Live Report : Soirée Chambre Noire ~ Pink Tatami + Kamera Obscura + Last Imperium + Tricksterland @ Le Klub, Paris (30/01/13)

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Dans notre vie, il y a parfois des events que l’on se refuse de louper, comme ce fût le cas ce jeudi 30 janvier au Klub, à Paris, où l’un de ses premiers coups de coeur l’année 2014 (voir notre chronique) se voit simplement supporté par une soirée de lancement. C’est alors qu’en plus d’y aller pour voir Kamera Obscura en chair et en os, on y fait la connaissance de sacré formations fusion rock, thrashcore et enfin electro déjanté, dont les membres forment une jolie petite famille : Pink Tatami, Last Imperium, et Tricksterland. Ces noms ne vous disent rien ? Souvenez-vous en, parce que vous les reverrez régulièrement dans nos pages !

Fraichement débarqué de Reims en plein après-midi, c’est en retrouvant Garnet (ndlr : notre photographe) gare Paris-Est que la journée, pour moi, commença. Et c’est avec un peu plus d’une bonne heure d’avance que nous avons pénétré les entrailles du Klub, aussi sombres et chaudes que… Passons. La soirée commence à 19h, on en profite donc pour retrouver Cécile (chanteuse des Kamera Obscura, voir notre interview), ainsi que Béa (reine des enfers des Last Imperium) au -1, qui se préparent lentement mais sûrement. Les balances en cours au -2, on se rend vite compte que la soirée s’annonce pour le moins bruyante. On y retrouve Jean-Phi’, père fondateur et guitariste des Kamera Obscura, un fripon répondant au nom d’emprunt de Loki, chanteur des Tricksterland, ainsi que d’autres. Il est l’heure que les portes s’ouvrent. Les balances ne sont pas encore terminées, le public n’est pas encore arrivé, et la tension monte d’un cran. Mais entre nous, quel concert de rock/metal débute à l’heure prévue ? …

Soirée bruyante qu’on vous disait…

Les balances se terminent, le public commence à affluer petit à petit, ce qui fait plaisir à voir pour des ‘petits’ groupes comme ceux de l’affiche. Petits seulement en apparence, car rapidement, les membres de Pink Tatami font leur apparition sur la -minuscule- scène du -2 du Klub… en vidéo ! En effet, ce soir on fête aussi la sortie du clip de « Chapter & Verse », morceau phare du groupe. Le potentiel est là, on attend avec impatience le début de leur set.

Et c’est en commencent par « Twisted Lip » que le groupe commence leur show avec un rock/metal fusion des plus explosifs. Les influences hip-hop sont là, tout comme les nombreuses sonorités punk, rock, grunge, metal, jazzy, […], constituant le son du groupe. Le chanteur, miQue, se parfait d’une jolie présence scénique avec des mimiques aussi rigolotes que ses lunettes !

Vient ensuite « Dumas & Dos Santos », issu de leur premier EP, au son plus lourd et plus incisif que son prédécesseur. Les guitares se déchainent et supportent les quelques hurlements de miQue sur un son résolument hardcore par moment, chauffant le public et augmentant ainsi littéralement la chaleur de la salle. Pas de problèmes de son à signaler pour le moment, tout est donc opérationnel de ce côté là.

Les titres s’enchainent, dont la plupart seront disponibles sur leur premier album prévu pour fin mars (ndlr : et dont vous retrouverez la chronique dans nos pages !), et confirment toute l’aisance du groupe à réellement captiver son public en moins de 45mns. miQue en profite au passage pour assassiner un pauvre pied de micro qui n’avait rien demandé, l’attitude rock’n’roll je suppose ?! Un premier décès fut à déclarer, le pauvre ne s’en est pas relevé.

« Chapter & Verse » est bien entendu jouée, cette fois-ci en live, à deux titres de la fin du set. La différence avec la version studio n’est pas si flagrante que ça, preuve de l’authenticité musicale du son des Pink Tatami ! On attend maintenant avec impatience la diffusion du clip, et quelque chose me dit que dans la semaine…

Le groupe termine son set avec « Eye bank » en nous laissant une excellente image d’eux, principalement grâce à la présence de son chanteur. Les membres sortent de scène avec le sourire aux lèvres, et pour nous, il est temps de faire un premier bilan très rapide : les Pink Tatami ont du talent. Cet air fusion rock/metal dont je suis fan depuis bien longtemps (merci Guanos Apes) ne pouvait forcément pas me laisser insensible, surtout quand de brefs passages hardcore laissent place à des envolées à la fois mélodiques et punchy. Et pour avoir eu droit à un bref teaser de leur album… attendez vous à du lourd !

