Le bilan 2014 de la rédaction

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Le bilan 2014 de la rédaction

Julien-k/Warlock – Co-créateur, rédacteur

Musique :
1) Slipknot.5: The Gray Chapter
2) Devin Townsend
3) DIR EN GREYARCHE
4) PeripheryClear
5) Hans ZimmerInterstellar 
6) Sukekiyo IMMORTALIS 
7) Of Mice & MenRestoring Force 
8) Linkin ParkThe Hunting Party 
9) SleepwaveBroken Compass
10) CombichristWe Love You 

2014 a été, assurément, une très grande année pour la musique et en particuliers pour le métal en tout genre grâce à l’émergence de nouveaux espoirs soufflant un renouveau sur la scène moderne, qu’il s’agisse d’Of Mice & Men et son post-néo métal frais et salvateur qui mérite amplement son statut de « groupe de l’année », de Rise of the NorthStar qui met un fulguro-poing dans la fourmilière du hardcore, l’arrivée de Sleepwave et de son premier album directement inspiré du rock industriel en béton des années 90 ou autres nouvelles formations plus mélodiques et progressives à l’instar de Crown the Empire et leur exemple The Resistance: Rise of the Runaways habité d’un véritable esprit, tout simplement bluffant par sa maîtrise mais aussi par sa construction, son fil rouge et l’histoire qu’il raconte. Clairement un album qui parle aux revanchards, poing levé ! On a pu compter également et grandement sur le retour de très grandes valeurs sûres du milieu, les retours gagnants de Slipknot, Linkin Park, Smashing Pumpkins aux côtés d’autres pachydermes tels que Devin Townsend ou Dir en grey aux albums oniriques et magistraux. En dehors de la scène aux guitares saturées, le rap français a connu une véritable bombe passée plutôt inaperçue, malheureusement, avec le come-back tant attendu de Fuzati et Orgasmic avec leur rap versaillais toujours aussi cynique et satirique, signé d’une plume de maître sur des instrus hallucinantes. Les Japonais nous ont également gratifié de quelques disques bien claquants, je pense de suite à Galneryus avec sa réinvention du heavy metal via VETELGYUS, pièce maîtresse dans la discographie de la bande de Syu, les enragés de Merry et leur punk rock complètement déjanté qui pète encore un câble avec NOnsenSe MARkeT aussi marquant que poignant à travers ses déluges saturés que ses ambiances exotiques.

La fin d’année a été également propice aux nouvelles découvertes avec lesquelles je me suis forgé une petite culture metalcore/deathcore dont je retiens les sons démentiels de Like Moth to Flames, The Color Morale, Whitechapel, Black Tongue (LA HAINE TOTALE !!!!!), Thy Art is Murder, Chelsea Grin.

Les attentes pour 2015 se tournent vers Enter ShikariWhile She Sleeps, 36 Crazyfists, Deftones, Marilyn Manson dont le leak de Pale Emperor a confirmé un retour fracassant et se hisse déjà parmi mes albums de l’année, Crazytown et Limp Bizkit.

Cinéma:
1) Interstellar (Christopher Nolan)
2) The Rover (David Michôd)
3) Les Gardiens de la Galaxie (James Gunn)
4) Only Lovers Left Alive (Jim Jarmusch)
5) Predestination (Peter Spierig, Michael Spierig)
6) Her (Spike Jonze)
7) Les Sorcières de Zuggaramurdi (Alex de la Iglesia)
8) Big Bad Wolves (Navot Papushado, Aharon Keshales)
9) Les Brasiers de la Colère (Scott Cooper)
10) The Salvation (Kristian Levring)

De même qu’en musique, 2014 a été une belle année pour le cinéma et particulièrement pour le cinéma de genre. Le grand et le petit écran ont vu le retour du western, de la science-fiction à budget plus moyen que les blockbusters traditionnels, de l’horreur et du fantastique.

Pour faire un bref commentaire sur mon numéro 1, Interstellar est tout simplement la somme de tout ce que j’aime dans le cinéma : un récit à portée humaniste, de la science-fiction héritée par les grands noms que sont Kubrick et Zemeckis. Malgré sa narration alambiquée propre au style de Christopher Nolan, que je chéris énormément, Interstellar étonne par la puissance de ses images, de sa musique de haute volée aux orgues puissants, par son intelligence et de sa volonté de traduire l’émotion en une chose palpable. Le dernier-né de Christopher Nolan se pose, comme l’année dernière avec Cloud Atlas, comme l’un des nouveaux piliers de la SF et sûrement un des plus grands films sur le thème de l’amour. Chapeau bas et merci chef.

