Pourquoi le prochain album de Kyo sera le meilleur et hommage à Empyr

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Vous n’êtes pas sans savoir que le groupe Kyo a confirmé les informations que nous avions publié via Alternativ News en février dernier, confirmant son retour pour très « bientôt ». Je suis intimement persuadé que leur prochain album, soit leur 4ème, 9 ans après 300 Lésions, sera leur meilleur album.

Pourquoi et qu’est-ce qui a changé en 9 ans  ? Je pourrais répondre simplement en disant d’une part que le groupe a, de son propre aveu, sorti à chaque fois un album meilleur que le précédent, d’autre part, parce que Empyr (le deuxième groupe du chanteur Benoit Poher et du guitariste Florian Dubos) est passé par là. Certes les fans pourront toujours débattre de qui est le meilleur entre Le Chemin (2003) et 300 Lésions (2004), mais le dernier en date arrive à contrer l’avalanche de tubes du précédent par un côté plus mature dans l’écriture (avec des textes plus métaphoriques et moins adolescents) et un son plus rock, avec des titres rapides, même si le son était encore trop pop à mon goût. Sans oublier Marc Maggiori, le chanteur de Pleymo, dont l’amitié aura fait changer le visage de leurs deux groupes respectifs, et qui a offert à Kyo puis à Empyr une esthétique à la fois classieuse et sale, mais 100% américaine.

C’est là que l’expérience Empyr entre véritablement en jeu. Avec Empyr et ses musiciens provenant de la scène metal (Pleymo, Watcha et Vegastar), fini le son trop pop, fini le son trop lisse de Kyo. Rien que le 1er album, The Peaceful Riot (2008), produit par l’américain Ken Andrews, une pointure du rock us, était un véritable catharsis pour les 2 membres de Kyo, qui pouvaient se lâcher et en profiter complètement. Et nous fûment les premiers surpris d’entendre ce son proche du metal alternatif, avec une crasse grunge, tout en conservant la poésie et la mélancolie de Kyo. Car s’il y a bien un domaine dans lequel Benoit excelle, c’est l’écriture, tout autant que la façon qu’il a de mettre en musique ses mots. Et certes ce n’est pas la première fois qu’un musicien se rachète une conduite (Charlie Simpson de Busted avec Fightstar), mais c’est toujours une surprise lorsqu’on l’entend pour la première fois gueuler à s’en déchirer les cordes vocales. Disant cela, je n’étais pourtant pas un détracteur de Kyo, bien au contraire, mais il est impossible de ne pas souligner les progrès effectués. Pour moi, le retour est difficilement possible. Une fois qu’on a goûté à ce plaisir (il suffit de visionner le live de « Say It ») on ne peut plus redevenir un simple groupe « à midinettes ».

Beaucoup ont été déçus par le second album d’Empyr, beaucoup moins violent et renouant largement avec la pop, mais pas la pop de la variété française, une vraie pop classieuse qu’on irait plutôt chercher de l’autre côté de la Manche, plus The Cure que Jenifer. Ceux qui ont pu accepter le changement (et qui aiment le genre) ont su profiter de la beauté proposée par Unicorn (2011).

Pourtant Empyr n’a pas rencontré le succès escompté – malgré ses affiliations avec une série TV (Les Experts) et un film (Destination Finale 5) – c’est un fait. Du moins un succès populaire et commercial, car artistiquement, le talent était là. Est-ce la raison qui a poussé le groupe à s’arrêter là et reprendre le chemin de Kyo ? Certains aiment à le penser. Pourtant, il faut reconnaitre que le groupe avait depuis toujours annoncé ce nouvel album (ils me le confirmaient même en 2009 dans une interview réalisé pour Alternativ News). Alors peut-être était-ce tout simplement le bon moment, et puis qui sommes-nous pour décider si c’est l’attrait de l’argent/la popularité qui aura motivé ce retour à ce moment précis, et non pas simplement l’envie de rejouer avec des amis d’enfance, ou encore le bon timing pour libérer le bassiste Benoit Julliard, dont nos sources veulent qu’il prépare le retour de Pleymo (imaginer une tournée commune Kyo/Pleymo, c’est aussi un rêve d’adolescent).

Quel sera l’accueil de ce nouvel album ? Le public a-t-il vraiment envie de réentendre Kyo ? Oui et non. On imagine qu’une partie de la fanbase sera restée fidèle, les autres seront passés à autre chose, et le grand public décidera à partir des singles qu’il entendra (ou pas) en radio. On imagine en tout cas qu’à l’instar d’Empyr, au moins un single sera diffusé en radio, les autres suivront en fonction de la réception du premier. On craint qu’il ne se passe la même chose qu’avec Saez : alors que l’artiste affine sa plume jusqu’à devenir un des meilleurs auteurs de son époque, le grand public reste bloqué sur quelques tubes écrits au début de sa carrière, vraiment navrant.

Quoi qu’il en soit, le public de l’époque aura grandi en même temps que le groupe et sera peut-être plus apte à accepter les thèmes abordés dans ces futures chansons que la jeune génération actuelle. Puisque mes sources m’indiquent qu’Empyr aura une influence considérable, on imagine que l’aérien, le planant et l’instrumental remplaceront la pop, et que des instruments puissants et lourds remplaceront les guitares aseptisées qu’ils pouvaient avoir autrefois. Avec Fred Duquesne (le guitariste d’Empyr et Watcha) à la production, nous sommes en droit d’attendre du lourd et un son de qualité qui a lui seul creusera le fossé entre l’ancien et le nouveau Kyo. On imagine finalement une sorte d’Empyr chantant en français, une belle pop sombre et mélancolique appuyée par des riffs presque metal et une ambiance pesante.

Mais l’important, afin de conclure : peu importe que cet album fasse un bide médiatique, car nous, amateurs de rock et de musiques dites « alternatives » (ou « sous-culture comme dirait OrelSan), ne jugeons pas sur ça, mais sur la qualité de la musique, et en ça, il y a très peu de chances que je me trompe. Kyo va écrire son plus bel album et se payer le même respect qu’il a offert à Empyr. C’est en tout cas tout le mal qu’on leur souhaite.

Quant à Empyr, même si rien n’a encore été officialisé concernant la mort du groupe, on a senti venir la fin quand ils ont liquidé toutes leurs inédites via leur page Facebook. Il ne tient néanmoins qu’à nous de témoigner notre amour au projet, car si ces dernières années nous ont bien appris quelque chose en matière de reformation (Finch, Taking Back Sunday), c’est que tout est possible.

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