FB / Myspace

L’ordre de passage n’étant théoriquement pas dévoilé (on le connaissait quand même), c’est avec un léger flou sur le groupe suivant que le public attend  dans une chaleur montante et une ambiance intimiste. Tout juste le temps d’aller se chercher une crêpe au nutella que les Kamera Obscura entrent enfin sur scène. ENFIN ! Ah ces rockstars, elles aiment se faire désirer hein… Ou alors étais-je tellement impatient de saisir tout l’univers d’un de mes groupes maintenant préférés avec ses projections cinématographiques ? Je pencherais plus pour le second cas… Dans les deux cas, peu importe, car l’intro maintenant retentit, Cécile se tient dos au public pendant toute sa durée, soit pas loin de 2mns. Un peu long, mais elle nous a laissé assez de temps pour admirer sa tenue de scène. L’avantage, c’est qu’elle ne risque pas d’avoir trop chaud avec ~

Les premières notes d’orgue se font entendre, ça y est, je reconnais « The Abominable Dr Phibes ». Les ‘Die! Die! Die!’ résonnent dans la salle tel un écho en furie, les headbangs arrivent, on peut commencer à se lâcher ! La voix se veut toujours aussi séduisante et agréable à écouter, quand la guitare de Jean-Phi’ pose le rythme avec ses riffs à la fois secs, lourds, et électriques. Un pur régal aussi bien pour les fans que pour ceux qui découvrent le groupe.

Ce n’est que le commencement, car quasiment tout Dark Reels y passe, on peut donc y retrouver « The Last Man of Earth » et son ambiance low-tempo, ainsi que « Gods of the Atomic Process », LA piste de Joël, le batteur, qui s’éclate à marteler ses fûts de façon très tribale, comme sur CD !

Le jeu de scène de Cécile fût tout bonnement excellent, et plus particulièrement appuyé par sa tenue de scène, grandement inspirée de l’univers post-apocalyptique de leur morceau phare, « Interceptor », qui arrive à mi-set de leur représentation. On ne vous cachera pas qu’il est toujours agréable de revoir, le temps d’une course poursuite effrénée, un certain Mad Max sur image. Nostalgie oblige.

S’en est suivi, étonnamment, ma favorite de l’album, « Suffering », lancée par une spéciale dédicace qui m’a été directement adressée (un grand merci à toi Cécile !). Pourquoi étonnamment ? Car il s’agit d’un morceau très expérimental et sans aucun doute difficile d’accès. Il était donc assez risqué de leur part de le jouer en live.

Donc, un grand bravo à eux pour cette prise de risque, qui a littéralement fait battre mon coeur à 100 à l’heure (en retard par rapport à la course poursuite, certes…) pour ensuite être brièvement terrorisé par « Terror From Outer Space » et son refrain très énergiquement scandé au mégaphone.

La jolie surprise de la soirée se dévoile quand la chanteuse des Furykane monte sur scène pour jouer avec Kamera Obscura leur titre fétiche « Flesh Eaters ». Je dois avouer ne pas avoir de suite reconnu le morceau, trop occupé à prendre mon pied sur les rythmiques industrielles et les projections en arrière plan… jusqu’à ce que mon regard se pose sur notre invitée, Jen, dont les capacités vocales se veulent tout plus être un minuscule fragment de son charme.

L’instant Kamera Obscura s’est terminé sur « Superbeast », de Rob Zombie. Il est difficile de mettre des mots sur une excellente reprise quand une de ses chanteuses récemment favorites la reprend à sa sauce tout en y apportant sa propre petite touche de glamour et d’extravagance, mais si je devais résumer en une phrase ce que j’ai ressenti, je dirais qu’il s’agit, sans hésiter, d’une des plus séduisantes reprises que j’ai pu écouter à ce jour !