Question coup de cœur, je citerais volontiers Only Lovers Left Alive de Jim Jarmusch. De loin le film de vampires le plus abouti qui m’ait été donné de voir depuis Vampires (1998) de John Carpenter et Entretien avec un Vampire (1994) de Neil Jordan. On y aborde le thème du vampire romantique au sein de notre société du XXIè siècle où le vampire, positionné comme érudit grâce à son âge et sa sagesse qui a vu le monde changé sous ses yeux érige une critique acerbe de notre mode de vie. Le vampire Adam (Tom Hiddleston), lui-même blasé, va jusqu’à préméditer son suicide tant son spleen le dévore et le monde des zombies (nous) ne lui apporte plus rien. Le métrage filmé dans une Détroit désincarné et exclusivement de nuit dresse un triste, mais non-sans humour, constat de décadence et d’humanité malade, contaminée jusque dans son sang (maladies du sang, drogues…) grâce à un rythme lent, lancinant et même nonchalant qui respire la romance et le spleen porté par une bande-originale enivrante composée et interprétée par un Jack White complètement possédé.

En parlant de fantastique, un film que j’ai beaucoup apprécié pour son honnêteté et son humilité est le Dracula Untold de Gary Shore. Pas nécessairement le meilleur film sur Dracula, pas non plus transcendant dans sa réalisation ou son montage, ce long-métrage s’amuse à iconiser Vlad l’Empaleur comme un héros tragique, effaçant quasiment ou presque l’aspect sanguinaire de l’homme avant le vampire dans une ambiance gothique rappelant les derniers Castlevania: Lord of Shadows qui est loin d’être déplaisante. La réalisation manque de personnalité mais s’inspire des standards de qualité actuelle : Game of Thrones et 300. Et tout ça au service de quoi, au final ? De céder à la mode des univers étendus, de l’ambition de créer un univers partagé entre les films de monstres qui réuniront les plus mythiques d’entre eux : Nosferatu, la Momie, la créature de Frankenstein ou encore la créature du lac noir… Idée aussi alléchante que casse-gueule, il faut bien l’avouer mais ça pique suffisamment ma curiosité pour que je m’y intéresse, étant un grand fan de ces premiers films de monstres à l’aura si envoûtante… Leur « Marvelisation » ne leur fera pas nécessairement du bien mais il y’a possibilité de passer de bons moments divertissants une fois le deuil d’une certain idée de réadaptation fait.

Dans la même catégorie de film honnête mais clairement plus impressionnant, on y voit le Godzilla de Gareth Edwards. Imparfait sur de nombreux points, le film possède tout de même suffisamment de qualité pour redonner sa grandeur et sa majestuosité au roi des monstres. Le parti pris volontaire de filmer le métrage à échelle humaine en totale immersion par rapport au drame que crée un véritable choc de titans est, en soi, une excellente idée mais malheureusement beaucoup trop frustrante. A de trop nombreuses reprises on doit ronger son frein pour attendre la dernière demi-heure où Godzilla resplendit tel un cowboy venu rétablir sa loi en ville. Rarement le monstre n’a été autant magnifié et le message de préservation de l’équilibre de la nature ne s’en veut que plus fort, Edwards arrive à nous faire admirer sa créature comme à nous la faire craindre. Après tout, son Godzilla est le gardien de l’équilibre, protecteur de la nature. Allié des humains un jour, très certainement son ennemi le lendemain. Clairement, j’en veux encore et suis très impatient de découvrir sa suite où, je l’espère, le cinéaste fera preuve de davantage de folie dans sa réalisation et son montage, le King of Kaijus le mérite amplement.

Ma dernière petite surprise de l’année qui a failli figurer dans mon top-ten est un film d’animation et pas n’importe lequel… Il aurait très bien pu s’agir du chef d’œuvre de Ghibli qu’est Le Vent se Lève mais mon attention se porte pour le carrément décomplexé et non-moins décérébré Batman: Assault on Arkham. Adaptation de la célèbre franchise de jeux vidéo lancée par Rocksteady avec Batman: Arkham Asylum, cette préquelle sous forme de long-métrage d’animation nous plonge au coeur du fameux Suicide Squad, regroupement de personnages loin d’être des anges et forcés de collaborer au service d’un film très clairement inspiré du cinéma de Guy Ritchie ou Robert Rodriguez au style complètement loufoque lorgnant du côté du film de casse et du western barré où la violence et l’humour se mélangent dans un cocktail explosif. A ne pas mettre devant tous les yeux.

