Plan » on avance au fur et à mesure ! Donc c’est cool il y a un côté spontané, quand on le sortira ça sera spontané et sincère. Et c’est important pour nous et pour les gens qui nous écoutent.

HOW : Et qu’est-ce que ça fait de voir une telle ferveur autour de Psykup après cette absence ?

Julien : C’est beau, c’est très beau, on est tous touchés ! On a disparu pendant six ans des radars, on revient sans promo ni rien, on a même pas de nouveauté et il y a quand même des gens qui sont encore là et on hallucine un peu quand même. On sait jamais à quelle sauce on va être mangés mais il y a toujours des gens qui jouent le jeu, il y a des fans hardcore vraiment ! Des mecs qui suivent même tout ce que l’on a fait à côté, qui sont là depuis longtemps. Que dire à part qu’on est touchés et qu’on est contents d’être là et de remercier les gens ! On est tous reconnaissants car Psykup c’est un groupe à fan, et c’est un groupe à fans depuis le début ! Quand tu écoutes Psykup t’es un peu autre, tout le monde n’écoute pas ça, y’a eu un effet de mode mais léger. On n’a jamais été une mode du niveau de celle sur Mass Hysteria, donc si tu écoutes ça c’est que tu as eu envie d’y aller, que tu es quand même assez open d’esprit et que tu as un certain second degré. Tu as quand même pas mal de facteurs à réunir quoi ! (rires). En général c’est un groupe qui est connu avec le bouche à oreille, et nos fans sont que des gens comme ça ! Les gens viennent nous parler et partagent leurs anecdotes vis à vis de Psykup, et c’est que des gens un peu spéciaux aussi, pas que des métaleux purs et durs après ce qui me flatte le plus personnellement c’est les gens qui te disent « J’écoute pas du tout de Metal, j’écoute que Psykup ! » et ça c’est génial ! On a toujours ce second degré, et c’est important de nous voir en live car sur CD tu vois pas comment on est alors que quand tu viens tu vois qu’on ne fait pas les cakes, qu’on aime déconner et qu’on a une approche de la scène assez rigolote !

HOW : Et justement, il y a ce second degré dans votre merch, comment sont venues ces idées là ?

Julien : Oui, voilà ! Ça a fait parler, par exemple le tee shirt « Make Music, Stop Metal » les métaleux purs et durs ils ne peuvent pas le comprendre. Ils nous demandent pourquoi on fait ça, si on n’aime pas le Metal, ou pareil pour le Reggae. Alors qu’on aime bien ça, par contre les hipsters on aime pas trop ! Après on est les premiers à se foutre de notre gueule, quand on a fait une photo de presse pour la reformation et qu’on s’est mis devant une explosion de feu certaines personnes se sont demandé si c’était sérieux. Ah oui ça a l’air sérieux ? T’as vu nos gueules ? Je sais pas, on est pas Schwarzenegger quoi ! Les gens qui nous connaissent bien comprennent vraiment le délire, la preuve aujourd’hui les gars qui ont fait du limbo au milieu du pit ! Les mecs nous regardaient avec un sourire complice et on s’est compris car nous ça nous fait vraiment marrer. C’est rigolo, c’est absurde, c’est parfait ! Les gens qui suivent peuvent comprendre, par exemple j’ai dit qu’on était les Beatles et qu’on venait de Liverpool, lui dit « Merci le Hellfest » et il y a des mecs qui ont cru qu’il s’était planté, à un moment tu te doutes que c’est une connerie, et Psykup c’est ça !

A ce moment, Brice, batteur du groupe entre dans la tente interview.

Julien : Ah, super, j’espère que tu as une question pour lui car il est jamais là en interview !

HOW : Ah ? Euh…. Alors pourquoi tu t’es mis à faire de la batterie ?

Brice (batterie) : Ma mère m’a dit, soit le violon soit la batterie. J’ai eu la chance de connaitre quelqu’un de très très bon alors je me suis mis à la batterie. J’ai intégré Psykup quand j’avais 11 ans, et j’ai 32 ans aujourd’hui. En fait je faisais du cross avec un des membres et il m’a dit « viens ça te dit ». Alors j’ai demandé à mes parents, j’étais en cinquième et voilà le début de l’histoire.

Puis arrive David, le guitariste du groupe !

HOW : Est-ce que vous avez un mot pour les personnes qui vous suivent ?

Julien : Eh bien parfait c’est Vidda qui va te répondre !

Vidda (Guitare) : Hein ? Quoi ? Un mot pour les gens qui nous suivent ? Merci d’être là à chaque fois c’est génial ! Après tant d’années d’alcoolisme et de morceaux débiles. Non mais c’est vrai les morceaux sont complètement tarés c’est du n’importe quoi et il y a quand même des gens qui comprennent tout ce que l’on dit et ce que ce couillon de Ju arrive à inventer que même nous on comprend pas toujours même s’il y a une certaine logique et à l’arrivée il y a des gens qui suivent car ils arrivent à comprendre et qui sont là quand on joue donc merci !

MERCI AUX SLIPKNOT POUR LEUR GENTILLESSE ET LEUR DOUCEUR… BON AVEC UN PEU D’HUMOUR. UN GROS MERCI A KARINE ET A TOUTE L’EQUIPE DU MOTOCULTOR AINSI QU’A RISE OF THE NORTHSTAR POUR LE FOND SONORE.


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