FB / Site Officiel / Bandcamp

Et c’est de la rue, où nous étions remonté prendre l’air et nous remettre de nos émotions, que des sonorités thrashcore sont parvenues à nos oreilles. Ce ne pouvait être que Last Imperium ! Pour la petite histoire, j’avais pris le temps d’écouter chaque groupe avant de venir à cette soirée Chambre Noire, et je n’avais pas réellement (voire pas du tout) apprécié leur musique. C’est donc avec un vilain apriori que nous sommes retournés nous mêler à la foule. Mais comme on m’a toujours dis de ne pas rester bloqué sur mes premières idées…

A chaque marche redescendue, nous ressentions la fournaise des abimes du Klub. C’est une fois arrivés en bas que nous est apparue Béa, le micro en main et la gueulante chaude comme de la braise, représentation d’une succube à la gestuelle brutale et bestiale, ainsi que l’armée de démons que forment Thierry et Nicolas, respectivement guitariste et bassiste, de même que les deux fondateurs du groupe, Jean-Philippe, guitariste, et enfin Gal, batteur, digne d’un cerbère où chaque tête équivaut à un de ses fûts.

J’en ai vaguement reconnu trois des titres disponible à l’écoute du groupe, composés par les cinq membres et dont la qualité d’enregistrement n’est absolument pas représentative du potentiel et de la puissance du groupe, mais en attendant leur EP…

« Trigger Happy », « Truth or Dare » et « Conspiracy » ont alors encore plus fait grimper la chaleur de la salle, la rendant limite suffocante.

Ah, nous ne vous avions pas prévenu ? Welcome to Hell ! On retrouve aussi dans le set du groupe deux reprises, « Everything » des Hatebreed, ainsi que « The Blood, The Sweat, The Tears » des Machine Head, à la sauce number of the beast (histoire de rester dans le thème…)

Mais c’est avec « Coliseum », qui servira de clip au groupe que Last Imperium m’aura foutu une claque monumentale. Des riffs étouffants à n’en plus pouvoir, une basse ultra puissante, une batterie capable d’assurer le show à elle tout seule… et Béa, hurlant ses ‘AH AH’ en se tapant la tempe, ça marque à vie.

Leur set se termine à leur tour, et ce que je peux en dire, c’est que l’EP, lui, s’annonce diabolique. Chaque musicien, irréprochable sur le plan technicité et efficacité, nous y a délivré un son incisif et tranchant radicalement des autres groupes de la soirée, sans compter qu’une gueulante féminine pareille, je n’en avais plus entendu depuis Angela Gossow (ARCH ENEMY), et dieu que ça fait du bien d’être face à une VRAIE screameuse capable de foutre une claque sans nom à tout hurleur à barbe. Et si les quelques références thrashcore que je peux avoir en tête ont tous à leur poste de ‘chanteur’ un mec, je peux maintenant vous dire que la déesse de la guerre qu’est Béa trône fièrement à leur tête.

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Il se fait tard, le public commence vraiment à décrocher, mais il reste encore l’OVNI de la soirée, j’ai nommé Tricksterland. Étrangeté et singularité ne suffisent même plus à définir le plus déjanté des duos electro rock, à l’univers très exotique voire carrément vaudoo aux sonorités trip hop, hardcore dancefloor, … l’équivalent d’un voyage visuel et sonore sous LSD, où notre guide Loki nous a accueilli avec un discours perché et incompréhensible sur la fin du monde.

Qu’avons-nous retrouvé chez Tricksterland ce soir là ? Un fripon aux vocalises extrêmement barrées, une guitariste-flutiste (véridique), un machiniste  mystérieux et enfin un jongleur de boule de cristal et de diabolo. Une véritable troupe de troubadour aussi délurée que peuvent l’être leurs morceaux, à commencer par « Village of the Damned », une reprise de THE HACKER.

Loki chuchote, chante avec un flow légèrement hip-hop, hurle, ricane… en bref, Loki s’amuse avant tout, autant sur scène qu’avec nous, jusqu’à nous faire suivre une petite chorégraphie sur « Sex, Drugs and Fame ». Un excellent moment partagé avec ceux qui n’ont pas encore été largués par leur monde à part, bien que le manque d’espace nous ait empêché de vraiment nous éclater.

Souvenez-vous de ceci : Loki n’est pas un simple chanteur, il est un performer. L’ensemble peut parfois sonner bordélique, mais qu’importe, la formation a rapidement su relancer l’ambiance en réveillant un public de plus en plus somnolent.

Comme le mentionne l’affiche de la soirée, ce soir on fête aussi la sortie de leur nouveau single « Not Me », qui nous a été ainsi présenté en avant-première. On n’oubliera pas bien entendu de vous partager tout ça dès que ce sera diffusé !