J’ai envie de casser un peu de sucre et surtout de hype pour cette fin d’année alors parlons peu mais parlons bien. Dois-je évoquer le dernier épisode de la trilogie du Hobbit réalisé par Peter Jackson comme étant un ratage complet ? Ce dernier film n’est pas bon et ce à cause de choix d’écriture vraiment foireux. Il se lâche clairement là où tout le monde s’en fout mais reste très timide là où il aurait dû assumer sa prise de libertés. La baston à Dol Guldur était ce qu’il devait faire sur le tout : se lâcher et assumer sa prise de libertés. Les 10 premières minutes pré-titre sont un vrai foutage de gueule. Sérieusement… Jackson est peut-être extra sur Braindead, Bad Taste et sa trilogie de la guerre de l’Anneau mais son Hobbit est trop bancal et surtout trop nonchalant avec un repos sur les acquis qui me fait hurler. Alors certes, La Bataille des Cinq Armées est un très bon divertissement, un très bon film de siège mais une putain de mauvaise adaptation d’un Tolkien et sûrement pas ce que Jackson a fait de mieux, loin de là, particulièrement en terme d’esthétique où les retouches numériques sont jusqu’à l’indigestion. C’était à Del Toro de réaliser cette adaptation avec son dyptique, son regard neuf et ses mains qui savent mettre une fable en images. Pas Jackson qui a transformé un conte pour enfants en films à l’identité bâtarde entre le burlesque et le sur-épique qui ne fonctionne pas. Les adieux à la Terre du Milieu sur grand écran ne se font définitivement pas avec les meilleurs sentiments. C’est amer, c’est décevant et ça valait tellement mieux que « ça »… Il n’en reste qu’un produit de commande superficiel et creux, destiné à rentabiliser le plus possible sur une franchise qui ne méritait pas qu’on lui fasse autant de mal. Pardonne-les Tolkien, ils ne savaient pas ce qu’ils faisaient.

Dans le flinguage continu, j’attaque Mommy, de Xavier Dolan. Non, simplement non.
Pourtant je suis sensible au cinéma patho (un de mes plus grands chocs du cinéma reste et restera Le Grand Bleu de Besson) mais là… Que je suis déçu ce métrage, mon Dieu…
Il n’est pourtant pas dénué de talent ce garçon, il dirige bien ses acteurs, il a deux, trois idées de mise en scène sympathiques, c’est pas horriblement prétentieux, son idée de jeu sur les formats est très facile mais pas dégueulasse, bref je vais pas cracher dans cette soupe-là.
Non plutôt sur le drame, car oui disons-le c’est terriblement putassier. Xavier Dolan ne veut pas me laisser naviguer dans son film, il me force, il ne me laisse pas le temps de respirer. « Pleure, pleure, pleure » me crie-t-il à longueur du temps. Bam accident de voiture. Bam table brisé. Bam pantalon mouillé. Bam le karaoké qui finit mal. Bam, bam, bam… Pas de cadre, pas de tentative de calmer le jeu, tout doit aller vite, il ne me prend pas par la main, il me fout des putains d’œillères, me kidnappe, me met dans sa bagnole et trace la route, une autoroute de l’émotion banalisée et prévisible.  Dès le début, on nous explique que les mères peuvent abandonner leurs enfants, s’ils sont ingérables. Donc on sait qu’à un moment, elle va le faire, mais quand ? C’est la seule intrigue, Xavier Dolan continuant de mettre sur l’écran sa vie trop difficile et ses rapports avec sa mère, c’est moins cher qu’une thérapie et surtout, ça rapporte de la thune. Il ressemble en cela à notre Guillaume Gallienne, même si le succès du premier est plus grand, mais au final, on a la même crise existentielle de blancs trop fragiles qui s’étalent sur la toile, avec le même point commun, leur terrible mère. N’oublions pas d’ailleurs son tic maladif musical, comme s’il ne pouvait pas s’empêcher d’être toujours dans la surenchère. Il en fait surement trop avec Céline Dion, mais c’est légèrement prenant. Mais les violons sont toujours dans l’ombre, prêt à surgir pour sublimer les pleurs. Et la cerise sur le gâteau, c’est cette fin bien trop bancale. « Le bonheur est dans l’inceste » doit-on comprendre au final, gerbant. Mais on crie au génie… Mouais, mais non.

