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Chronique de la seconde chance : Deadpool

, Le à 23:35

Second round pour Deadpool de Tim Miller et/avec Ryan Reynolds, film le plus corrosif et geek de la St Valentin 2k16 qui n’avait que moyennement convaincu à chaud l’année passée. Pourtant l’eau a coulé sous les ponts, aujourd’hui à froid et plus enclin à recevoir ce que le film est, donne, loin des attentes visiblement trop lourdes ou inadaptées par rapport au projet, entraînant donc le sentiment de déception, qu’en est-il pour que l’on daigne lui accorder son match retour un an plus tard ? Match-retour ou peut-être que certains surnommeront ça « la critique du retournement de veste », reste que Deadpool fait partie de ces long-métrages qui donnent envie que l’on leur accorde une autre chance malgré le tapage, surabusif, tout autour et pour cause le film de Tim Miller à très bas-budget jouit d’une liberté totale par son statut, lui permettant une expression plus ample et un étalage d’esprit salace bien senti. Casting réduit mais qui excelle dans son registre incarnant une panoplie de personnages ayant tous leur pet au casque des protagonistes aux antagonistes jusqu’aux rôles contenus des deux X-Men présents, en décalage absolu et donc indispensables pour animer un final explosif, littéralement. Les défauts notés précédemment subsistent toujours, malgré toute la bonne volonté du monde, Deadpool possède un montage ingénieux dû à sa narration atypique mais clairement cache-misère qui balaye une intrigue simpliste, néanmoins efficace, au profit du one-man show dont la star n’est autre que Ryan Reynolds lui-même, sulfatant plus de vannes que de balles, dont certaines finissent par manquer leurs cibles. Raccord avec l’esprit originel de Deadpool ? Sûrement, ce qui ne l’empêche pas pour autant de tomber dans certains pièges de facilité d’écriture ou dans une certaine lourdeur (au sens balourd) sur la longueur du métrage. Si l’on rit beaucoup pendant le premier acte, le second surprend pour sa gravité et son premier degré viscéral et le sort réservé au personnage de Wade Wilson n’aurait pas été renié par David Cronenberg (La Mouche) ce qui confère à Deadpool une intéressante rupture de ton et un répertoire des genres dans lequel le film pioche avec classe. Tour à tour drôle, grave et graveleux, le film de Tim Miller possède son arrière-goût d’y revenez-y, sappé par la musique de Junkie XL qui joue avec les codes des années 80, dans lesquelles le métrage se plaît à profiter du même caractère décomplexé que durant l’âge d’or de l’actionner à punchlines. Deadpool est un film qui fait du bien autant à soi qu’à l’industrie du film, que l’on se doit de consommer et d’y retourner en cas d’humeur maussade et surtout Deadpool est aussi l’hommage le plus étincelant à George Michael que 2016 avait à offrir à l’artiste, et rien que pour ça : chapeau bas. On a désormais très hâte de voir ce que Chad Stahelski (John Wick) en fera pour le second volet que l’on imagine bigger & louder.

Note du rédacteur : 

Julien-K

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