Les amateurs de rave party y trouveront sans aucun doute là dessus leur compte aussi. Et bien qu’il fût pour certains difficile d’adhérer à un trip aussi hallucinogène, une fois projeté dans le Tricksterworld, impossible d’en réchapper.

En bref, je ne saurais quoi dire de pertinent sur leur représentation, si ce n’est qu’il est difficile d’en ressortir mentalement indemne. L’expérience Tricksterland est indescriptible, tant d’un point de vue spectateur que d’un point de vue musical. Pour ma part, ce fût un délire des plus appréciable, mais je n’ose imaginer le résultat sous alcool ou… pire.

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Aller, c’est bientôt la fin, mais avant de partir, on oublie pas Toxic Twin ! Comme prévu, une tombola a eu lieu, avec de nombreux lots à gagner, dont des albums, des t-shirts, des badges, des artworks, des flyers, … j’ai personnellement eu droit à, en plus d’autocollants et de flyers, un joli badge cola molotov, que l’on pourrait croire tout droit sorti du jeu Fallout New Vegas (pour les connaisseurs). La classe pas vrai ?! Il est maintenant temps de se quitter alors… Je tiens à remercier les quatre groupes pour leurs prestations absolument gé-ni-ales.

Ce fût une soirée inoubliable, qui m’aura permis de rencontrer du beau monde ou de simplement voir ceux et celles que je connaissais déjà, de confirmer que la Chambre Noire est d’une agréable qualité visuelle et sonore, et enfin de m’éclater comme je ne l’avais pas fait depuis bien longtemps. A tous, on se reverra très vite sur scène ! Et à vous lecteurs, stay tuned, dans peu de temps nous vous partagerons le clip des Pink Tatami, la date de sortie de leur premier album, le single des Tricksterland, ainsi que des infos sur le premier CD des Last Imperium, et plein d’autres surprises !

Je rajouterais, pour définitivement conclure, l’avis de Garnet sur la soirée :

‘Mon avis sera bref, étant donné le live report assez conséquent réalisé par Void. Pink Tatami ne m’a vraiment pas marqué musicalement, quand scéniquement, ils ont été assez classiques… Un groupe d’ouverture en somme. Kamera Obscura, que j’attendais avec impatience, ne m’a absolument pas déçu. Le jeu de scène principalement centré sur Cécile est particulièrement réussi, très simple, et en adéquation avec le groupe et son thème. Le fameux projecteur est un vrai plus pour plonger dans leur univers. Last Imperium, je ne peux pas vraiment les juger étant donné que ce n’est pas vraiment ce que j’écoute, mais j’ai tout de même fortement apprécié. Venons en à Tricksterland. Je vais être honnête, c’est drôle, le concept est complètement délirant, un vrai trip musical, mais tout sauf accessible dans un état normal. J’ai vu de nombreux artistes, mais là, c’était juste ‘too much’ comme on dit.’

Setlist Pink Tatami :

  • TWISTED LIP
  • DUMAS
  • EMPLOYEE
  • SINISTRA
  • FALSE REBOUNDS
  • EVOKES
  • CHAPTER AND VERSE
  • WE CAN HELP YOU
  • EYEBANK

Setlist Kamera Obscura :

  • INTRO
  • THE ABOMINABLE DR.PHIBES
  • THE CURSE OF FRANKENSTEIN
  • THE LAST MAN ON EARTH
  • GODS OF THE ATOMIC PROCESS
  • INTERCEPTOR
  • SUFFERING
  • TERROR FROM OUTER SPACE
  • FLESH EATERS ft. Jen des Furykane
  • SUPERBEAST (reprise de Rob Zombie)

Setlist Last Imperium :

  • WARZONE
  • THE CALL
  • BETRAYER
  • TRIGGER HAPPY
  • TRUTH OR DARE
  • WAKE UP
  • DETROY EVERYTHING (reprise des Hatebreed)
  • COLISEUM
  • CONSPIRACY
  • THE BLOOD, THE SWEAT, THE TEARS (reprise des Machine Head)

Setlist Tricksterland :

  • DRAGON’S BLOOD
  • MY ONLY TESTAMENT
  • VILLAGE OF THE DAMNED (reprise de THE HACKER)
  • SEX, DRUGS & FAME
  • UZI DANCE
  • NOT ME
  • POISON INSIDE
  • KISS UNDERGROUND GOOD BYE
  • DOOMSDAY RIDER

Photographies par Garnet pour House of Wolves ~ (en HD ici)