Et non je ne m’attarderai pas 107 sur Saint Seiya : La Légende du Sanctuaire. J’ai adoré Albator réalisé par Shinji Aramaki, comme vous avez pu le lire dans nos pages. Alambiqué au possible mais avec un respect des plus total de l’univers imaginé par Leiji Matsumoto, une relecture sombre porteuse d’un message réfléchi servie par une esthétique léchée et aussi noire que la cape du grand capitaine… mais alors Saint Seiya… A part « nullité » et « gâchis » aucun autre qualificatif ne me vient. Une modernisation peu utile et encore moins légitime, si au moins elle apportait quelque chose de concrètement neuf, mais non, ça raconte EXACTEMENT la même chose que la série d’origine avec une forme édulcorée, bien flashy et des facilités déconcertantes. Aucune profondeur épique, aucune dramaturgie qui faisait la magie de Saint Seiya, tout enjeu est sacrifié (comme les combats clés de la série) pour un rendu insipide. L’œuvre originale n’était pas dénuée de défauts mais savait au moins appuyer sur des points intéressants, le film se concentre sur absolument rien de tout ça pour tout torcher très très vite, sans saveur. La production n’a rien compris à ce qu’était Saint Seiya, et encore moins le pauvre Sato Keiichi  (Tiger & Bunny, Shingeki no Bahamut GENESIS) qui y est décevant. A titre de comparaison le film Ninja Turtles, exactement dans la même démarche, faisait bien mieux. Ce film c’est ni plus ni moins que la même chose que Dragon Ball Evolution mais au format animation CGI.  Ce film, sur le papier, avait un potentiel de dingue et pouvait s’appuyer sur la mythologie de Kurumada qui est complètement riche… Ils ont tout gâché en préférant rester sur les standards à la mode de cette horreur qu’est Saint Seiya Omega.

Attentes pour 2015 : Jupiter Ascending, Star Wars : Le Réveil de la Force, Chappie, Mad Max: Fury Road, Ex-Machina, Au Cœur de l’Océan, SpectreTrue Story, Tomorrowland, Crimson Peak, Archangels.

Séries :
1) Sons Of Anarchy
2) Black Sails
3) Constantine
4) True Detective
5) Ascension
6) Sherlock
7) Fargo
8) Gotham
9) Penny Dreadful
10) Turn

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Jeux Vidéo :
1) Assasin’s Creed Unity
2) InFamous: Second Son
3) Metal Gear Solid V: Ground Zeroes
4) Watch_Dogs
5) La Terre du Milieu : L’Ombre du Mordor / Assassin’s Creed Rogue (ex-aequo)
6) The Evil Within
7) Child Of Light
8) The Vanishing of Ethan Carter
9) The Wolf Among Us
10) Transistor

Mes attentes pour 2015 : The Witcher 3 – Wild Hunt, Batman Arkham Knight, Metal Geat Solid V: The Phantom Pain, Uncharted 4: A Thief’s End, HellbladeAssassin’s Creed Victory, WiLD, No Man’s Sky, Necropolis, The Order 1886, Final Fantasy XV, DmC Devil May Cry: Definitive Edition, Devil May Cry 4: Special Edition, Resident Evil REbirth HD, Raven’s Cry, Abzû. Oui, je sais, ça fait un paquet.

Lectures :
1) Sons of Anarchy – One Shot (Christopher Golden & Damian Courceiro)
2) La Guerre des Etoiles (George Lucas, Jonathan Rinzler & Mike Mayhem)
3) Sorceleur – Réédition T.1 : Le Dernier Voeu (Andrej Sapkowski)
4) The Walking Dead (Robert Kirkman & Tony Moore)
5) Le Seigneur des Anneaux T.1 : La Fraternité de L’Anneau (J.R.R Tolkien) [nouvelle traduction]
6) Green Blood (Masasumi Kakizaki)
7) The Civilization Blaster (Ren Saizaki)
8) L’Attaque des Titans (Hajime Izayama)
9) Love : Le Tigre (Frédéric Brrémaud)
10) Daredevil par Frank Miller T.1 (Frank Miller)

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